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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Sous les Toits de Paris, petites histoires des rues

Publié par Eska sur 8 Février 2017, 12:23pm

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Sous les Toits de Paris

René Clair

1930

#100ClassiquesTaschen
#009

Sous les Toits de Paris est un film "parlant et chantant 100% français" réalisé par René Clair en 1930.

Albert chante des chansons dans la rue et s'éprend de Pola, une jeune roumaine. Après une partie de dés contre son ami Louis, il gagne le droit de la courtiser. Mais c'était sans compter Fred, un bourgeois malhonnête qui refuse de la laisser filer. Albert parvient à ramener Pola chez lui (après que Fred ait subtilisé la clé de l'appartement de cette dernière) et les 2 jeunes gens décident de se marier. Manque de pot, Albert est envoyé en prison après que la police ait découvert le butin laissé chez lui par Emile, un cambrioleur. Pola finit alors dans les bras de Louis mais Fred revient à la charge pour les séparer. Albert sorti de prison, Fred décide l'affronter. Finalement, Albert, découvrant l'amour de Louis pour Pola, décide de les laisser vivre leur relation.

Je ne vous cache pas que je me suis demandé ce que le film faisait dans cette sélection de 100 classiques tellement le scénario est complexe et le film en lui-même pas exceptionnel, surtout après Metropolis ou L'Ange Bleu. Pourtant, il a été considéré comme l'un des meilleurs films de 1931 au niveau mondial.

Tout revient à la technique et à l'emploi du sonore. Avec l'arrivée des micros sur les tournages, il fallait enfermer les caméras dans des boîtes insonorisées, les clouant ainsi de toute possibilité de mise en scène. René Clair est parvenu à briser cette séparation et le montre dès le début du film qui commence en chanson dans la rue. Là, la caméra s'élève le long de la façade de l'immeuble, montrant les différents habitants aux fenêtres jusqu'à la lucarne du toit. La caméra s'est libérée de son boulet de micro (à l'époque, beaucoup de réalisateurs, dont René Clair, reprochait au sonore de tuer le cinéma, c'était alors considéré comme un gadget un peu à l'image de la 3D aujourd'hui). D'ailleurs, le film joue à la fois sur le côté sonore (avec quelques dialogues d'explication) et beaucoup de mise en scène muette où l'on comprend parfaitement ce qu'il se passe.

Cette réalisation aurait permis au film de mieux s'exporter dans le monde, ce n'est donc pas pour rien qu'il n'eut que peu de succès en France et énormément dans le reste du monde. Et oui, avec l'arrivée du parlant, le cinéma ne pouvait plus s'exporter aussi facilement. Re-sonoriser un film coûtait plus cher que changer quelques cartons, d'ailleurs, certains films furent réalisés en plusieurs versions (mais nous y reviendront une autre fois).

Est-ce que ça vaut le coup d'être revu aujourd'hui ? Honnêtement, on peut s'en passer. Le film en lui-même n'est pas terrible, les moeurs des personnages de l'époque sont presque douteuses (tous ces hommes qui cherchent à forcer la main de Pola sous prétexte de la courtiser, c'en est énervant), la musique est aussi agaçante pour les spectateurs que pour certains personnages, et la mise en scène ne trouve de sens qu'une fois qu'on l'ait situé dans son contexte de l'époque. Toutefois, si vous aimez les films qui sentent bon l'ambiance parisienne d'autrefois, alors allez-y, les décors sont somptueux.

En bref, c'est une antiquité dont on a oublié la valeur.

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