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EskaWorld

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Culturellement indépendant


La grosse caisse, un RAPT à la RATP...

Publié par Eska sur 29 Août 2010, 15:59pm

Catégories : #Cinéma

la-grosse-caisse.jpg

 

La Grosse Caisse

 

Alex Joffé

 

1965

 

Rien de tel qu'un bon vieux film français un dimanche après-midi quand le ciel est gris. Vous savez, le genre qu'on enregistre un soir et qu'on se garde de côté pour des occasions comme celle-là. Mais pas besoin d'en dire plus, vous m'avez compris.

 

Louis Bourdin, poinçonneur de tickets dans le métro parisien, vient de terminer l'écriture de son premier roman policier, inspiré de son lieu de travail. La "grosse caisse", c'est le nom donné à ce wagon particulier qui récupère chaque semaine la recette des stations, soit un bon paquet d'argent. Dans son roman, Bourdin démontre de manière très réaliste comment braquer ce wagon. Seulement, Bourdin peine à trouver un éditeur, et toute l'entreprise commence à se moquer de lui, aussi décide-t-il de proposer le casse de la grosse caisse à une bande de malfaiteurs.

 

Le cinéma français a un vieux rapport avec les histoires policières. Mais ici, on ne cherche pas à imiter le style du film noir, bien au contraire puisque de toute façon il s'agit d'une comédie. Non ici, on se concentre sur l'histoire et la mise en situation. Le lieu de référence du film est une station de métro parisienne, la station Quai de la Rapée, à proximité de l'ancienne station Arsenal, fermée depuis 1939. Joffé semble avoir une certaine passion pour le métro puisque dès le départ, il prend une peine méticuleuse à nous présenter la station, sa "grosse caisse" et le travail répétitif de son personnage, celui de poinçonner des tickets sans même un intérêt de la part des voyageurs. Rappelons que ces pratiques n'ont plus cours depuis bien longtemps et que ce film fait office d'archives rien que pour cela.

 

Un bon scénario, jouant avec certains quiproquos, qui verra son personnage pris malgré lui dans le complot qu'il a lui-même écrit. Bourvil, sous ses aspects de grand Guignol romantique, devient dès lors la tête d'une bande de malfaiteurs plutôt très pointilleux. C'est ainsi que l'on assiste à toute la préparation du casse, tout en découvrant par la même occasion l'histoire écrite par Bourdin, qui n'hésite pas à en lire des passages autour de lui dès qu'il le peut. Comique de répétitions, de situations également, avec ce pauvre malfaiteur qui attendant Bourdin à la sortie depuis une heure demande au controleur "Par où est-il parti ? - En métro voyons..." et oui, une belle phrase qui surprend même le spectateur tant la rame est moins mise en avant que la station. Clin d'oeil également au Poinçonneur des lilas, de Serge Gainsbourg, et que Bourvil n'hésite pas à siffloter en travaillant.

 

Au final, une belle image noir et blanc très propre, donnant une belle impression de réalisme dans cette France des années 60, où finalement rien d'autre ne semble exister en dehors de cette station de métro et des quelques lieux visités, pareil à une sorte de théâtre de filmé, une des habitudes du cinéma français. Donc tout ça pour dire que c'est une bonne comédie qui trouve une fin heureuse malgré tout.

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