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Culturellement indépendant


Independence Day, la mondialisation en marche

Publié par Eska sur 11 Novembre 2010, 12:05pm

Catégories : #Cinéma

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Independence Day

 

Roland Emmerich

 

1996

 

 

Voilà l'un des films que je regretterais sans doute toute ma vie de ne pas avoir vu au cinéma, d'autant qu'à 11 ans, on ne fait pas toujours ce qu'on veut, mais ma mère aura eu beau essayer, elle ne m'aura pas empêché de passer à côté de ce film majeur du genre. Et cela fait maintenant 12 ans que je ne me lasse plus de le regarder.

C'est l'invasion ! De nombreuses soucoupes volantes s'introduisent dans le ciel et prennent position à des endroits stratégiques afin de mener une attaque de grande envergure sur la planète, réduisant à néant les plus grandes villes du monde afin d'anéantir la race humaine. Mais les Etats-Unis sont là et refusent de se laisser faire. Alors qu'il peine à prendre les décisions tout seul, le président peut compter sur David, informaticien, qui sait comment parvenir à bout de ces méchants petits hommes verts.
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Bon, ok, je l'admets, mon résumé est nul, mais qu'à cela ne tienne, le scénario, bien que travaillé dans les règles, tient sur une allumette : des extraterrestres envahissent la terre. Après, comme c'est souvent le cas dans les films de Roland Emmerich, on s'attache à explorer le quotidien de quelques personnes durant ces événements. Ici le couple du capitaine Heller, David et son père, la famille Casse et enfin l'entourage du président. Militaire, scientifique, nomades et politiciens, autant dire qu'il faut réunir tous les niveaux de la société pour explorer au mieux les événements.

Et les événements, il s'agit de l'invasion extraterrestre qui est certainement l'une des plus spectaculaires, et des plus crédibles ai-je envie de dire, qui soit au cinéma. En effet, les vaisseaux ont gardé leur aspect de soucoupe volante, mais loin d'être de petits engins, il s'agit ici de vaisseaux gigantesques qui déferlent sur le monde, armés d'un canon surpuissant et dôtés d'un blindage inattaquable, ces vaisseaux peuvent cracher une floppée de petits vaisseaux pour se défendre contre les chasseurs de l'armée. Autant dire qu'il s'agit d'un véritable film de guerre entre américains et extraterrestres.
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Les effets spéciaux sont grandioses, du moins pour la fin du siècle dernier. Je me rappelle qu'à l'époque c'était THE grand film à gros budget dôté des meilleurs effets spéciaux, bien vite dépassé par la suite, et pour être aujourd'hui un film risible à côté de productions plus récentes du genre comme La Guerre des Mondes ( Steven Spielberg, 2005) ou encore plus récemment Le Jour où la Terre s'arrêta (Scott Derrickson, 2008). Maintenant on sent les défauts et surtout on reconnaît les trucages de l'image, bien que la scène culte du film, l'explosion de la maison blanche, reste une scène d'anthologie parfaitement réussie.

Ce film a eu un énorme succès en surfant sur la vague OVNI-extraterrestre de la fin du siècle. En effet, alors que la série X Files faisait un carton ou encore que l'extraterrestre Roswell faisait parler de lui grâce à une vidéo d'autopsie, autant dire que le sujet préoccupait pas mal de personnes. D'autant que les rumeurs allaient bon train concernant les prédictions d'une invasion pour la fin du siècle. Et ce film reprend toutes ces histoires, si chères au peuple américain, intégrant cette fameuse affaire de Roswell (récupération d'un vaisseau et de corps extraterrestres par l'armée, cachés depuis 50 ans dans la Zone 51, une base secrète du désert du désert du Nevada), mais aussi les cas de victimes d'enlèvement extraterrestres, considéré comme des fous pour leur entourage. On retrouve aussi les cas de gens fascinés et confiants, comme ceux désespérés et enragés. Il ne manque plus que les implants pour que le tableau soit complet.
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Et à côté de tous ces référents réels, voilà que Roland Emmerich, grand fan du genre, nous rajoute de nombreux clins d'oeils et autres références à des films du genre : E.T. à qui Hiller veut botter les fesses, 2001 : A Space Odyssey (Stanley Kubrick, 1968) lorsque David ouvre son ordinateur et sur lequel apparaît l'oeil-objectif rougeoyant de Hal 9000 le saluant par un célèbre "Hello Dav'". Alors que les vaisseaux ressemblent quelque peu à ceux de La Guerre des Mondes de Byron Haskin (1954). Ou encore des références à Star Wars, Dune ou  la saga Alien, et sans doutes d'autres que j'oublie ou que je n'ai pas repéré.

Un constat que je trouve important de citer également, la manière dont on parvient à se débarrasser des extraterrestres. En 1996, Internet commençait de plus en plus à investir les foyers, mais on était loin des possibilités actuelles. Windows 98 n'existait pas encore, il ne faut pas l'oublier... Et voilà que l'on parle déjà de piratage et de virus. Et c'est grâce à un simple virus informatique que David destabilise le système extraterrestre. Ce que redoute le plus le monde aujourd'hui presqu'autant qu'une pandémie, c'est bien un virus informatique. Il ne faut pas oublier que 5 ans plus tôt, la guerre faisait rage en Irak et qu'elle était placée sous le signe de la technologie. Et il n'est donc pas innocent si l'on retrouve ici la technologie informatique comme une arme redoutable. La fiction en avance sur la réalité ?
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Bon, vous avez compris, j'adore ce film qui a de l'énergie à revendre et qui traite un sujet qui m'a toujours passionné. Mais je ne ferme pas les yeux sur les gros gros gros défauts de ce film, comme bon nombre des grosses productions de Emmerich, pour ne pas dire productions américaines. La principale critique que l'on pourrait faire sur ce film serait son égocentrisme. En effet, on pourrait croire que seuls les américains comptent et qu'eux seuls ont les capacités à défendre le monde, tant et si bien que toutes les nations qui ont été leurs ennemis répondent à leur appel pour sauver la terre de l'invasion. Ils ont la force, ils ont l'intelligence et ils ont un président qui n'hésitent pas à reprendre lui-même les armes pour défendre son pays. Rien que le titre et le symbole, répété dans un discours épique, pareil à un roi à ses guerriers avant la bataille, qui désigne le jour de l'indépendance des Etats-Unis et qui va devenir après ça le jour où le monde a sauvé la planète. C'est malheureusement trop souvent le cas de ce genre de film qui expose la fierté américaine et font de ce film un pur fantasme de la réalité.

Petite note rapide sur l'édition DVD qui présente uniquement la version longue, ce qui n'était pas le cas de la version cinéma, décliné par la suite en VHS. Mais comprenez bien que si on ne décline pas le film dans ses 2 versions, c'est bien qu'on se moque des 9 minutes qui ont été rajoutées et qui n'apportent absolument rien au film, si ce ne sont des "bizzareries sociales".
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Au final, Independence Day est critiquable à bien des égards, mais comme beaucoup de films, il faut le prendre pour ce qu'il est et l'apprécier à sa juste valeur : un bon film de SF bourrin des années 90 ! Et j'en redemande !

 

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