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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, le dernier coup de fouet

Publié par Eska sur 6 Septembre 2010, 20:29pm

Catégories : #Cinéma

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Indiana Jones et le Royaume

du Crâne de Cristal

(Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull)

 

Steven Spielberg

 

2008

 

Là j'avoue que je joue la facilité car je vais vous ressortir mon pamphlet très critique au sujet de ce 4e épisode lors de sa sortie et qui n'a pas changé : ça pue toujours autant le studio. Allez, sauvons deux plans cultissimes tout de même : la première apparition d'Indiana Jones, son ombre reconnaissable de se dessinant sur la portière décorée d'une étoile, symbole de son prestige : celui d'un héros de cinéma, l'ombre n'est-elle pas une projection sur un écran ?, et sa même silhouette se dessinant cette fois-ci devant une champignon atomique.

 

On l'attendait depuis longtemps, le seul, l'unique, celui qui m'a tant fait rêver durant mes années d'enfance avec sa dégaine, son cuir usé, son fouet claquant, et ses situations hors du commun, le personnage qui m'avait poussé à l'époque à vouloir devenir un archéologue comme lui, celui qui a assouvi ma soif d'aventure tout en redonnant ses lettres de noblesses au genre dans les années 80, il s'agit bien sûr d'Indiana Jones et je ne pouvais qu'acourir pour voir ce dernier opus qui semblait assez prometteur, malheureusement, son retour ne fut pas à la hauteur de mes espérances...

Capturé par les soviétiques pour mettre la main sur une étrange boîte, Indiana Jones parvient à s'enfuir et à rejoindre tant bien que mal sa salle de classe. Mais considéré comme un espion par le FBI, il perd son travail et se retouve poursuivi par des agents du KGB. Mutt, un jeune garçon téméraire, lui demande de partir à la recherche de son mentor, le professeur Uxley, tout en reprenant les recherches de ce dernier sur un mystérieux crâne de cristal les conduisant à la fabuleuse cité d'Akator. Mais poursuivi par les soviétiques, la petite équipe n'est pas au bout de ses surprises.
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J'attendais beaucoup de ce film. Beaucoup car il s'agissait d'un personnage unique et mythique du cinéma mais aussi parce que Spielberg a toujours fait partie de mes réalisateurs fétiches. Dès le début j'ai senti que ça ne passerait pas pour la simple et bonne raison que film, même s'il possède la touche Spielberg, ne possède plus l'atmosphère d'Indiana Jones que nous avons connu dans les années 80. A commencer par ce qu'est devenu le personnage. En effet, Les Aventuriers de l'Arche Perdue (Steven Spielberg, 1981) nous présentait un professeur d'archéologie, chercheur et homme d'action, se voir méprisé par des agents du FBI, ne le considérant pas à la hauteur de la situation compte tenu de sa dégaine. Ici on retrouve le mépris de ces mêmes agents à la différence que notre personnage a un tout autre sens politique. Loin de n'être qu'un simple prof, on apprend de lui qu'il fut agent dans les services secrets durant la 2e Guerre Mondiale. Et c'est cette influence qui a donné un caractère trop politique au personnage, caractère souvent rappelé, alors qu'on s'en était très bien passé dès les films précédents, ce qui en faisait alors un personnage presque universel.

Le scénario quand à lui prend une tournure à la James Bond, le film mettant directement le héros dans les mains de ses ennemis qui le poursuivront tout au long de l'aventure. Je trouve dommage que l'on perde ainsi une introduction décalée par rapport au reste du film, même si les scénaristes n'ont pas hésité à le mettre dans une situation plus qu'extrême dont Indy ressortira sans une seule égratignure. La suite du scénario est inégale. Parfois on se lance dans de bonnes séquences d'action que Spielberg sait encore parfaitement bien filmer pour que le spectateur ne perde pas le fil de l'action, mais parfois on se retrouve avec des séquences beaucoup plus longues et des obstacles souvent inutiles, d'autant qu'il n'était pas nécessaire de nous offrir autant d'explications sur un sujet avec lequel les scénaristes ont pris une certaine liberté pour nous offrir un mix de la réalité des faits. Notons que le sujet qui leur pend au nez n'est jamais explicitement nommé : celui des extraterrestres. On parle "d'êtres interdimensionnels", on annonce même que Jones a été mêlé au complot du gouvernement à Roswell en 47, mais jamais on n'entend prononcer le mot "extraterrestre", à croire qu'ils ont peur de perdre toute crédibilité avec ça...
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Ce que l'on ressent aussi à travers le scénario, c'est, non seulement qu'il soit passé de mains en mains, trop souvent chamboulé et remanié et victime d'incohérences, notamment celle où Indiana dit avoir vu un crâne de cristal au British Museum ou évoquant brièvement celui de Mitchell Hedges alors qu'il possède le dernier vraisemblablement pour tous les réunir ; mais aussi la présence incontestable de George Lucas et de son univers. Ainsi, cet Indiana Jones se retrouve beaucoup trop mélangé à l'univers de Star Wars et à la manipulation des images numériques. Dès le début, on assiste à une course de voiture entre une bande de jeunes des années 50 et un convoi de l'armée, folle jeunesse que Lucas a déjà mis en scène dans son excellent American Graffiti (1973) dans les années 70. De même que l'on retrouve un passage clin d'oeil à Star Wars Episode III La revanche des Sith (2004), montrant le jeune Mutt traversant la forêt de liane en liane, suivi d'une horde de singes qui savent déjà qui est l'ennemi du jeune garçon. Bien qu'il est connu que Spielberg s'amusait à faire des clins d'oeil à Lucas dans la trilogie, ici, on ressent beaucoup trop la touche de Lucas sur l'histoire. Et cela jusque dans l'affiche de Drew Struzan, qui ressemble plus que tout aux affiches des 2 trilogies Star Wars. D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie à l'excellent article  L'aventure à l'affiche de Philtomb.

Un autre phénomène parmi les plus décevant du film je trouve, et que j'avais pressenti dès la bande-annonce, c'est l'emploi des effets numériques. Ce n'est pas parce qu'ILM est la compagnie la plus chère qu'elle est forcément la meilleure. Et Spielberg semble succomber à ce défaut depuis le début du siècle. Alors qu'il est lui-même présenté comme un réalisateur qui continue de tourner à l'ancienne avec des animatronics plutôt que des effets numériques, on se souvient de son majestueux T-Rex dans Jurassic Park, ici rien ne va plus. Les arrières-plans deviennent complètement faux, l'éclairage studio se fait énormément ressentir dans la première scène. La course-poursuite dans la jungle est certainement la pire, les hautes herbes étant elles-même réalisées en effets numériques.
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De même qu'il est coutume dans Indiana Jones de faire une séquence avec des animaux, on se souvient des serpents, parmi lesquels on peut s'amuser à distinguer les vrais des simples bouts de tuyaux d'arrosage, on se souvient des insectes dans la grotte du palais de Pan Khot qui ne sont pas "des gâteaux secs" ou encore des énormes rats noirs grouillant dans les égoûts de Venise, ici il s'agit de fourmis rouges énormes et voraces, qui se déplacent par vague et réduisent à néant tout ce qu'elle peuvent trouver. Seulement ici, on nous offre des fourmis entièrement numériques, dont l'effet se voit à des kilomètres et qui grimpent sans difficultés le long d'une jambe.
*Afin de faire cesser quelques critiques que j'ai pu lire sur Allociné concernant ce passage, j'invite de nombreuses personnes à regarder plus souvent les chaînes animalières ou encore l'excellent docu-fiction La Citadelle Assiégée, afin de savoir que les fourmis sont effectivement capables de se faire la courte échelle, pour grimper sur des parois, traverser des cours d'eau ou encore attaquer un animal. Car j'ai pu lire que pour certains, cela était complètement inventé, ce qui n'est pas le cas* Même avec des images numériques, Spielberg parvient à restituer la réalité de certaines choses.

Toujours dans les habitudes de la saga, on retrouve aussi le célèbre combat opposant Indy à la brute de service, grand et costaud, non joué cette fois-ci par Pat Roach décédé en 2004, lequel avait interprété ce rôle de brute dans les 2 premiers épisodes, mais par Igor Jijikine. Comme de coutume, ce combat se déroule dans un environnement dangereux dont l'un ou l'autre peut-être happé à tout moment, ici au milieu des vagues de fourmis, et comme d'habitude, ce combat devient un combat d'endurance et de ruse, le vaincu étant battu par le danger environnant.
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Par la suite, on retrouve un certain clin d'oeil au Temple Maudit (1984) avec les chutes, d'eau, on retrouve aussi des obstacles trop fantastiques et inutiles comme ces gardiens Mayas, et surtout on retrouve un final complètement fantastique à l'image des précédents opus, mais peut-être trop fantastique pour être crédible. Pourtant j'adore ce genre d'histoire mais ici, je trouve que cela n'a rien à faire dans l'univers d'Indiana Jones. Ce film serait sorti en 98, il aurait certainement battu des records d'audience et aurait été au goût du jour alors qu'aujourd'hui il semble totzalement dépassé. La dernière séquence quand à elle est une bonne fin pour l'ensemble de la série, tout en restant ouverte pour la suite des aventures probables. J'avoue avoir pensé "Sacrilège !!!" lorsque Mutt ramasse le chapeau d'Indy pour le mettre sur sa tête, mais ce dernier le récupère au dernier moment, ne laissant pas le temps au jeune homme de prendre le flambeau de ce héros hors du commun.

Une dernière note concernant le jeu des acteurs, alors que celui d'Harrison Ford reste égal à son personnage, tout le monde s'attendait à voir un "papy-Indy" qui n'avait plus toute sa forme, ce qui est plus ou moins le cas, lorsque l'on voit les gags cocasses et moqueurs mais tout cela est contrebalancé par les cascades, Indy n'ayant en réalité rien perdu de sa jeunesse, ce dernier film étant même celui qui possède le plus d'action et de cascades hallucinantes contrairement aux trois autres. Cate Blanchett est un peu décevante, possédant un personnage froid mais trop détaché, trop caricaturé pour lui donner du poids. Karen Allen, qui reprend le rôle de Marion Ravenwood après 27 ans, reste la même qu'autrefois, même si l'on a l'impression qu'elle a passé sa vie à courrir après Indy et qu'elle passe pour une hystérique lors des scènes de disputes, cela ne lui donnant pas un rôle aussi intéressant qu'autrefois, à dire vrai dans ces moments-là, on se croirait dans de basses comédies américaines.
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John Hurt est véritablement un petit bijou, nous offrant un personnage fou et mystérieux, il est certainement l'un des plus intéressant de cette aventure même s'il est trop peu mis en avant. Ray Winstone ne se surpasse pas énormément, quand à Shia Labeouf, j'appréhendais son personnage comme c'est souvent le cas lorsqu'un jeune devient la nouvelle coqueluche d'Hollywood, sentiment qui ne s'est pas arrangé après que j'ai pu voir Transformers (Michael Bay, 2007), mais faisant confiance à Spielberg, je me suis dit "pourquoi pas..." Même s'il aura certainement beaucoup appris avec ce film, son rôle clin d'oeil à celui de Marlon Brando dans L'équipée Sauvage (Laszlo Benedek, 1953), m'est apparu tout aussi agaçant mais avec une certaine retenue.

C'est ainsi que l'on retrouve les éléments qui ont fait de cette saga un culte, mais la mayonnaise ne prend pas toujours, tout dépend de la manière dont on appréhende le personnage. Je suis pourtant convaincu que mon prochain visionnage, qui sera certainement en DVD accompagné des nombreux bonus, me fera crier au génie de Spielberg et à la puissance de ce 4e film car il n'est pas complètement à jeter, même si certaines choses continueront de me décevoir. Ce que j'appréciais notamment c'était la crédibilité des scènes, notamment les scènes d'action, crédibles car détaillées et souvent réalisées lors du tournage avec cascadeurs ou maquettes animées en stop motion, mais ici, sous ce déluge d'effets numériques trop visibles, il est difficiles d'y croire avec autant de force. Même la musique de John Williams qui retrouve ses notes entraînantes n'a pas réussi à m'emballer autant que je l'aurais espéré.

Au final, je me suis ennuyé durant la projection de ce film au scénario en retard de 10 ans, aux gags pas toujours drôles et face à un personnage qui a subitement évolué au point de perdre son universalité. A vouloir faire plus fort que les précédents, Spielberg et ses copains en ont trop fait. Génial pour certains, dommage pour les autres. A vous de vous faire votre propre opinion...

 

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bobafettyann 09/11/2010 16:20


Encore une faute de frappe: ERRATUM, lire le moins bon des 4.(zut...)


bobafettyann 09/11/2010 10:51


Bon, ce film est le le moins bon des trois: d'accord. C'était un film attendu comme le Messie. Faire du neuf avec du vieux, renouer avec un genre moribond, des effets numériques qui ne sont pas
toujours les bienvenus. Les années 50 ne sont plus les années 30, comme les années 2000 ne sont pas les années 80. On ressort du visionnage avec un sentiment d'innachevé, comme s'il manquait des
ingrédients qui faisaient la subtile alchimie des trois premiers opus. Certaines scènes sont profondément ridicules, comme la poursuite en liane avec les primates ou le combat d'escrime entre deux
jeeps, elles flinguent le film...Le climat est celui de la guerre froide, c'est une époque propice aux films d'espionnage mais pas aux films d'aventure. Les références aux mystères en vogue dans
les année 50 y sont clairement citées: Les extraterrestres (adieu la confrontation avec le Divin)...Le scenario semble être inspiré de la décriée, avangardiste, mais au demeurant excellente revue
Planète, ou de la série de la collection de livres J'ai Lu, à couvertures rouges sur le paranormal. Même si le film flirte avec l'autoparodie, il est loin d'être une bouse intergalactique comme
certains le disent avec férocité...
Le film est inégal, certes, mais plaisant et il reste un divertissement.
Il manque une certaine violence qui faisait parfois d'indy un personnage ambigu, lorqu'il expédiait des dizaines de méchants dans la mort...
C'est un film plein de nostalgie et de tristesse sur un personnage vieillisant... C'est un film sur ce ce qui était et qui ne sera plus... C'est comme si notre vieux pote Indy nous disait: "Salut
les gars, je reviens pour une ultime aventure un peu bancale, et je quitte la scène, adieu, je laisse mon chapeau et mon fouet sur les planches..." Alors adieu Indy et merci mon ami...


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