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Culturellement indépendant


Creed, l'héritage de Rocky Balboa, suite et fin ?

Publié par Eska sur 8 Février 2017, 10:03am

Catégories : #Cinéma

Creed, l'héritage de Rocky Balboa

Creed

Ryan Coogler

2016

Revu Creed l'autre soir, après avoir enchaîné la double chronique de Durendal sur l'intégralité de la saga Rocky que je vous invite à découvrir.

Ceux qui suivent mes critiques de films depuis longtemps (je pense en premier lieu à Kidman ;) ) savent que je suis un fan inconditionnel de cette saga que la plupart des gens relègue beaucoup trop vite au rang de nanar stallonien trop simplet pour qu'il ait un véritable intérêt à être vu. C'est dommage, car de toutes les sagas du cinéma, il me semble que Rocky est l'une des rares (la seule ?) à rester fidèle à elle-même sur une période de 40 ans entre le 1er Rocky et le dernier, Creed qui, même s'il n'est pas "officiellement" un Rocky (un film où on s'attend à voir Stallone boxer), il reste un hommage puissant à tout ce qui compose cette saga et assure pleinement son passage de relais.

Rocky, pour beaucoup, c'est un film sur la boxe qui n'a pas le prestige d'un Raging Bull. Facile à dire et surtout tellement hors de propos : d'un côté, un acteur inconnu qui enchaîne les rôles dans des films pour adultes à un monstre sacré qui venait d'enchaîner 7 films pour des réalisateurs tels que Scorsese, Bertolucci, Kazan ou Cimino. Oui, la filmo de De Niro en impose à ce moment-là (Main Steets, Le Parrain 2, Taxi Driver, 1900, Le dernier nabab, New York New York et Voyage au bout de l'enfer, rien que ça !) Du coup, j'ai presque envie de dire que Rocky est une réussite en soi pour qu'il soit en permanence comparé à Raging Bull là où un film lambda aurait laissé un souvenir plus flou (tiens j'avais oublié le Muhamad Ali the greatest de William Klein ou le biopic Ali de Michael Mann, 2 films sur l'un des plus grands boxeurs du monde, le plus connus en tout cas) et n'oublions pas non plus que Rocky a remporté l'oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur montage là où Raging Bull remportait l'oscar du meilleur acteur et du meilleur montage. (Les deux ont aussi eu d'autres flopées de nominations et de prix)
D'ailleurs pour les oscar de 77 c'est amusant de voir que ni Stallone (pour Rocky), ni De Niro (pour Taxi Driver) ne remportèrent l'oscar du meilleur acteur (qui alla à Peter Finch pour son rôle dans Network... oui, à moi aussi ça ne me dit absolument rien !)

Rocky pour moi, déjà, je ne trouve pas la saga simple, je la trouve modeste et surtout, très humaine. Alors ok, vous pouvez me dire que ça crache du rêve américain à tout va, je vous l'accorde, mais c'est justement pour ça que j'aime le film, sa capacité à rappeler que tout est possible pour celui qui veut y croire, qu'on ne fait pas les choses pour prouver aux autres qu'on en est capable mais bien pour se le prouver à soi et ça c'est un discours qu'on tient régulièrement comme leçon de vie, que l'on soit américain ou non. C'est une saga qui remonte le moral, même si les événements des films ne sont pas toujours roses (la maladie, la misère, l'alcoolisme, la mort...), elle permet aussi de donner des pistes pour affronter les événements de la vie et savoir y faire face.

Et puis Rocky, c'est avant tout une histoire d'amour.... (et on ne peut que constater que la victoire de Rocky est assurée en fonction de la présence d'Adriaaaaaaane, vous pouvez le vérifier, c'est le cas pour les 6 films où Rocky monte sur le ring). Mais j'ai déjà traité de cela dans l'article Adrian Balboa, l'essence même de Rocky.

Tout ça pour arriver à Creed. Un film dans lequel le fils illégitime d'Apollo Creed, le meilleur ami/adversaire de Rocky, vient trouver l'ancien boxeur pour lui demander de l'entraîner. D'abord réticent, Rocky finit par accepter et fait tout pour conduire le jeune à la victoire malgré sa maladie qui le tenaille. Ce qui ne devait être que de simples conseils pour de petits combats devient rapidement un entraînement intensif pour affronter le champion. Une situation nécessaire après que les médias ait découvert la véritable identité du jeune homme qui refusait de se faire remarquer par le nom de son père.

Creed qui reprend tous les éléments de la saga en mode hommage plutôt qu'en mode pompage. Le scénario reste le même : trouver pour quoi l'on se bat, aller jusqu'au bout de sa rage, se faire reconnaître pour ce que l'on est et non pas pour nos origines.

C'est la 2e fois que je vois Creed donc et j'en suis resté ému du début à la fin. Aussi bien par l'évolution de son personnage secondaire (ici Rocky) que pour ses séquences touchantes, mais aussi pour sa réalisation qui se paye le luxe de montrer quelques magnifiques plans séquences (dont un round de boxe en temps réel !!!) Je peux reprocher beaucoup de choses à ce film (des effets visuels parfois trop visibles, des personnages trop stéréotypés, un scénario trop vite développé - je pense que ça aurait été formidable en série, des répétitions, etc), ça ne m'a pas empêché d'avoir la boule au ventre tout du long !

Le film revient aussi sur la paternité de Rocky, un thème déjà développé dans Rocky V et Rocky Balboa, mais qui montrait bien que le fils de Rocky prenait la direction opposé du ring sans pour autant insister là-dessus. Le jeune Robert Balboa n'a sans doute pas vraiment eu le temps de se faire à l'idée qu'il pouvait suivre les traces de son père. Encore trop jeune pour comprendre l'enjeu du combat contre Clubber Lang dans Rocky III ou celui contre Draco dans Rocky IV, il se voit ignoré par son père, nouvellement retraité et préférant s'occuper de Tommy Gunn. L'épisode 5 de la saga marquait donc la fin de la carrière de Rocky sans chercher à ouvrir une suite sur son fils légitime. Dans le 6e épisode, on apprend que ce dernier le fuit tant il est marqué par sa renommée. Dans Creed, on apprend que cette fuite va plus loin puisque Robert a fondé une famille et est parti vivre dans un autre état. Rocky est donc seul depuis un moment, il a perdu sa femme, son (beau-)frère, son meilleur ami et la femme de ce dernier avec qui il ne parle plus, son fils s'est éloigné et il a livré son dernier combat. Le jeune Creed va lui donner alors la possibilité, dans un ultime sursaut, de faire valoir ses années de boxe. Car c'est ce qui manque à la saga Rocky : la transmission de ce qu'il a appris.

On peut reprocher que le personnage soit trop vieux, il est vrai qu'un bon coup de maquillage donne à Stallone l'impression d'être proche de la tombe, au point que cela m'a choqué par moment, mais après tout, Rocky suit la même voie que son coach Mickey qui lui avait enseigné la boxe malgré son grand âge. La boucle est bouclée.

Mais alors pourquoi est-ce que je continue de penser de ce Creed n'est pas un Rocky ? Bonne question, car après tout, le film se pose dans la continuité de l'évolution du personnage. Il a combattu, maintenant il enseigne. On en apprend plus sur la vie de ce dernier, si bien que si un éventuel Rocky VII voyait le jour, il ne pourrait passer à côté de ce qui a été développé dans Creed. Et bien sans doute que c'est parce que je me trompe, d'autant que Creed est bel et bien "Rocky VII".

De par son titre, Creed impose un nouveau départ. Non nous n'assistons pas à un combat de Rocky, non on ne cherche pas à faire de "Papy Stallone" un nouveau champion de boxe. Le revival du précédent était bien suffisant et il faut se faire à l'idée que c'était le dernier combat de Rocky sur le ring. C'est sans doute pour cela que le titre français prend la peine d'ajouter "l'héritage de Rocky" afin de nous faire comprendre qu'il s'agit bel et bien d'une suite et non d'un spin-off comme c'est la mode actuelle, alors que dans sa version originale, le titre marque bien la séparation entre les 2 histoires, d'un côté celle de Rocky, de l'autre celle d'un jeune homme qui souhaite suivre les traces de ses 2 pères : Apollo Creed et Rocky Balboa. (Non je n'aborderais pas ce film du point de vue des OGM ou de la conception de produit marketing)

Bref, Rocky, tous les films ne se valent pas mais tous sont porteurs d'un message simple et efficace porté par une réalisation au minimum agréable à regarder et au mieux énergisante.

Si vous êtes comme moi, Rocky est une saga de gros beauf' avec un acteur principal qui joue principalement dans des films d'action, donc un "gogol", sur un sport de brute, la boxe, qui ne peut rien apporter d'intéressant.

Si vous n'êtes pas comme moi, vous laissez cet à-priori prendre le pas sur votre curiosité et votre remise en question des avis préconçus et vous vous privez d'une belle surprise. Rocky est une saga de films d'auteur qui vous donnera parmi les meilleures leçons de vie de l'histoire du cinéma.

Durendal

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