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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Soupe au Canard, indigestion de coin-coin

Publié par Eska sur 12 Février 2017, 09:42am

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Soupe au Canard

Duck Soup

Leo McCarey

1933

#100ClassiquesTaschen
#011

Cela fait des années que j'ai entendu parler de ce que l'histoire du cinéma retient comme l'un des films les plus drôles de tous les temps. Pourtant, malgré cette réputation, il reste assez difficile à trouver et il a fallu que je le fasse venir de loin dans le département (seulement 3 médiathèques l'ont en DVD) pour l'avoir entre les mains.

Freedonia est un pays en crise. Veuve milliardaire, Mrs Teasdale est prête à y laisser sa fortune pour le faire renaître mais impose ses exigences : elle veut que soit Rufus T. Firefly qui en soit le dirigeant. Face à cette situation, Trentino, l'ambassadeur de Sylvania, un pays voisin, tente de le conduire à la guerre afin de mieux l'envahir. Il envoie pour cela 2 espions chargés de surveiller Firefly. L'un d'eux finit Ministre de la Guerre. Une guerre qui sera déclarée au moment où Firefly gifle Trentino et tout en part en cacahuètes.

Il y a des films, on te dit : "Tu ne peux pas passer à côté, il faut le voir" et puis tu les regardes et tu te dis : "Je suis complètement passé à côté, je n'ai rien compris". Soupe au Canard est de ceux-là pour moi. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le scénario et les frasques déjantées des Marx Brothers tant elles s'enchaînaient, faisant du film une oeuvre purement absurde. En fait, je pense que malgré son statut, elle n'a pas réussi à traverser les époques, comme un Chaplin par exemple, parce qu'elle est beaucoup trop ancrée dans une culture précise sur des événements précis d'un pays précis à une époque précise. Car on sent bien que les Marx Brothers ont quelque chose à dire avec tous ces gags et jeux de mots mais quand on ne dispose pas de la culture en question, c'est plus difficile à comprendre.

Personnellement je trouve le film brouillon. Visuellement, on a affaire une réalisation très théâtrale, façon "comique show" ou comédie musicale (quoique les comédies musicales sont riches de variétés visuelles). Là on se contente de poser la caméra et de laisser les frères jouer leur pantomime dans une mise en scène, certes, ultra précise. Il suffit de voir la séquence avec le vendeur de limonade qui ne parvient pas à récupérer son chapeau face à Pinky et Chicolini ou encore celle où Firefly enchaîne les mimes face à ce qu'il suppose ne pas être un reflet mais un espion déguisé en sa personne.

Le problème vient aussi que tout s'enchaîne à une vitesse hallucinante. Les gags sont suivis de dialogues absurdes et de jeux de mots si précis qu'ils en deviennent presque intraduisibles, quand ce ne sont pas les propos qui se retournent contre leur commanditaire. Vous en conviendrez, c'est assez hors normes.

Rufus T. Firefly: Dites-moi, qu'est-ce qui a 4 pantalons, vit à Philadelphie et ne pleut pas mais il verse ?
Chicolini: C'en est une bonne, vous avez droit à 3 questions
Rufus T. Firefly: Attendez voir... Quatre pantalons, vit à Philadelphie... Homme ou Femme ?
Chicolini: Non je ne crois pas.
Rufus T. Firefly: Est-ce qu'il est mort ?
Chicolini: Qui ?
Rufus T. Firefly: J'en sais rien, j'abandonne !
Chicolini: J'abandonne aussi.

Soupe au Canard

Mais alors pourquoi ce film a une telle réputation si on ne peut pas en comprendre les rouages ? Et bien comme dit plus haut, il faut le mettre en parallèle avec un instant précis. Début des années 30, les Etats-Unis se sortent péniblement de la crise économique et le gouvernement n'est pas au top. Le film se moque facilement de tout cela. Entre le président qui provoque quand il veut apaiser, le Ministère de la guerre confié à un vendeur de cacahuètes, une veuve que tout le monde veut épouser pour ses milliards, des démonstrations de force tournée en ridicule, et en apothéose, une scène de danse pour fêter l'entrée en guerre du pays. Tout est tourné en dérision avec une facilité déconcertante et un niveau d'écriture finalement assez élevé.

Est-ce qu'il faut le revoir aujourd'hui donc ? Pour moi, ça ne vaut plus grand chose tellement c'est ancré dans une époque, même si certaines scènes (le miroir encore une fois) ont été répétées dans d'autres films. Pourtant, quelque chose me dit que le film pourrait revenir au goût du jour et qu'à défaut de ressortir sur les écrans dans quelques une poignée d'années, un reboot pourrait facilement voir le jour si un groupe d'acteurs impertinents du cinéma américain actuel venaient à se poser sur le sujet. Bref, si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain.

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