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Culturellement indépendant


Nosferatu, le vampire effrayant

Publié par Eska sur 7 Février 2017, 11:39am

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Nosferatu

Friedrich Wilhelm Murnau

1922

#100classiquesTaschen #002

Nosferatu est un de ces grands classiques du cinéma d'horreur qu'il me plaît toujours de revoir pour son ambiance inquiétante.

Le film raconte l'histoire du jeune Hutter qui est envoyé en Transylvanie pour vendre une maison abandonnée à un certain Comte Orlok. Le comte semble aussi assoiffé de sang de les moustiques qui viennent piquer Hutter à la gorge durant la nuit (oui j'essaie de vous mettre un peu de suspens #tasvu). Mais après avoir vu une photo d'Ellen, la femme de Hutter, le comte décide de rejoindre ses nouveaux appartements au plus vite (la maison abandonnée est située juste en face de celle de Hutter). Ayant découvert qu'il a affaire à Nosferatu, un vampire suceur de sang, Hutter s'élance à son tour pour sauver sa femme Ellen...

Bon, vous l'aurez compris, il s'agit ni plus ni moins d'une version de Dracula de Bram Stocker entièrement remaniée. Et pour cause, les producteurs n'avaient pas pu avoir les droits, d'où la réécriture du scénario, le changement de Dracula pour Nosferatu et plein d'autres éléments disparaissent. Du coup, si on ne devait pas ici parler de plagiat, on pourrait presque parler de clins d'oeil à l'histoire.

Ce qui effraie dans Nosferatu, c'est son ambiance. Le film est tourné en 1922 en pleine période d'expressionnisme allemand d'où les formes dures et obscures, avec des contrastes forts et surtout une mise en scène très rigide, aux déplacements lents et aux émotions surjouées de la part des acteurs. Nosferatu lui-même incarne un cadavre en quelque sorte avec sa silhouette guindée, son nez crochu, ses sourcils broussailleux ou encore ses longs doigts crochus. Aujourd'hui on pourrait voir ça comme une caricature mais à l'époque, il me semble qu'il y a eu quelques évanouissement dans les salles. Ce qui m'effraie le plus c'est sa présence dans l'écran, dès qu'il apparaît, il occupe toute la hauteur du cadre qu'on lui donne, quand il passe une porte, la porte est aussi large que lui, ce qui donne une impression d'étouffement, l'impossibilité de fuir le personnage qui s'approche. Il est aussi souvent filmé dans une légère contre-plongée qui lui donne un aspect imposant. On pourrait le voir comme un personnage cauchemardesque qui évolue comme au ralenti et dont on sait qu'on ne pourra pas lui échapper.

Ca combiné à l'image teintée et la musique de Galeshka Moravioff qui insiste sur les cordes, ça donne un vrai sentiment de malaise.
Quelques précisions : le compositeur du film était Hans Erdmann (mais d'après ma version DVD, le film est accompagné d'une musique stéréo originale de Galeshka Moravioff). Ensuite, concernant l'image, toujours sur mon DVD, il y a 2 versions du film : une version noir et blanc de 60 min et une version teintée de 90 min. Mais là il ne s'agit pas de version cinéma et de version longue, c'est simplement que la version N/B est diffusée en 24 images/seconde tandis que la version teintée (qui était la version originale) est diffusée en 18 images/secondes, donc plus lente donc plus longue, CQFD.

Nosferatu est l'un des premiers films de vampire au cinéma et c'est assez intéressant d'ailleurs quand on sait que le réalisateur, Murnau, était homosexuel, puisque le vampire, ne faisant point cas de qui il mord, sa morsure, pareille à un baiser mortelle et à une transmission de fluides, s'avère donc un excellent moyen de faire figurer une relation entre 2 hommes à une époque où la censure n'aurait sans doute pas laissé passer ça (ce qui se révèlera surtout aux Etats-Unis après l'apparition du code Hays)

Donc Nosferatu, ça vaut quoi aujourd'hui ? Ben perso, je trouve que ça vaut vraiment le coup d'oeil, aussi bien pour son aspect visuel que sa mise en scène et son atmosphère pesante, lente et silencieuse. Sur grand écran, ça doit être encore plus impressionnant donc en bref : voyez-le !

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