Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

EskaWorld

EskaWorld

Culturellement indépendant


Incassable ou le mythe du super-héros

Publié par Eska sur 1 Mai 2010, 16:14pm

Catégories : #Cinéma

incassable.jpgIncassable

(Unbreakable)

 

M. Night Shyamalan

 

(2000)

 

David Dunn est le seul respacé d'un accident de train. Le miracle est d'autant plus grand qu'il n'a aucune égratignure. Peu de temps après cet événement, il fait la connaissance d'Elijah, un passionné de comic books atteind de la maladie des os de verre. Ce dernier insiste pour que David se rende compte de son état en le mettant sur la piste de ses précédents accidents et maladie.David découvre alors que sa force, sa résistance et une particularité à percevoir des événements passés font de lui un être hors du commun.

 

Voilà un film qui me procure toujours la même sensation à chaque fois que je le vois. Pourtant la première fois, je l'avais détesté. Etant allé le voir au cinéma après avoir découvert le talent de Night Shyamalan dans Sixième Sens (1998), je m'étais dit que ça devait être du lourd, et pi sur le coup, je suis resté perplexe quand à la finesse du scénario et de la réalisation, et puis je n'avais guère accroché sur le rapport avec les comics.

 

En fait, quand je regarde ce film, c'est uniquement pour les scènes finales : David s'étant souvenu qu'il n'avait jamais été réellement blessé au cours de sa vie, il accepte sa condition et se rend dans une gare. De là, il découvrire le passé de certains individus qu'il frôle et suit ce qui semble être un assassin. S'ensuit une merveilleuse scène où il affronte sa faiblesse et cet étrange individu, faisant de lui un véritable héros. Cette acceptation, il la partage avec son fils lors d'une scène émouvante et silencieuse au petit déjeuner.

 

La scène de la maison est vraiment riche, Shyamalan prenant le partie d'habiller David de son ciré d'agent de sécurité, lequel fait office de cape, couvrant le visage de David par la même occasion. Cela fait de David un héros sans visage, sans identité, un héros auquel on peut tous s'identifier. L'image du super-héros et non d'un super-héros en particulier. Et puis l'esthétique de l'image, avec des noirs très intenses, qui donne plus l'impression d'être face à un abyme plutôt qu'à une surface tout au long du film. La teinte bleutée entourant le personnage, s'opposant comme il se doit à l'uniforme orange flashy du tueur, donne l'impression d'un vrai combat de titans, bien loin de l'imagerie des blockbusters traditionnelles.

 

Pour le reste de la réalisation, je la trouve assez molle. Lente, trop lente, d'autant que cette lenteur n'était pas nécessaire. Et puis Shymalan aurait pu s'amuser davantage avec les clichés du genre plutôt que de chercher à s'en démarquer à tout prix pour imposer des cadres typique des comic books. Côté scénario, comme je le disais, je doute parfois de sa finesse, Shyamaln nous prenant abusant souvent de trames farfelues au point de nous prendre pour des idiots après nous avoir magnifiquement dupé avec Sixième Sens. Ici un retournement de situation final mais qui ne valait pas autant de mystère, c'est davantage cette chute qui bâcle le film plutôt que le reste.

 

Dans tous les cas, je continue à penser que ce film est l'un des plus beaux du réalisateur, ainsi que son meilleur, et je vous invite à le découvrir si ce n'est déjà fait. J'espère en tout cas que le mythe du super-héros sera de nouveau utilisé de cette manière, parfois plus riches que les grosses productions qui se posent rarement la question sur la véritable psychologie du héros, sa manière de le devenir, de l'accepter et de s'utiliser.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents