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Culturellement indépendant


Belle Epine, deuil, illusion et liberté d'une adolescente

Publié par Eska sur 8 Novembre 2010, 23:17pm

Catégories : #Cinéma

belle-epine.jpg

 

Belle Epine

 

Rebecca Zlotowski

 

2010

 

Dire que j'ai failli passer à côté de ce film. Découvert dans l'article d'un magazine juste avant la projection du  Royaume de Ga'Hoole, je me suis redressé sur mon siège lorsque j'ai vu le nom de la réalisatrice : Rebecca Zlotowski, laquelle a été mon professeur de fac durant un semestre. Coup de pot, le film étant en avant-première ce même jour, en présence de l'équipe du film, une occasion à ne pas manquer pour découvrir ce film.

 

Prudence, 17 ans, vient de perdre sa mère. Livrée à elle-même dans l'appartement familliale, elle suit Marilyne, une habitué des mortards du circuit de Rungis.Mais Prudence n'arrive pas à faire son deuil, pire, elle veut faire croire qu'elle est libre de tout, une illusion qu'elle ne pourra malheureusement pas se cacher à elle-même.

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Autant le dire tout de suite, ce film m'a perturbé.

Belle Epine n'est pas un film qui vous remet la patate, au contraire, il faut s'y préparer, et surtout se préparer à suivre pendant 1h20 une jeune fille dans un cadre entièrement clos. N'allez pas croire qu'il s'agit d'un pseudo Buried, quand je dis clos, je parle de l'image en elle-même, du cadre. Une majorité de plans serrés sur le personnage de Léa Seydoux, avec une profondeur de champ tellement faible qu'elle en est inexistante. Inexistante car Prudence n'a plus aucun points de repère autour d'elle.

 

D'autant que la jeune demoiselle est en âge de faire ses premières expériences sexuelles, et a donc besoin des repères d'une femme : mais entre sa mère décédée, sa soeur fuyant l'appartement familliale, sa copine rebelle et sa cousine réservée, elle n'a personne pour l'aider dans cette voie dans laquelle elle va vouloir s'enfoncer pour se dépasser. Mais elle devient dès lors le jouet d'une bande de motards qui ne veulent pas s'encombrer de sentiments. La gente masculine n'est d'ailleurs pas mise à l'honneur : un père absent, un oncle pratiquant, un cousin homo, et des jeunes garçons qui ne pensent guère à autre chose que leur propre plaisir, la pauvre Prudence n'avance pas vraiment dans un entourage serein.

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Ce qui m'a perturbé je pense, c'est de rentrer dans l'univers aussi intime d'une jeune fille en quête d'elle-même. On ne la regarde pas avancer, on entre dans son espace vital, et on reste témoin devant ses vaines tentatives de se forger l'illusion que tout va bien, alors que tout va mal et, aussi proche que l'on soit, on reste impuissant face à cela. D'autant que le jeu des acteurs est intense, tous se donnent corps et âmes dans ce film, se mettent littéralement à nue face à la caméra qui continue de filmer sans pudeur les événements, et Léa Seydoux a d'autant plus de mérite qu'elle est présente sur la majorité des plans, dans un rôle qu'elle tient sans ciller.

 

Bref, Belle Epine est un film intime, très intime, autour d'un personnage renfermé, un sacré morceau de bravoure pour la première réalisation de Rebecca Zlotowski qui méritera bien qu'on suive ses prochaines oeuvres ainsi que celles de son équipe.

 

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