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Culturellement indépendant


Metropolis, la cité du futur

Publié par Eska sur 8 Février 2017, 11:16am

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Metropolis

Fritz Lang

1926

#100CLassiquesTaschen
#007

J'ai très longtemps repoussé la vision de Metropolis. Encore ici, il m'a fallu plusieurs jours avant d'enfin m'y atteler. En fait, c'est la 2e fois que je le vois et c'est sans doute pour cela que j'y suis allé à reculons, car la première fois, je n'avais pas aimé... (et pour un film historiquement culte, c'est plutôt balot)

Bon, il faut dire, si ma mémoire est bonne, qu'il s'agissait d'une vieille copie VHS récupérée au "ciné club" (ou devrais-je dire VHS club ?) de l'université il y a une dizaine d'année. Depuis, fort heureusement, les restaurations multiples du film permettent de le découvrir dans d'assez bonnes conditions. Ici, il s'agissait de l'édition double DVD éditée par MK2 avec une version longue "director's cut". En effet, il faut savoir que la version originale durait 2h30 mais qu'elle a été charcutée dans tous les sens avant d'être dispersée aux quatre vents. Si bien que, jusqu'en 2008, on considérait que la demi-heure manquante du film était perdue à tout jamais...

Donc Metropolis, c'est un film de 2h30 qui a été un énorme flop commercial à son époque (sur 5 millions, il n'en a rapporté que 75.000, dur dur...) Il faut dire que le message qu'il transmet paraît simplet, relatant une révolte d'ouvriers face à un patron tyrannique et dont le fils au grand coeur est le seul à pouvoir les faire se rapprocher car "le coeur doit être le médiateur entre le cerveau et la main". Mais alors qu'est-ce qui en a fait une oeuvre majeure de l'histoire du cinéma ?

Tellement de chose en réalité ! Le scénario combine énormément de références, jouant sur la lutte des classes en y insérant une dominante religieuse et mystique (cette lutte des classes dont il était déjà en partie question dans La Naissance d'une Nation et Les Dix Commandements ou encore Le Cuirassé Potemkine d'ailleurs) et qui renvoie à une vision futuriste de l'esclavage moderne (celui des ouvriers qui triment dans la basse ville tandis que les riches jouissent des plaisirs du haut). La machine infernale rythme d'ailleurs le montage (et dont s'inspirera L'Homme à la Caméra de Dziga Vertov qui est un chef d'oeuvre visionnaire absolu pour moi) cette machine qui est à la fois celle que l'on sert mais aussi celle qui permet la (sur)vie, un lien fort qui mériterait d'être encore exploitée aujourd'hui (à notre époque des ordinateurs et smartphones). Et c'est aussi toute le style expressionniste allemand qui trouve là une sorte d'apothéose avec ses décors prononcés et ses jeux d'acteur amplifiés.

Et puis, et surtout, sa vision du futur. Metropolis, cette ville qui ne dort jamais et qui perce le ciel de sa "Nouvelle Tour de Babel". Cette ville qui s'étire vers le haut, permettant aux voitures de rouler sur des passerelles à hauteurs d'avion.... 8 jours de tournage à déplacer chaque véhicule centimètre par centimètre pour seulement 10 secondes à l'écran... (un petit détail m'a le plus marqué dans cette scène : pas la hauteur des immeubles, ni celles des voitures, mais simplement, cet avion qui tourne à 90°, ça c'est le futur !) Blade Runner en est d'ailleurs l'un des plus vibrants hommages, reprenant presque quasiment la forme de la tour de Babel, la structure pyramidale prononcée ou encore les enseignes qui illuminent les rues nocturnes.

Et puis Maria, le robot conçu par Rotwang, le génie fou inspiré en partie du Dr Frankenstein et dont l'adaptation puisera quelques références par la suite. L'un des premiers robots du cinéma (à ne pas confondre avec les automates). Symbole fort de ce robot féminin qui donnera naissance à une flopée d'autres. La transformation de l'androïde en femme par un simple fondu enchaîné (le morphing de l'époque) et les jeux de lumière et d'éclairs qui l'entourent en font une scène culte par excellence.

Est-ce que ça vaut le coup de le revoir ? Oui, car c'est sans doute le plus grand film de science-fiction de l'époque du muet, 1 an avant l'arrivée du parlant. De plus, nous bénéficions désormais grâce à sa restauration d'une version quasi complète de l'oeuvre qui n'a plus été visible entre 1927 et 2008, c'est dire si nous sommes privilégiés. Et puis il est tellement cité en référence des plus grands films de SF du cinéma qu'il est impossible de ne pas se pencher dessus à un moment où à un autre.

Finalement, j'ai été long à m'y (re)mettre mais je ne regrette pas !

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