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Jesse James, le brigand bien-aimé, l'odyssée téméraire d'un bandit solidaire

Publié par Eska sur 21 Janvier 2011, 16:17pm

Catégories : #Cinéma

jesse-james.jpg

 

Jesse James, le brigand bien-aimé

 

Henry King

 

1939

 

La compagnie de chemin de fer s'empare des terres des fermiers pour des sommes plus que dérisoires, n'hésitant pas à user de la force à ceux qui s'opposeraient à eux. Mais lorsqu'ils arrivent au ranch de la famille James, les 2 frères les mettent en fuite. Ils décident alors de revenir pour les arrêter, tuant malencontreusement la mère de Frank et Jesse. Ces derniers vont alors faire leur propre justice en s'attaquant aux trains de la compagnie. Mais la situation de hors-la-loi ne convient plus à la femme de Jesse.

 

Je me rappelle la chanson que l'on nous avait apprise au collège : The Ballad of Jesse James (La légende de Jesse James). Un bon moyen de retenir l'histoire puisque je savais que Jesse James était un bandit qui avait été tué d'une balle dans le dos par Robert Ford. Mais les circonstances n'étaient pas précisé. Mais comme le disait la chanson "la légende de Jesse était née". Ce qu'il est également important de retenir de Jesse James, c'est qu'il n'était pas hors-la-loi sans raison. Au même titre que les frères Dalton, les James ne s'en sont pris qu'à ceux qui avaient détruit leur famille, ici la compagnie des chemins de fer. Si la légende aime en faire des bandits sauvages, la véritable histoire les révèle comme des justiciers hors-la-loi.

 

Je suis un peu déçu de ce film, car le DVD le cite comme "un grand classique servi par des scènes d'action spectaculaires et des acteurs formidables". Certes les acteurs sont formidables, même si l'on regrette que Tyrone Power et Henry Fonda n'échangent que très peu de répliques en duo durant le film. Les 2 frères gagnent leur légende par la popularité qui leur est faîte mais dont nous ne voyons guère la véritable relation. De même que Frank James n'est pas suffisamment mis en avant dans ce film, si Jesse était le cerveau de la bande, Frank est beaucoup trop effacé pour un grand frère.

http://www.cinemotions.com/data/films/0239/41/2/photo-Le-Brigand-bien-aime--Jesse-James-Jesse-James-1938-1.jpg

Les scènes d'action sont très limitées : une attaque de train et un hold-up. Rien de bien spectaculaire, si ce n'est la course-poursuite des deux frères qui se jettent du haut d'une falaise pour échapper à leurs assaillants. Cela me rappelle un autre film qui viendra bien plus tard : Butch Cassidy and the Sundance Kid (George Roy Hill, 1969), où les 2 héros se jettent également du haut d'une falaise. Autre scène intéressante lorsque Frank vient délivrer son frère. Après s'être annoncé, tout le monde est sur les dents : le shérif a recruté de nombreux hommes, la cavalerie patrouille dans toute la ville, et le gardien de la prison ne cesse de gratter son morceau de bois. Comment cela va-t-il se passer ?

 

Mais le film s'attarde davantage sur la relation difficile entre Jesse et sa femme. Cette dernière ne supporte plus le quotidien paranoïa de son mari qui les oblige à déménager à la moindre rencontre suspecte. Lors leur fils vient au monde, elle s'en va pour lui épargner cette vie misérable, faisant de Jesse un être de plus en plus violent. ET les choses tournent mal lorsque Jesse décide de raccrocher. C'est justement son fils, lui-même prénommé Jesse, qui lui révélera la nature de ses sentiments lorsque, jouant avec ses camarades, il fait mine de s'écrouler sur le sol et annonce la mort de Jesse James. Mais un hors-la-loi restera toujours hors-la-loi, c'est une des lois du western, et comme tous les hors-la-lois, Jesse va le payer cher. Un coup fatal, porté lâchement dans le dos par l'un de ses complices, ce dernier cherchant à toucher la prime qu'il y avait sur sa tête.

 

Lors d'une séquence finale, le bandit apparaît comme un héros de la nation, un héros ayant obtenu sa liberté face à l'oppression du gouvernement. Mais qui fait le héros ? Durant tout le film, une séquence humoristique revient plusieurs fois avec le journaliste imprimeur, ce dernier usant toujours des mêmes phrases pour réprimander tous ceux qui ne lui conviennent pas : la compagnie des chemins de fer, les avocats, la police, les dentistes, etc... Et si au final, les seuls trouble-fêtes de l'ordre public n'étaient autres que les journalistes eux-mêmes? On voit bien les préjudices qui pourraient être causés actuellement par les révélations de Wikileaks. L'histoire est sans arrêt manipulée par ceux qui la racontent, et l'Histoire ne retient que les faits de la version qui s'est imposée, surtout à cette époque. "Lorsque la légende est meilleure que l'histoire, écrivez la légende" (L'homme qui tua Liberty Valance, John Ford, 1962).

 

Au final, ce film n'est pas si mauvais, mais je dois dire qu'on en attend plus, qu'on en voudrait plus.

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