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EskaWorld

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Culturellement indépendant


The OA

Publié par Eska sur 11 Mars 2017, 22:57pm

Catégories : #Cinéma

The OA

Brit Marling & Zal Batmanglij

2016

Netflix produit pas mal de séries. Après Stranger Things qui avaient marqué l'été 2016, c'est The OA qui est venu souffler dans mes oreilles. Mais malgré un bon démarrage, l'engouement du public n'a pas été au rendez-vous (ou alors je suis passé à côté). Curieux quand même de savoir de quoi il s'agissait, je me suis lancé dans la série sans même vraiment savoir de quoi il s'agissait. Surprise !

Alors qu'elle avait disparu depuis 7 ans, Prairie Johnson réapparaît dans sa famille adoptive. Personne ne se doute alors de ce qu'il s'est passé pour cette jeune femme qui a mystérieusement retrouvé la vue alors qu'elle était aveugle depuis un accident d'autobus. Muré dans un profond silence, elle réunit autour d'elle 5 personnes, lycéens et professeur à l'esprit torturé et commence à leur raconter son histoire. Une histoire de kidnapping, d'anges, de dimensions parallèles et d'expériences de mort imminente...

Je me souviendrais toujours de la première fois que j'ai entendu parler des expériences de mort imminente, c'était en juin 1997 dans le tout premier numéro de Facteur X (un magazine sur les phénomènes inexpliqués que ma mère se serait fait un plaisir de jeter). Il faut dire qu'à cette époque, je n'avais que 12 ans, que je parcourais la cour du collège avec une carte "FBI" au nom de Fox Mulder et que je croyais... en tout ce qui pouvait me procurer un frisson intense d'irrationnel. Dans ce premier numéro, il y avait donc tout un chapitre sur les EMI, les expériences de mort imminente. Ce moment où les victimes se mettent à flotter au-delà de leur corps, parfois pendant quelques secondes seulement, avant de tourner le dos à ce tunnel de lumière qui s'offre à eux pour retourner dans leur corps. La personne peut être déclarée morte pendant un instant avant de revenir à la vie.

Le cinéma nous a déjà proposé quelques aventures autour de ces EMI. L'expérience Interdite (Joel Schumacher, 1990) est sans aucun doute celui qui y fait le plus référence avec ses étudiants qui se lancent eux-mêmes dans des expériences visant à les rapprocher de la mort. Plus récemment, Au-Delà de Clint Eastwood (2010) aborde aussi ce sujet.  En littérature, on peut citer Les Thanatonautes de Bernard Werber (1994). The OA revient donc sur un de ces sujets qui fascinent : celui de la frontière entre la vie et la mort, de ce qu'il y a au-delà de la vie mais avant la mort. Et pour mettre en scène cela, les auteurs ont su intégrer cela dans un récit à la fois traditionnel, original et innovant.

The OA raconte en effet une multitude de petites histoires : celle d'une jeune femme atypique, loin d'avoir un passé aussi simple, d'une jeune femme qui réapprend à vivre, qui trouve un nouveau souffle au fur et à mesure qu'elle raconte son récit, celle d'une aveugle qui retrouve la vue également. C'est aussi l'histoire du petit groupe, tous liés les uns aux autres mais davantage dans une relation conflictuelle et qui vont se souder entre eux malgré les déboires personnels de chacun. Et que dire de ce scientifique qui mène des expériences en kidnappant des gens qu'ils tuent et ranime régulièrement ? Quelle est son histoire, pourquoi est-il si entêté ? Il y a plein d'histoires suffisamment abordées pour suffire à comprendre chacun d'eux mais toutes pourraient être développées.

Ce qui m'a bluffé aussi, c'est l'utilisation des chorégraphies de danse, une série de mouvements destinés à se libérer du corps, à communiquer, à ouvrir des passages entre les dimensions et à faire des miracles. Les mouvements, pour vous donner une idée, revoyez les clips de Sia, sont ici parfaitement utilisés comme un véritable langage du corps, un échange à la fois abstrait et surréaliste, visuel et sonore (avec un très bon jeu sur les sonorités du corps notamment) comme si les personnages se laissaient posséder. Et c'est toute la diversité des 5 personnages qui en donne à cet ensemble une force d'expression hallucinante (loin des corps façonnés et similaires des artistes-danseurs)

Cette première saison n'est composée que de 8 épisodes. Et il faut bien attendre le 3e pour accrocher, les deux premiers servant surtout à mettre en place les situations de chaque personnage et ainsi poser concrètement le cadre de ce qui nous attend. Le dernier épisode (promis, sans spoiler) m'a totalement bluffé (déjà parce que je ne savais pas que c'était le dernier et que je m'attendais à une résolution dans 2 autres épisodes à venir, aussi ce fut un coup intense). Il parvient à retourner toutes les situations pour mieux répondre à une question secondaire que l'on oublie rapidement, tout en donnant un sens à tout ce qui s'est passé précédemment. C'est fort, c'est beau, c'est incompréhensible et magique, ça peut paraître con, mais ça ne l'est pas et c'est tout ce qui donne son charme à cette série. Honnêtement, les 7 épisodes méritaient vraiment d'être vus pour l'ampleur du dernier.

Bref, The OA, tout le monde n'adhèrera pas mais si vous savez garder l'esprit ouvert, ça devrait forcément vous plaire. Cette première saison reste très ouverte, la seconde est attendue pour 2018. D'ici là, on a le temps d'apprendre les mouvements !

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