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Les Cahiers d'Esther : Histoires de mes 10 ans

Publié par Eska sur 11 Février 2017, 11:34am

Catégories : #Littérature

Les Cahiers d'Esther
Histoires de mes 10 ans

Riad Sattouf

2016

Ca fait un moment qu'on m'a prêté ce livre, ou plutôt ce recueil des aventures d'Esther et j'ai enfin pris le temps de me mettre dessus.

Esther est une petite fille de 10 ans. Elle vit avec ses parents à Paris et raconte son quotidien avec sa famille et ses amis d'école tout en faisant part de ses réflexions.

Bon, j'ai fini par aimer ce bouquin au fur et à mesure que je le lisais, parce que très franchement, le style de Riad Sattouf me gonfle et m'énerve. Je n'avais pas ressenti ça avec le premier tome de L'Arabe du Futur, au contraire, j'aimais la simplicité de son trait et le ton de son discours. Un ton que l'on retrouve ici d'ailleurs avec des scènes courtes de la vie quotidienne, racontée par une petite fille de 9-10 ans avec ses mots et son imagination.

(Dans la chambre au moment de se coucher - une mouche tourne autour d'Esther qui déteste ça) Mon frère Antoine, il est horrible, il aime voir souffrir les autres, ça lui plaît (normal, c'est un garçon)
[...]
(Le père impassible regarde la mouche) Mon père, c'est un ange.
(Le père éclatant la mouche d'un geste net) J'ai jamais rencontré quelqu'un d'autre comme lui.
(le père rassurant sa fille) J'ai beaucoup de mal à croire que c'est garçon.

Riad Sattouf

Mais alors qu'est-ce qui m'a gonflé ? Tout simplement le fait que tout est répété. Chaque case dispose d'un encart de texte qui décrit la situation dessinée. A cela s'ajoutent les bulles et parfois une précision du personnage sur les personnes visibles. Le procédé est le même que l'on retrouve dans les films français où les situations sont décrites par la voix off du personnage principal qui va commenter la scène. Du coup ça donne :
L'image : Esther se dispute avec sa meilleure amie Eugénie devant Cassandre.
L'encart de texte : "Cette semaine, il s'est passé quelque chose de grave. Ma meilleure amie Eugénie a dit que j'étais chiante"
Le dialogue : (Eugénie) - Désolée mais t'es plus ma meilleure amie ouèche. Rends-mois-moi ton collier BFF.
Les flèches de précision : (sur Esther) Là c'est moi, sous le choc. (sur Cassandre) Cassandre nous regardait.

Certes, ça donne un certain rythme mais qu'est-ce que c'est désagréable. Tout est répété encore et encore en 2 ou 3 fois alors que l'image et le texte d'encart étaient nettement suffisant. Voire même parfois l'image se suffit à elle-même. Personnellement, je trouve ce procédé assez désagréable puisqu'il oblige à relire plusieurs fois la même case sans pour autant apporter une précision supplémentaire. Et c'est sans compter sur les répétitions au fil des planches. Car en effet, à l'origine, chaque planche a été prépubliée séparément dans L'Obs entre octobre 2014 et octobre 2015. Aussi, il est en fait tout à fait normal que des répétitions soient présentes pour présenter les personnages "Ca c'est mon père, je l'aime trop". Mais quand tout est réuni en vue d'une publication globale, c'est comme si les coffrets dvd des séries débutaient chaque épisode par le résumé du précédent en quelque sorte... Bon, du coup, j'ai fini par arrêter de lire les précisions qui n'apportaient rien de plus la plupart du temps.

(Après qu'une fille de l'école se soit faite insultée) Apparemment, y a que les filles qui peuvent être des "putes". C'est parce qu'on est pures, à la base, nous, les filles.
(Réfléchissant) Nous les filles, on est mieux que les garçons, qui sont des obsédés. Une fille qui est obsédée, c'est comme si elle était un garçon. Y a rien de pire. Une pute c'est donc un garçon.
(Le regard fixe au fond de son lit) Tout est bien clair je crois.

Riad Sattouf

Ce n'est que comme ça que j'ai fini par apprécier ma lecture de l'oeuvre. Car au fond, les histoires racontées sont fortes d'une crédibilité certaine. Riad Sattouf prend la peine de préciser à chaque planche qu'il s'agit d'une "histoire vraie racontée par Esther A., 9 ans." d'où les mots approximatifs, les jurons ou le vocabulaire populaire. L'auteur n'hésite pas non plus à citer des marques et des enseignes "J'aime l'odeur de la pizza quatre fromages de chez Pizza Pino", là où d'autres aurait cité "Pizza Nipo" ou "Pizza Pini". C'est précis, c'est vrai et c'est d'autant plus ancré dans la réalité de son inspiratrice qui passe de 9 ans à 10 ans dans une histoire dédiée à son cadeau.

En bref, j'ai lutté mais j'ai passé un très bon moment alors n'hésitez pas et lisez-le comme vous le souhaitez.

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