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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Dans la lignée des Mérovingiens et des Carolingiens

Publié par Eska sur 21 Août 2010, 21:18pm

Catégories : #Histoire

Introduction : L'Histoire de France au rythme du Métronome

 

De Saint-Germain-des-Prés à Saint-Denis

VIIe et VIII siècle

 

18. Les Gisants de la Basilique Saint-Denis

(Article précédent : La Crypte de la Basilique Saint-Denis)

 

 


De retour dans la douce lumière qui imprègnent les colonnes de la basilique, je me suis retrouvé dans le transept sud, accueillant une quinzaine de gisants. Ces derniers sont  répartis selon les commandes, celle de Saint Louis et des Valois. Plusieurs grands noms apparaissent : Charles Martel, Clovis II, Philippe le Bel et Philippe le Hardi, Charles VI et Charles VII, Jeanne de Bourbon pour ses entrailles et Charles V, qui a lui même commandé son propre gisant, sont allongés côte à côte sur une dalle de marbre.

Basilique Saint-Denis (15)

Charles Martel (685-741)

(au fond à gauche)

Philippe IV le Bel (1268-1314)

(au fond à droite)

Clovis II (635-657)

(au milieu à gauche)

Philippe III le Hardi (1245-1285)

(au milieu  à droite)

Isabelle d'Aragon (1247-1271)

 

 

 

Basilique Saint-Denis (18)Je m'arrête un moment devant Bertrand du Guesclin, connétable de France de 1370 à 1380. J'observe un moment son bouclier et la qualité de l'emblême, un aigle héraldique à deux tête, symbole du Saint-Empire  à partir du XVe siècle. Quel délicatesse dans le croisement de lignes droites qui composent le corps de l'aigle. Il est en position de prière, les mains jointes vers le haut. Mais d'un seul, je me sens pris d'un certain malaise. Est-ce la représentation parfaite jusqu'aux moindres détails du visage ? Est-ce la position du corps ? Ou est-ce la corpulence de ce gisant, qui est sans doute à l'échelle 1:1 ? C'est un peu tout ça. En regarde ce corps, j'ai l'impression d'être devant un véritable corps humain, à peine mort.

Basilique Saint-Denis (19)

Bertrand du Guesclin (1320-1380) Connétable de France de 1370 à 1380.

 

C'est là toute la magie des gisants, ces "statues funéraires représentant un personnage allongé" comme l'indique le glossaire du dépliant, la plupart issu de commandes diverses en hommage à la présence de ces grands rois d'autrefois, inhumés sous la crypte et dont il ne restait rien de leur présence que l'Histoire elle-même. Tous ces personnages n'ont pas été enterrés à Saint-Denis, comme Clovis, Childebert ou Frédégons, transférés depuis Sainte-Geneviève et Saint-Germain-des-Prés au XIXe siècle.

 

Dans ce même transept est installé le tombeau de François Ier dans un grand mausolé où il gît avec sa femme et ses enfants.  Derrière un gros vase contient les entrailles de François Ier, et une colonne se dresse à côté, nous indiquant qu'il s'agissait d'un monument de coeur, celui de François II mais qui n'y est plus.

Basilique Saint-Denis (22)Basilique Saint-Denis (24)Basilique Saint-Denis (26)

 

 

Avant de passer de l'autre côté du transept, je m'arrête un instant devant l'entrée de la crypte. Sous l'escalier qui mène à la chapelle Saint Louis au-dessus, une grille est posée. A travers j'aperçois une autre grille, qui donne sur la chapelle des Princes (mais que l'on ne voit pas depuis la galerie). Cette pièce n'a pas de sol, du moins il n'est pas visible. A la base de cette grille, une échelle permet de descendre dans les profondeurs sombres de la basilique. En regardant bien, on distingue tout juste une entrée menant vers une destination inconnue. Une fois de plus, je stoppe dans son élan mon imagination débordante pour que l'Histoire ne devienne pas des histoires, du moins, pour le moment.

 

De l'autre côté de la nef, d'autres gisants. Louis VI le Gros, Robert II le Pieux, Louis X le Hutin, et d'autres moins connus, issus non plus de dirigeants mais de comtes, de femmes et d'enfants qui n'ont pas eu la chance de régner : Charles, comte d'Etampes, Marguerite de Flandres, fille de Philippe V, Marguerite d'Artois, Louis de France, Blanche de Navarre, Blanche de France, Charles Ier d'Anjou, autant de noms qui sonnent du style de la royauté mais qui n'en ont jamais été. En face, de l'autre côté des barrières, se tient le coffrage imposant du tombeau du roi Dagobert, premier roi à se faire inhumer dans ce qui n'était autrefois que l'abbaye Saint-Denis pour laquelle il avait tant oeuvré.

Basilique Saint-Denis (46)

Louis VI le Gros (1080-1137) Robert II le Pieux (970-1031)
Henri Ier (1008-1060) Constance d'Arles (984-1032)
Jean Ier dit le Posthume (1316) Louis X le Hutin (1289-1316)
Jeanne de France (1311-1349)  

 

Basilique Saint-Denis (58)

Basilique Saint-Denis (62)A leurs côtés se tient un autre

mausolé de taille imposante, celui de Louis XII, roi de France de 1498 à 1515 et sa femme, la reine Anne de Bretagne. En face, c'est Henri II et Catherine de Médicis, roi et reine de 1547 à 1559, qui reposent tous

les deux dans leur mausolé. Deux autres gisants d'eux se trouvent au-dessus, représentant leur effigie funéraire de cire lors de leur parade

mortuaire. Depuis les hauteurs, on peut voir d'autres gisants au pied du mausolé d'Henri II.

 

Nous arrivons enfin dans le chevet. Ici se tiennent les gisants de Clovis, de Childebert et la plaque de Frédégonde. Quelques autres gisants royaux, princiers et inconnues, ainsi que deux gisants métalliques, sont disposés de l'autre côté. Au centre du chevet, sur l'autel étincellant, sont disposés trois reliquaires renfermant quelques ossements de Saint Denis et de ses compagnons.

Basilique Saint-Denis (67)

Clovis Ier (465-511)

Frédégonde (545-597)

Clovis II (496-558)  

 

Enfin je termine par la chapelle Saint Louis dans laquelle se tiennent, en signe de prière, deux statues imposantes de Louis XVI et Marie-Antoinette, commandées par Louis XVIII alors qu'il faisait revenir leur cendres à la basilique. Une fois de plus leur corpulence me pousse au malaise tant la finesse de la sculpture est belle et précise. Sont-ils réellement disparus comme tous ces corps qui gisent les uns à côté des autres ? C'était là le travail des sculpteurs, artistes de la pierre et du marbre, d'en représenter des effigies "vivantes", symbole d'un passé glorieux dans l'Histoire de la France, d'un passé encore vivant au fil des siècles et pour l'éternité.

Basilique Saint-Denis (76)

 

 

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