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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Le Cuirassé Potemkine, la révolution est en marches !

Publié par Eska sur 7 Février 2017, 20:17pm

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Le Cuirassé Potemkine

Bronenosec Potjomkin

Sergei M. Eisenstein

#100ClassiquesTaschen
#005

Que celui qui n'a jamais écouté parler de ce film durant ses études de cinéma me jette la première pierre !

Le film revient sur la révolte des marins du cuirassé ainsi que sur les manifestations de la ville d'Odessa au début du 20e siècle.
Mais si on en parle beaucoup, ce n'est pas tant pour son côté historique que pour sa réalisation visionnaire.

En effet, Serguei M. Eisenstein, cinéaste russe, avait élaboré toute une théorie sur le montage comme moyen de faire passer les émotions à l'écran. D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus, je vous recommande chaudement Leçons de mise en scène de S.M. Eisentsein et Vladimir Nijny édité par La Fémis (le mien est tout annoté de mes propres réflexions d'il y a quelques années). Le livre est richement illustré de croquis de storyboard qui montre bien le rapport entre la mise en scène sur le plateau de tournage et sa captation par le cadre de la caméra dans le but de construire le récit par la succession des plans : le montage.

Mais revenons au film. Dans Le Cuirassé Potemkine, Eisenstein insiste sur la violence du conflit par un montage rapide de plans, jouant aussi beaucoup des gros plans pour imposer l'émotion visible de ses personnage, ce qui donne également un effet de surgissement. Parfois, certains plans sont si rapides que l'on peut à peine les voir.

Bien évidemment, la scène culte du film reste celle des escaliers d'Odessa où les soldats fusillent la population qui dévale alors les marches dans une fuite furieuse. Si aujourd'hui on reconnaît aisément les pratiques auxquelles Eisenstein a eu recours, entre répétition des plans et des cadres pour donner l'impression d'un décor gigantesque et d'une foule immense, à l'époque, cela paraissait bien révolutionnaire. Souvent imitée, jamais égalée (même De Palma s'y est essayé avec la scène du landau dévalant les escaliers, mais il joue alors du ralenti pour amplifier la séquence là où Eisenstein jouait d'une succession de cuts rapides en montage alterné).

Est-ce que ça vaut le coup d'être revu aujourd'hui ? Avec l'évolution des styles, le film peut ne pas être évident à regarder pour le grand public mais il saura parfaitement contenter les plus curieux. Les passionnés d'histoire n'y trouveront peut-être pas leur compte tant le réalisateur joue avec la réalité (l'escalier d'Odessa n'est pas aussi grand dans la réalité), quand aux passionnés de cinéma, quelle question, ce film est une obligation !

PS : non il n'y a pas de fautes dans le titre ;)

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