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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Les Temps Modernes, la fin d'une ère...

Publié par Eska sur 15 Mars 2017, 22:58pm

Catégories : #Cinéma, #100ClassiquesTaschen

Les Temps Modernes

Modern Times

Charles Chaplin

1936

#100Classiques Taschen
#013

Les Temps Modernes font partie de ces classiques qu'il faut voir. L'étudier permet aussi de se rendre compte des références que propose le film. L'un comme l'autre nous permet surtout d'apprécier une fois de plus le talent inimitable de Chaplin dans son rôle fétiche du vagabond qu'il endosse pour la dernière fois...

Charlot travaille à l'usine. Mais le rythme acharné le rend fou. Après un court passage en prison, il se retrouve seul et sans emploi. Cherchant à tout prix à retourner en prison, il fait la connaissance d'une jeune femme orpheline dont il succombe à son charme. Tout deux décident alors de s'entraider, rêvant d'une vie meilleure.

Dès le début, on sent que Chaplin s'est fortement inspiré de Metropolis de Fritz Lang. Un directeur installé confortablement dans son bureau dicte des ordres afin que le rendement des ouvriers soit plus efficace sans se soucier si ceux-ci tiennent la cadence. Il faut produire. Pas étonnant que la première image compare les ouvriers aux moutons. Ces mêmes moutons qui se rendent à l'abattoir comme les ouvriers deviennent esclaves de leurs propres machines. L'erreur n'est pas admise et le film insiste bien sur cette idée, à travers des gags universellement connus (l'image de Charlot aspiré par la machine que j'avais vu à 7 ans restera éternellement gravé dans ma mémoire).

Pourtant cela ne suffit pas et on propose au directeur une nouvelle machine permettant de faire manger les ouvriers sans que ceux-ci n'aient à s'arrêter. Tous les moyens sont bons pour accroître la productivité, même si pour cela il faut déshumaniser le travail et l'ouvrier. Fort heureusement, la machine nous livrera une nouvelle scène d'anthologie en s'emballant sur le pauvre Charlot aspergé de soupe et de maïs. Doit-on déjà voir ici un message comme quoi l'industrie n'est pas si fiable que cela ?

Chaplin essayait peut-être d'apporter une critique sur le parlant au cinéma. Lui qui combattait ce système pour les films muets a du se rapatrier à la cause. Non seulement le film est parlant mais c'est aussi le premier film où le personnage du vagabond parle. Certes son langage est celui de l'esperanto, une langue qui se prétend universelle puisqu'elle puise dans de nombreuses langues. En ouvrant la bouche, le personnage de Charlot, celui-là même qui s'exprimait par geste, n'est plus. Et ce n'est pas pour rien que ce sera son dernier film. Chaplin a donc été contraint de se mettre au parlant pour subsister et ne pas tomber dans le passé comme bien d'autres à cette époque qui n'ont pas su prendre le tournant.

Rappelons que nous en 1936, la crise est encore bien présentes. Les ouvriers se précipitent à l'usine dès qu'il y a du travail mais se retrouvent facilement à la rue. Ce n'est donc pas étonnant si, après sa libération, le personnage tente d'y retourner coûte que coûte. Mais désormais le vagabond n'est pas le seul à errer dans les rues. Une jeune orpheline espiègle et vivant avec ses soeurs est contrainte de les abandonner et de continuer à voler pour survivre. Mais il suffit d'une rencontre pour que tout change.

Alors autant vous le dire, je suis littéralement tombé amoureux de Paulette Goddard dans ce film. Entre ses cheveux noirs et son regard clair, son sourire espiègle, elle a tout pour être l'égérie des films de l'époque. Pas étonnant que Chaplin l'ait épousé la même année d'ailleurs. Le couple qui se forme à l'écran se présente comme deux amis qui jouent aux amoureux. L'aspect enfantin du duo en fait certainement l'un des couples les plus poignants du cinéma. Les voir rêver d'une demeure où tout est à portée de main, où la nourriture ne manque pas, où le quotidien est un jeu est une scène sublime. La maison en ruine ne gâche pas leurs espoirs, bien au contraire. En les voyant partir main dans la main, la seule morale qui me vient à l'esprit est bien que quoique l'on possède, tout est possible du moment que nous sommes accompagné. Un peu fleur bleu certes, et alors ?

Est-ce qu'il faut le voir aujourd'hui ? Oui. Les Temps Modernes est un film qui n'a pas pris une seule ride. L'humour de Chaplin et de son personnage sont et resteront universels, les effets visuels et trucages sont impressionnants de réalisme (la scène des patins à roulette) et le talent d'acteurs et de cascadeur de Chaplin reste prodigieux, tandis que le sujet, lui, reste toujours d'actualité. En bref, un film à voir jeune et à revoir encore et encore.

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Angeline 18/03/2017 21:45

j'aime me promener ici. un bel univers.

Angelilie 17/03/2017 14:34

toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir

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