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Culturellement indépendant


Harry Brown, un justicier anonyme

Publié par Eska sur 24 Janvier 2011, 10:20am

Catégories : #Cinéma

harry-brown.jpg

 

Harry Brown

 

Daniel Barber

 

2011

 

Harry Brown est un retraité qui vit dans un quartier très difficile de la banlieue de Londres. Ses journées se passent au chevet de sa femme dans un état végétatif et avec son ami Len à jouer aux échecs autour d'une pinte de bière. Mais Len commence à paniquer. Les violences se déchaînent rapidement dans le quartier, et le vieux monsieur ne supporte plus les agressions qui lui sont faîtes. Harry tente de les ignorer jusqu'à ce qu'on lui apprenne la mort de Len. Ancien Marines, Harry décide de plonger au coeur de cette violence pour venger son ami.

 

J'adore Michael Caine que j'ai surtout découvert dans ses seconds rôles, allant de Miss Détective (Donald Petrie, 2000) à Batman Begins (Christopher Nolan, 2004), ou encore The Weather Man (Gore Verbinski, 2004), et je trouve qu'à chaque fois il relève fortement le niveau rien que par sa présence. Il en impose en tant que personnage, mais aussi en tant qu'homme, et cela se sent véritablement à l'écran. Aussi, j'ai été ravi de le voir dans un premier rôle comme celui-là. Pourtant au départ, le vieil homme n'en impose que parce qu'il est méticuleux, comme beaucoup de personnes de son âge : un costume sans pli, aucune affaire ne traîne, bref, une vie bien rangée.

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Très vite on découvre son quotidien. Sa femme est mourrante, sa fille est décédée à l'âge de 13 ans, et son ami ne supporte plus la vie du quartier. Ce qu'on apprend au fur et à mesure, c'est que derrière ce visage de retraité se cache une part sombre, celui du Marines. Un verre en trop et un mauvais geste vont le confronter à ce qu'il cherche à éviter : une agression. Dès lors, Harry découvre qu'il possède encore quelques facultés d'autodéfense, et va les utiliser pour retrouver ceux qui ont violemment agressé son ami.

 

Détrompez-vous, Harry n'est pas un super-héros à la Bruce Willis, il n'a plus rien de l'agilité d'un soldat de 20 ans, et c'est justement toute la force et la beauté de ce personnage. Harry reste humain, avec les limites physiques propres à son âge, ce qui le conduira à des situations où le pauvre homme manque bien souvent d'y rester. Mais Harry n'est pas le seul personnage à être vrai, le personnage Stretch est une véritable perle ! Interprété très brillamment par Sean Harris, l'acteur ne lésine pas sur le malaise que doit apporter son rôle de trafiquant. Je le classe dans ces seconds rôles les plus sombres du cinéma. Les amateurs du genre thriller aimeront justement voir un personnage aussi crédible, loin de ce que l'on peut imaginer.

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Tout au long du film, on se pose une question : pourquoi autant de violence ? Et surtout autant de violence gratuite ? Bien sûr, l'idée n'est pas nouvelle, on se souvient d'Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971) qui mettait également en avant des jeunes pronant l'ultime violence. Et sans faire de comparaison, il suffit de fréquenter certains jeunes d'aujourd'hui qui ont besoin de se confronter au monde par la violence, et qui prennent eux-mêmes du plaisir à voir ce que cela provoque. Le film dénonce cette violence quotidienne, ce qu'elle engendre, mais n'invite pas pour autant à pratiquer l'autodéfense, même si l'on sait que ce serait une réponse favorable dans certains cas...

 

Au final, Harry Brown est un film comme on les aime : vrai ! Dommage qu'il n'ait pas plus fait parler de lui en France, car pour une première réalisation, c'est une réussite !

 

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