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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Big, il ne faut pas grandir trop vite

Publié par Eska sur 5 Mars 2017, 21:23pm

Catégories : #Cinéma

Big

Penny Marshall

1988

Je me souviens encore de la première fois que j'avais vu ce film. Je devais avoir 10 ans, soit l'âge approximatif de ce jeune garçon et les situations dans lesquelles il se trouvait m'avaient légèrement mis mal à l'aise. Pourtant Big est une de ces comédies cultes des années 80 que l'on apprécie de revoir par un dimanche de pluie.

Josh est un jeune adolescent qui passe la plupart de son temps avec son meilleur ami Billy quand il ne joue pas aux jeux vidéo. Afin de séduire Cynthia dans une fête foraine, il se lance dans un manège à sensation. Mais trop petit pour entrer, il se fait refouler par le forain. Il décide alors de s'essayer à une machine à souhait étrange, faisant le voeu de devenir plus grand. Le lendemain, le jeune adolescent a gardé toute la tête de ses 12 ans alors que son corps en affiche 30. Rejeté par sa mère, il tente alors de survivre.

Big est classé dans les comédies et les romances. Mené par un tout jeune Tom Hanks, il nous entraîne dans une idée étrange : que ferions-nous si, du jour au lendemain, on paraissait plus vieux qu'on en a l'air ? Le concept est amusant et d'autres films s'y sont essayés comme 30 ans sinon rien avec Jennifer Garner (Gary Winick, 2004) ou encore Freaky Friday qui inverse le rôle de mère et de fille entre Jamie Lee Curtis et Lindsay Lohan (Mark Waters, 2003). Cela fait peu je trouve et c'est bien dommage car il y aurait tellement de choses à dire sur ce sujet.

Mais il me semble que ce film est souvent oublié malgré la nostalgie qu'il procure. Et pour cause, exilé à New York, le Josh de 30 ans trouve un travail dans une société de conception de jouets pour enfants. Rapidement promu par le directeur, il passe ses journées comme le gosse qu'il est à tester des prototypes et des concepts à gogo. Borne d'arcade par-ci, trempoline par-là, Godzilla géant, panneau de basket dans son appartement, bref tout ce qu'un gamin peut rêver de son futur. En fait, les jouets et jeux vidéo présents à l'écran marquent parfaitement une époque, d'où le côté nostalgique. On regarde un peu le film comme une vieille publicité de magazine.

Le scénario fait évoluer la situation par quelques conflits et romances, montrant que le jeune garçon parvient finalement à bien s'adapter à un monde qui n'est pas encore le sien. Lui qui voulait pourtant retrouver rapidement son corps d'origine finit par s'adapter au monde des adultes et prend ses responsabilités très à coeur tandis que son meilleur ami lui rappelle que sa place n'est pas ici. Survient alors le dilemme : retrouve sa vie d'antan avec son meilleur ami et sa mère ou bien rester dans ce nouveau monde avec une belle fiancée et des jouets à gogo. Bon, je vous l'avoue, le choix aurait été difficile pour moi aussi.

Il est toutefois dommage que le film ne cherche pas à davantage insister sur la période adolescente de la vie. La seule référence à laquelle on a droit sur ce sujet, c'est lorsque Josh demande à Susan de venir avec lui et qu'elle lui répond qu'elle a déjà vécu cette période et qu'elle ne souhaite pas revenir dessus tellement elle était difficile. Comme on peut la comprendre une fois le cap passé... Et pourtant, on serait je pense nombreux à vouloir revivre des situations en toute connaissance de cause. Mais la question n'est pas là.

Ce qui me marque le plus dans ce film, c'est le côté inlassablement enfantin donné par Tom Hanks. Et c'est peut-être ça qui me met légèrement mal à l'aise. C'est le fait d'avoir affaire à un enfant, un vrai, dans le corps d'un adulte. Un enfant qui sait qu'il trompe son monde, un enfant qui brave la loi en trouvant un travail et se faisant rémunérer. Un enfant qui joue dans un monde qui ne lui appartient, un monde où il n'a pas le droit d'aller, celui des adultes. (Techniquement, lorsque Susan couche avec lui, elle couche avec un homme ou avec un enfant ?)

Au final, Big me laisse une impression de film non fin. Un divertissement qui ne cherche pas à lancer une réflexion ou des explications mais purement et simplement à faire rire et émouvoir. Et c'est sans doute aussi par cet aspect qu'il marque autant son époque et ne parvient pas à s'imposer comme d'autres au-delà des générations. Car il ne peut être le film que d'une génération par sa naïveté et l'époque sans laquelle il s'est enfermé.

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