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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Stranger Things, le charme des années 80

Publié par Eska sur 9 Août 2016, 14:21pm

Catégories : #Cinéma

Stranger Things

Matt & Ross Duffer

2016

 

Mike, Lucas, Dustin et Will sont une bande de copains qui passent le plus clair de leur temps à s'inventer des aventures par le biais de jeux de rôle au fond de leur sous-sol. Mais un soir en rentrant chez lui, Will disparaît mystérieusement après avoir croisé une silhouette étrange qui le poursuivait. Dès lors, c'est toute une communauté qui se met à sa recherche : sa mère et son frère, le shérif de la ville et surtout ses amis. Tandis que les disparitions continuent, les 3 amis font la rencontre de Eleven, une mystérieuse jeune fille échappée d'un laboratoire et dotée de pouvoir surnaturels. Elle pourrait bien être la clé qui permettrait de retrouver Will.

Stranger Things, c'est la série Netflix à succès de cet été et qui n'a pas arrêté de faire parler d'elle sur les réseaux sociaux. Et pour cause, elle met parfaitement en scène l'ambiance perdue et devenue délicieusement rétro des années 80 enchaînant par là même les clins d'oeil et références au cinéma de cette époque. Pas étonnant dès lors que toute une partie de ses spectateurs s'y soient retrouvés et l'aient propulsé en tête en tête d'affiche.

Il est vrai que tous les ingrédients sont là pour nous assurer un bon moment sur les 8 épisodes que compte la série. On retrouve du Stephen King avec ses petites villes et communautés, ses bandes de copains et son surnaturel inquiétant, du E.T. l'extraterrestre (E.T. The Extraterrestrial, Steven Spielberg, 1982) avec sa bande de gamins en roulant en BMX, sa course poursuite qui nous laisse entrevoir une envolée cycliste avant de nous surprendre littéralement, ou encore des scènes où Mike présente ses jouets à Eleven ou bien le moment où elle découvre la télévision. Des références évidentes à Stand By Me entre les disputes ou une simple séquence de marche le long d'une voie ferrée. Des références aux Goonies (Richard Donner, 1986), à The Thing (John Carpenter, 1982), et tout simplement à X Files avec son ambiance surnaturelle. Bien évidemment cette liste n'est pas exhaustive.

Mais ce qui fait le succès de cette série fait aussi à mes yeux sa faiblesse inévitable. En effet, à vouloir enchaîner les références, le spectateur averti se retrouve dans une étrange sensation de déjà-vu permanente, se demandant sans cesse où il aurait déjà vu cette séquence ou à quelle film lui fait penser ce personnage avec sa casquette qui correspond à plusieurs films. Aussi, cette gymnastique pas toujours évidente nous fait un peu passer à côté du reste je trouve. Mais elle confirme également une autre faiblesse dans la série : son scénario.

 

En effet, 8 épisodes peuvent paraître courts, pourtant, je les ai trouvé assez longs dans l'ensemble. En effet, le récit se déroule sur quelques jours seulement, aussi les allers-retours et répétitions sont nombreux et, bien que cela marque le degré d'investissement de chacun des personnages, on attend surtout la confrontation finale qui tarde à venir. Cela se traduit également par quelques éléments de scénario un peu long comme les travers complotistes qui nous sont servis pour cacher la vérité aux personnages. Et puis, les possibilités de l'autre monde sont à peine exploitées mais s'agissant d'une première saison "test", il était judicieux de se concentrer sur une petite partie pour ne pas tomber dans des suggestions rocambolesques et ratées.

Pourtant j'ai bien aimé cette série. J'ai passé un très bon moment à la regarder et je suis resté fasciné par le personnage d'Eleven, interprété par Millie Brown. Entre son crâne rasé, son regard noir et son air à la fois fragile et déterminé, autant vous dire que j'espère qu'elle saura concrétiser son talent dans les années à venir. Mais surtout son personnage met en scène une jeune fille forte, à la fois attendrissante mais aussi guerrière. Le genre de personnage féminin que l'on souhaiterait voir plus souvent à l'écran et qui découle, là encore, de toute une série de références aux femmes fortes (et au crâne rasé qui découle là aussi de nombreuses références : Alien 3, A Armes Egales, V for Vendetta, Mad Max : Fury Road, Beyond : Two Souls, etc.).

Il serait également intéressant de faire un parallèle entre Stranger Things et le jeu vidéo Beyond : Two Souls (Quantic Dreams, 2013) qui aborde aussi un inframonde où règnent des entités maléfiques ou amicales avec qui Jodie peut communiquer. Si le traitement des deux mondes est totalement différent, on retrouve de nombreuses similitudes dans la construction du récit, les personnages et la crainte de cet univers incompris.

Enfin, il serait vain de parler de Stranger Things sans aborder sa bande originale. En effet, les musiques rock et électros choisies pour accompagner la série lui permettent de s'intégrer parfaitement dans cette époques 80's. Entre succès commerciaux et morceaux moins connus, une chose est sûr, la compilation s'écoute en boucle sans jamais se fatiguer.

 

La saison se termine par une fin ouverte sur une possible suite. J'espère qu'elle verra le jour, ne sera que pour enrichir le monde des ténèbres et nous rappeler une fois de plus à la nostalgie des années 80. Mais d'ici là, le casting aura certainement grandi. Espérons là aussi, qu'il garde son charme.

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