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Culturellement indépendant


Black Summer, un fantasme sombre de super-héros...

Publié par Eska sur 3 Août 2011, 19:52pm

Catégories : #Littérature

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Black Summer

 

Warren Ellis & Juan Jose Ryp

 

2008

 

Les Sept Armes sont un petit groupe de super-héros composés d'hommes et de femmes aux capacités augmentées et destiné à combattre la corruption des rues. John Horus est l'un des plus puissants de cette troupe qui a juré de servir et protéger le pays. Mais ce matin-là, John Horus a tué le président des Etats-Unis, responsable selon lui des mêmes actes graves de corruption envers le monde. De leur côté, les autres Armes tentent de se réunir pour agir alors que l'armée est déjà sur leur trace pour les éliminer. De son côté, Tom, l'un de ces premiers super-héros désormais à la retraite, découvre un terrible complot mené par Frank Blacksmith, le créateur de ces hommes augmentés.

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Croyez-le ou non, mais à 26 ans, je n'avais encore jamais lu de véritables comics. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque, mais plutôt la connaissance du sujet. Black Summer m'est tombé par hasard dans les mains et je me suis laissé tenté par ses graphismes hallucinants de détails et débordant de rythme. J'adore les super-héros, ce qu'ils représentent et surtout la capacité d'un peuple, la plupart du temps les américains, à croire en ces hommes et femmes dôtés de pouvoirs surpuissants capable de les protéger ou au contraire de les anéantir. Mais Black Summer prend à contrepied tout ce que l'on en attendait, avec une question très forte en suspens : peut-on tout faire sous prétexte de faire le bien ?

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L'histoire est riche en personnages sombres et touchants : Tom Noir, autrefois à la tête du groupe, est désormais un estropié qui se réfugie dans l'alcool pour oublier son glorieux passé et la disparition tragique de sa femme, Laura Torch, elle-aussi une Arme surpuissante. Il est accompagné de Dominic Atlas Hyde, un nerveux à la musculature impressionnante, Zoé Jump est sa capacité à se déplacer à une vitesse imbattable ou encore Angel One qui peut se déplacer dans les airs comme un ange. Sans oublier le plus troublant de tous : John Horus, capable de voir partout en même temps grâce à des dizaines d'yeux qui entourent son corps. Le plus troublant, c'est de voir que tous se détestent dans ce petit groupe. Les noms d'oiseaux et les critiques fusent tout au long de l'histoire. Si l'équipe sait s'unir pour protéger la veuve et l'orphelin ou se protéger les uns les autres, ils s'insultent comme une bande d'ados, conscients de leur mésentente mais devant faire avec.

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L'histoire quand à elle est profondément anti-américaine. Dès le départ, le président est assassiné par celui qui avait juré de servir le pays. Car ce gouvernement n'agit pas comme il devrait. John Horus accuse le gouvernement d'avoir fomenté les attentats du 11 septembre ainsi que la guerre en Irak pour leur seul profit. Avouez que pour un début, c'est costaud ! Et tout au long, on se pose la question : Horus a-t-il agit pour le bien ? Peut-on faire du mal sous prétexte que c'est pour le bien de tous ? Si ces faits sont fortement condamnés, il n'empêche que Warren Ellis appuie là où ça fait mal : le pouvoir des super-héros et leur vision du monde. Et s'ils prenaient le pouvoir, que se passerait-il ? Un scénario noir et qui va en s'amplifiant jusqu'à un final explosif et touchant.

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Visuellement, l'ensemble est somptueux ! Le jeu des couleurs chaudes ou froides permet de définir l'ambiance de chaque image selon les événements. Les explosions sont teintées d'orange tandis que le sang est d'un rouge très particulier, qui renforce l'impression de la violence des situations. Mais ce qui est impressionnants, c'est cette sensation de mouvements, souvent à grande vitesse. On ne cesse de bouger le regard à chaque planche. Tout ce détail enrichit de manière phénoménal la violence des éléments. Et ces traces de sang qui paraissent presque gouter d'une page à l'autre, gicler sur les mains du lecteur. L'ensemble est ponctué de magnifiques double-pages, pareille à un plan d'ensemble de cinéma, une manière d'arrêter le temps dans cet imbroglio de mouvements et de figer l'action pour la rendre encore plus grandiose à voir. De même que la répartition de chaque planche donne une espèce de montage cinématographique très parlant, avec des successions de vignettes à moindres mouvements et d'autres qui vont créer une forte ellipse. Enfin, on n'oublie pas dans tout cela les séquences en noir et blanc qui renvoient au passé des personnages.

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Mais l'ensemble a quelques défauts également. Si l'on passera sur le fait que ce comic ne s'adresse qu'à ceux qui ont une connaissance au moins général des événements de la culture américaine du début du XXIe siècle, les vignettes sont parfois difficiles à comprendre. C'est un peu à la manière de certains blockbusters, comme les films de Michael Bay, pour n'en citer qu'un, qui privilégient une sensation chez le lecteur par une succession de plans qui forment un tout, et qui n'auraient plus aucun sens si on les présentait seul. Ainsi il est parfois difficile de comprendre ce qui se passe dans l'action, non pas que cela empêche la lecture, mais la gêne quelque peu. Toutefois, il est facile de comprendre que ça chauffe pour nos super-héros et qu'ils sont mal en point.

Au final, Black Summer est un comic qui interroge et que je vous invite à découvrir rapidement.

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