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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Des débuts de la République à nos jours...

Publié par Eska sur 20 Novembre 2010, 11:29am

Catégories : #Histoire

 

Introduction : L'Histoire de France au rythme du Métronome

 

De République à Champs-Elysées-Clémenceau

XIXe et XXe siècle

 

39. Aux Champs Elysées

(Article précédent : La Place de la Concorde)

 

 

 

Champs Elysées (8)A l'évocation de cette place, il nous vient tous un air musical connu de la chanson populaire. Mais cet air ne se sifflote qu'en fonction du temps généralement. Ce jour-là il faisait gris et froid, pas tellement le goût de siffloter, je dois d'abord souffler dans mes mains. La première fois que je suis venu à Paris, j'ai remonté la ligne 1 du métro à pied de la Porte de Vincennes à l'Etoile. Je pensais m'arrêter Place de la Concorde, mais en voyant les Champs, je me suis résigné à continuer jusqu'au bout. Depuis ce jour, j'évite de "remonter" les Champs Elysées. Car il faut dire ce qui est : cette grande avenue est une sacré pente ! Aussi je commence par ne pas remonter l'avenue directement. Il faut dire que la section allant de la Place de la Concorde jusqu'à la station Champs-Elysées-Clémenceau est entouré de jardins, et généralement, quand on pense aux Champs, on pense aux grands magasins. Aussi je remonte par une rue parallèle, l'avenue Gabriel. Sur ma gauche, un théâtre signale son entrée par un grand masque de scène tandis qu'un peu plus loin le Studio Gabriel, là où se tourne l'émission Vivement Dimanche prochain, ne permet pas de croire ce qui se passe derrière ses murs. Champs Elysées (9)

 

De l'autre côté de la rue, une installation très contrôlée par des policiers, fait rentrer des gens au compte-goutte après fouille des sacs et compagnie. C'est l'Ambassade des Etats-Unis, légèrement cachée dans ce coin finalement peu fréquentée. En fait, si le touriste se compte ici sur les doigts d'une main, il en faudra plusieurs pour compter le nombre de policiers. Et c'est bien normal, à Paris, chaque ambassade est protégée par des "gardiens" des forces de l'ordre. En remontant, le dispositif de sécurité s'amplifie, et une fois de plus, c'est bien normale car nous arrivons derrière le Palais de l'Elysée, fermé par un grand portail noir arborant fièrement un coq au sommet. C'est ici que le Président gouverne le pays. On pourrait trouver cette sculpture ironique en se remémorant l'Histoire des rois de France : le Président de la République ne serait-il qu'un coq de plus qui se pavane dans la basse-cour française ?

 

En face, le carrefour est dédié aux héros des grandes guerres. Un plaque fleurie au nom de Jean Moulin et un peu plus loin, de l'autre côté de l'avenue, la statue de Clémenceau se dressant fièrement sur une pierre, tandis qu'en face de lui, le Général de Gaulle semble descendre les Champs Elysées à la reconquête de Paris dans un mouvement de marche vers l'avant, vers l'avenir, figé pour l'éternité.

Champs Elysées (12)Champs Elysées (13)

Champs Elysées (15)

 

Derrière eux se dressent quelques grands vestiges des expositions universelles du siècle dernier : le Petit Palais, faisant face au Grand Palais avec sa gigantesque verrière. Ils rappellent tout deux la puissance de cette époque du passé à l'aube du XXe siècle où la France était encore une pays puissant.

Champs Elysées (14)

 

Je continue mon chemin en remontant le long des cabanes en bois qui se construisent. Ici vont être exposés des produits du terroir et des autres pays : figurines, etoffes, spécialités culinaires suisses, allemandes, mexicaines. Dans l'un de ses abris, 3 grandes poêles d'autre moins 1 mètre de large attendent de mijoter des paëllas. Finalement, rien n'a changé depuis 20 siècles, et les marchands continuent de déambuler d'ailleurs pour venir présenter leur produit. Un peu plus haut, le Théâtre du Rond-Point et sa forme circulaire font un peu grise mine dans ce décor féérique qui se prépare.

 

 

Je continue mon ascencion jusqu'à l'Avenue Montaigne. Ici, beaucoup de chic, les magasins des grands couturiers se succèdent les uns après les autres, tandis qu'en face ce sont les hôtels de luxe avec leur portier prêt à accueillir le visiteur sortant de son taxi. Au bout de cet avenue, le Théâtre des Champs Elysées avec sa façade art déco qui en impose sur la rue.

Champs Elysées (18)

 

Au retour vers les Champs, un homme tente de me faire le coup de la bague en or, je lui ai fait un signe de refus du doigt sans même le regarder. La première fois, j'ai failli me faire avoir par une vieille dame, et tandis qu'elle m'avait donné la bague, je lui ai subrepticement replacé dans la main en la remerciant pour lui dire que je en pouvais pas accepter. A force maintenant je les repère à des kilomètres : le gars arrive et se baisse soudainement pour faire apparaître comme par magie une bague en or qu'il dit avoir trouvé sur le trottoir. De là, il demande si elle nous appartient et dit qu'il l'a trouvé et qu'il souhaite nous la donner, en insistant bien sur la petite gravure à l'intérieur stipulant que c'est de l'or. L'histoire serait touchante si elle se terminait là et que le passant repartait avec la bague, mais malheureusement, après quelques pas, le larron revient pour vous dire que ce serait bien de faire un geste envers lui. Après tout, vous allez vendre cette bague et vous faire de l'argent, donc comme il l'a trouvé, il a aussi droit à sa part. Les moins futés se font avoir, mais pour ceux qui ont pris la bague, autant leur redonner en leur disant avec un grand sourire qu'il n'ont qu'à la vendre et tout garder pour eux. Pour une fois, notre générosité nous sauvera. Bien sûr on trouve ces gens partout dans Paris, mais je vous le dis, il n'y a que la première fois qu'on se fait avoir, après on les reconnaît facilement, au point de leur dire non avant même qu'ils se baissent.

Champs Elysées (21)

Mais laissons de côté ces arnaques courantes au scénario qui change parfois, pour revenir sur la plus belle avenue du monde. C'est à partir de ce rond-point Franklin Roosevelt que les rangées de magasins commencent. A vrai dire, Deutsch dans son Métronome évoque dans ce chapitre la maison du peintre Pablo Picasso, son bateau-lavoir situé sur les hauteurs de Montmartre, et comment il disparu dans un incendie. Mais je ne vais pas repartir sur Montmartre simplement pour ça, une autre fois peut-être. Pour moi les Champs-Elysées se résument par de grandes enseignes : Virgin et Fnac (qui sont les lieux que je fréquente le plus ici), Vuitton et le Fouquet's (qui sont des lieux où je ne mettrais sans doute jamais les pieds) et les magasins des grandes marques automobiles : Renaud, Mercedes, etc que je prends plaisir à découvrir le soir pour les nombreux modèles exposés durant l'année.

 

Mais sur les Champs on trouve encore des façades remarquables : l'ancien hôtel de la Marquise de Païva qui date du Second Empire, plus haut la Maison de l'Alsace qui arbore de longues tentures jaunes ainsi que de beaux blasons sculptés dans la pierre. L'ancien Elysée-Palace qui s'étend sur plusieurs mètres, de même que celle de Publicis entièrement en verre, jusqu'à remonter vers l'Arc de Triomphe.

Champs Elysées (26)Champs Elysées (27)

 

La place de l'Etoile se nomme ainsi parce qu'une étoile est dessinée au sol par les nombreuses rues. D'en bas il n'est pas facile de la voir, mais en prenant de la hauteur, c'est possible, et pour cela il faut monter en haut de l'Arc de Triomphe. Oui, cet Arc se visite, avec beaucoup de marches à grimper, mais le panorama d'en haut, surtout le soir est magnifique. Mais cette fois, je n'ai pas le courage d'aller jusque là, je préfère rester au sol. Une fois sorti du passage souterrain, je me dirige au centre. D'un côté des plaques commémoratives rappelant les grands discours sont parcourus par quelques lecteurs.

 

Je fais le tour pour me retrouver face à cette tombe, celle du soldat inconnu. Une victime de la Première Guerre Mondiale, dont certains affirment qu'il pourrait s'agir d'un allemand, mais qu'à cela ne tienne, il reste un symbole pour la France, car à travers ce soldat mort au combat, aucun nom n'est cité, ce qui permet de rendre hommage à tous les autres. Aujourd'hui, sa flamme est belle.

Champs Elysées (29)

Je me retourne de nouveau vers l'avenue des Champs Elysées. Je dois ennuyer tous les touristes qui mitraillent à tout va mais tant pis, devant moi le XXe siècle a été marqué par les nombreux événements : l'arrivée des allemands, celle de De Gaulle, ou encore les défilés du 14 Juillet par les différents corps d'armées, et plus culturellement le Tour de France ou encore le Mondial 98. Il est difficile d'imaginer cette avenue noire de monde, et pourtant, pour en avoir un aperçu, il suffit de s'y rendre le soir du nouvel an pour avoir un aperçu, parfois assez catastrophique, de ce que cela peut être.

Champs Elysées (31)

On peut beaucoup critiquer cette avenue aussi. Plan Vigipirate oblige, la plus belle avenue du monde est aussi réputée pour être la plus sale, toutes les poubelles ayant été retirées pour des raisons de sécurité. Mais tous ces magasins de luxe, réservés à ceux qui en ont les moyens. Entre ces devantures et les personnes que l'on peut croiser dans leur manteau de fourrure, autant le dire simplement : ça pue le fric ! Et même si désormais la population est plus variée ici, il n'en reste pas moins que l'on éprouve une certaine fierté à parcourir cette avenue. Celle d'être au milieu des grands, d'être au centre du monde, ou du moins, d'être dans un lieu connu du monde entier. Mais il me reste un dernier siècle à parcourir donc je laisse mon égo nombriliste ici et je me retourne vers un autre lieu : La Défense.

 

Article suivant : L'esplanade de la Défense

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