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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare

Publié par Eska sur 18 Avril 2017, 21:35pm

Catégories : #Cinéma

Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare

Seeking a Friend for the End of the World

Lorene Scafaria

2012

Voilà un moment que ce film me fait de l'oeil. Déjà parce que Keira Knightley et puis parce que Keira Knightley. Voilà, merci emballez, c'est pesé !

Non plus sérieusement, voilà un moment que ce film me fait de l'oeil de par son sujet lié à la fin du monde. Comme l'a fait remarquer le Fossoyeur de Films dans une de ses chroniques dédiés à 3 films de fin du monde, et qui m'a convaincu de ne plus atteindre pour le voir, ils y a peu de titres qui s'intéressent vraiment aux derniers instants avant l'apocalypse. Il est vrai que la plupart sont davantage post-apo et donc après les événements, bien souvent lointains. Aussi, comment montrer que l'on passe de tout à rien, de la vie insouciante à la fin de tout ? Et surtout, comment ne pas en faire un film catastrophe (un peu à l'image d'un Independence Day ou d'un 2012 de Roland Emmerich)

La mission consistant à éviter qu'un astéroïde s'écrase sur Terre a échoué et le monde n'a plus que 3 semaines à vivre. A peine l'annonce prononcée, Dodge voit sa femme le quitter et se retrouve seul et dépressif. Il fait alors la rencontre de sa voisine Penny. Cette dernière souhaiterait revoir sa famille tandis que Dodge apprend que son ancien amour a toujours des sentiments pour lui et décide de la rejoindre. Tout deux décident alors que partir retrouver leurs êtres chers.

La première fois que j'ai croisé Steve Carell dans un film, c'était Bruce Tout Puissant (Tom Shadyac, 2003) et il ne m'avait pas laissé un bon souvenir. C'est bien dommage car, au-delà de ses rôles comiques, Steve Carell sait réellement bien s'y prendre sur le plan dramatique (il n'y a qu'à voir son rôle dans Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris en 2006 pour s'en convaincre). Et qui de mieux que la légèreté de Keira Knightley pour contre le côté inexpressif et dépressif de Carell ? Toute la force du film tient à ce duo détonnant qui se laisse aller au fil de leur mésaventure. Certes, on peut clamer haut et fort que ce ne sont pas les meilleurs acteurs d'Hollywood mais quand bien même il y a quelque chose de touchant dans leur jeu qui rend le film vraiment fort.

Côté fin du monde, elle brille par son absence. Car encore une fois, on est loin des séquences catastrophes chères à Roland Emmerich. Ici la fin du monde passe les médias à commencer par la radio qui annonce la tentative ratée, puis la télé prend le relais pour évoquer les événements en cours, les pillages, l'arrêt des vols aériens, etc. La vie des gens quand à elle est crédible. Pas de père qui veut traverser l'Amérique dans un froid polaire ou affronter des volcans en éruption. Non car ici, la fin du monde n'a pas encore eu lieu, elle est attendue et donc n'est pas montrée. L'astéroïde lui-même n'apparaît pas une seule fois et sa collision avec le sol est indiqué par un magnifique sursaut de caméra qui resplendit de par sa brièveté.

C'est sans doute le côté réaliste de ce film qui me plaît. Le fait que les gens ne savent pas comment vivre cette fin du monde. Certains continuent à travailler comme si de rien n'était parce que les choses sont comme ça et rien n'y changera. D'autres veulent en profiter, d'autres s'exprimer ou encore en finir le plus vite possible. Et l'on rencontre un peu tous les types de personnages à travers ce film, des dépressifs qui planifient leur mort aux survivalistes qui pensent tenir 6 mois dans leur bunker avant de repeupler le monde. Il manque peut-être les religieux quoique la présence d'un jeune garçon arborant une pancarte "la fin est proche" s'affiche discrètement dans une scène.

Ce film est sincère autant que la fin du monde qu'il montre est crédible et juste. Et au-delà des casseurs et des fêtards, le film insiste sur la relation de deux être que tout opposent. Deux êtres qui apprennent à se connaître au milieu de cet événement soudain sans lequel ils n'auraient pas été réunis. Si le film insiste sur la tristesse de la solitude, comme quoi il vaut mieux ne pas être seul pour vivre la fin du monde, il insiste surtout sur la nécessité d'être avec quelqu'un avec qui on a envie d'être sur l'instant. Au moment où le futur n'existe plus et que le passé est de toute façon derrière nous, il ne nous reste plus qu'à profiter du présent et c'est sans doute, et à tout moment, la seule chose qui compte.

En bref, Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare m'aura fortement touché et même si ce n'est pas le film du siècle, il a le mérite d'être beau et sincère, ce qui manque parfois dans ce genre de production.

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