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EskaWorld

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Culturellement indépendant


I'm here, une love story robotique...

Publié par Eska sur 25 Avril 2010, 08:56am

Catégories : #Cinéma

i-m-here.jpgI'm here

Spike Jonze

(2009)

 

Redirigé depuis un blog d'actu du buzz Internet, j'ai découvert ce court-métrage de 30 minutes de Spike Jonze, présenté au Festival de Sundance (le festival américain du film indépendant). L'histoire est touchante, Francesca et Sheldon, deux robots de style opposé se rencontrent et tombent amoureux l'un de l'autre. Mais au cours de ses activités animées, Francesca se retrouve de plus en plus abîmée. Sheldon se donne alors à elle corps et âme.

 

On pourrait se demander comment il est possible de concevoir un amour entre 2 robots. On se souvient encore de Maria (Metropolis, Fritz Lang, 1927), du robot protecteur Gort (Le jour où la terre s'arrêta, Robert Wise, 1952), de l'oeil unique et froid de HAL9000 (2001 : l'odyssée de l'espace, Stanley Kubrick, 1968), des droïdes de protocole type C3PO et son ami astromecano R2D2 (Star Wars, Georges Lucas, 1977) avec tout ceux qui les accompagnent destinés à accomplir des tâches et à servir les humains; on se souvient également des replicants, tel que Roy, qui prennent conscience de leur mort dans Blade Runner (Ridley Scott, 1982), des robots destructeurs de Terminator (James Cameron, 1984) ou encore des robots révolutionnaires de I, robot (Alex Proyas, 2003). Tous ne sont assignés qu'à des tâches mécaniques, et si certains d'entre eux se démarquent par leur attachement ou leur conscience d'être, ils sont loin d'éprouver les sentiments purement humains exprimés dans ce film.

 

Bien sûr, ce ne sont pas les premiers robots doués d'amour, mais on est loin d'expression sentimentale mécanique de David (A.I., Intelligence Artificielle, Steven Spielberg, 2001) ou de la version rocambolesque de Wall-E (Andrew Stanton, 2008). I'm here ne s'expose pas de la même façon, jouant davantage sur le rapport de proximité, de désir et d'angoisse, usant parfois de quelques clichés sans que cela soit gênant, d'autant que le film n'use n'use pas de l'humour enfantin de Wall-E, ni de la dramatisation de A.I. In telligence Artificielle.

 

Pourtant I'm here est un film dur, triste est touchant à la fois. il nous montre la résurrection d'un personnage qui découvre la joie d'aimer, mais aussi l'angoisse et les responsabilités que cela implique. Sheldon se sacrifie entièrement pour Francesca qui découvre que quelqu'un peut l'aimer véritablement. La scène finale est magnifique, donnant l'impression que Francesca tient un nouveau-né dans ses bras. Comment cela est-il possible, je préfère vous laisser découvrir le film pour comprendre. De même que la manière dont le réalisateur conçoit un rapport sexuel entre les robots, qui est d'une logique presque imparable, mais une fois de plus, la scène est si touchante que l'on se laisse aisément tromper.

 

La photo également est de toute beauté, nous plongeant dans l'intimité des personnages et d'un Los Angeles où la froideur robotique devient plus chaude au fur et à mesure qu'elle s'humanise. La musique est également belle, et on se plairait presque à regarder de nouveau le film rien que pour l'écouter. La réalisation de Spike Jonze tombe dans les classiques du genre, mais les effets spéciaux, simples et efficace, nous permettent de ressentir pleinement les émotions du réalisateur.

 

Enfin, arrêtons-nous sur le site http://www.imheremovie.com/ sur lequel le film est visible. Un site vraiment bien foutu. Vous arrivez devant une devanture d'un cinéma type américain (qui affichera le jour ou le nuit selon l'heure à laquelle vous vous connectez). Passage au guichet et possibilité de voir le film, soit directement, soit en se connectant via Facebook. Cette solution a un petit plus, une fois connecté, vous recevez un badge, avec votre nom et votre photo de profil, et vous regagnez la salle. De là, vous apercevez des gens déjà installés, dont la tête est cachée, mais que vous pouvez identifié grâce à leur badge. Le film commence et au moment de la sortie, vous passez devant un mur qui vous permet de voir les photos de ceux qui ont vu le film, pareil à un badge de page Facebook, mais avec un design nettement plus sympa. Je vous conseille de faire l'expérience Facebook si vous le pouvez, cela montre à quel point la vie numérique devient de plus en plus proche et réaliste de la vie physique. (Il ne manque plus que le buffet où les spectateurs peuvent discuter du film, toujours face cachée, et identifié grâce à leur badge).

 

Au final, un petit court-métrage très sympa, visible par les enfants et qui donne à réfléchir sur ce que représente l'amour. I'm here : je suis là. Je suis avec toi, je partage ce que je possède et nous ne faisons plus qu'un. A voir donc, et pour vous mettre en condition, je vous offre deux petits cadeaux : une INTERVIEW de Spike Jonze sur le court-métrage et la bande-annonce. ;-)

 

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jérémiah 25/04/2010 11:46


peut-être devrais-tu lire, ou citer, l'approche faite sur la machine dans la saga littéraire Hyperion de Dan Simmons...


Eska 25/04/2010 15:49



Les robots dans la littérature ne sont pas ma spécialité, je sais que Philip K. Dick s'en servait beaucoup (un certain spécialiste pourra nous en dire plus s'il passe par-là ^^), je sais que
Asimov a établi les règles de conduite des robots mais pour ce qui est de Dan Simmons, je te laisse champ libre pour en parler ;)



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