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EskaWorld

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Culturellement indépendant


La Guerre de Cent ans et la chute des Valois

Publié par Eska sur 17 Novembre 2010, 00:17am

Catégories : #Histoire

 

Introduction : L'Histoire de France au rythme du Métronome

 

De Château de Vincennes à Palais-Royal-Musée du Louvre

XVe et XVIe siècle

 

29. Le Donjon du Château de Vincennes

(Article précédent : Le Château de Vincennes)

 

 

 

Château de Vincennes (15)

Ah ce donjon du château de Vincennes est vraiment exceptionnel. Celui-là même qui accueilli nombre de rois de Charles V à Louis XI, tant de prisonnier tel que Diderot ou encore le Marquis de Sade, et c'est également là que mourrut le roi d'Angleterre Henri V en 1422. Le château de Vincennes faillit même devenir le lieu du pouvoir français par Charles de Gaulle qui resta finalement au Palais de l'Elysée.

 

Dès mon entrée, je prends à droite et me retrouve dans une petite pièce sombre. C'est la chapelle du donjon. A gauche, une marche surélevée permet d'accéder à un oratoire. Au sol, le dallage de petite briques jaunes-oranges sont mal encastrées, si bien qu'on les sent craquer lorsque l'on marche dessus. Ai-je le droit de fouler ce sol ? Peut-être faut-il admirer cette pièce uniquement devant la porte... Après un moment d'hésitation et la constatation qu'il n'y avait aucune interdiction, je décide de continuer. Il faut savoir que ce donjon a été entièrement restauré et n'a ouvert ses portes au public qu'en 2007. Les murs sont recouverts de fresques effacées et d'écrits à même la pierre. C'est fou le nombre de mots qui ont été marqués dans les pierres de ce château, mais nous y reviendrons.

 

Je continue pour atteindre la salle du conseil, là où les rois et leurs conseillers se réunissaient pour discuter des affaires. Là où bon nombre de décisions furent prises. Contre un mur, une cheminée condamnée atteind qu'on ravive un jour ses flammes.

Château de Vincennes (16)

Au fond à droite de cette pièce, un panneau indique la présence d'une fenêtre carcerale. Fenêtre faîte de meurtrières laissait tout juste passer la lumière. A cet endroit, le coin devait être fermé, ce qui est normal vu ce qui attend derrière.

Château de Vincennes (17)

Château de Vincennes (18)

 

Car derrière la porte, une salle ronde aux fenêtres hautes et protégées par des barreaux : c'est une cellule. Sur les murs, de nombreuses fresques colorées, dessins de prisonniers. On reconnaît bien le talent amateur des traits et des couleurs. Des textes sont également gravés dans la pierre, sans doute l'oeuvre là aussi de quelques prisonniers.Au fond, une petite pièce que les gens devant moi quittent bien vite : les latrines.

Château de Vincennes (22)

 

Je retourne dans la salle du conseil et emprunte l'escalier de la tourelle sud-est. Un escalier bien large et bien éclairé. Il fut contruit à la demande du roi qui pouvait ainsi aisément accéder de ses appartements à la salle du conseil.

 

En haut, je retrouve la copie quasi exacte de l'étage précédent. La chapelle royale au bout du couloir est tout aussi sombre que celle d'en dessous. Je me pose au milieu, essayant d'imaginer combien de fois le roi est passé par là. Une niche vide attend elle aussi le retour de ce qu'elle gardait.

 

Château de Vincennes (23)A côté, je retrouve également l'oratoire royal. Le panneau m'indique que c'est dans cette pièce que le roi s'enfermait pour écouter la messe dîte dans la chapelle. Les murs ont été entièrement restaurés, si bien qu'aucune trace du passé ne subsiste. En regardant la petite ouverture vers la chapelle, je me demande combien de fois le roi s'est agenouillé ici, et surtout ce qui pouvait lui passer par la tête lorsqu'il était ici. Priait-il ? S'ennuyait-il ?

 

 

A côté, une grande pièce qui était la chambre royale, avec une cheminée bien plus grande que moi, si bien que je n'ai pas hésité à rentrer à l'intérieur pour voir le conduit, propre mais bien sombre. Pas de doute, elle a bel et bien servi, mais jusqu'où pouvaient monter les flammes ?

Château de Vincennes (21)

A gauche, je m'engage dans une petite pièce destinée uniquement au roi. Lui seul avait la clé, et la serrure était fermée à la cire, si bien que toute tentative serait repérée. Pourquoi autant de mal ? Tout simplement parce qu'il s'agit de la salle du trésor. Charles V voulait garder près de lui certaines quantitées d'argent, et c'est dans cette petite salle sombre qui les entreposait. Combien d'écus, de pièces et de titres a-t-il manipulé dans ce lieu ? Désormais, la seule richesse est cet énormé écran de télé qui était éteind durant mon passage.

Château de Vincennes (24)

Sur la gauche, une ouverture conduit à l'un des lieux les plus importants pour le roi : ses latrines personnelles. Tout est également condamné depuis longtemps, et pourtant, je ne sais pas si c'est la résonnance de ce mot dans mon esprit ou quoi, mais il s'en dégage une odeur particulière, très légère, mais présente. Et là aussi de nouvelles questions : combien de fois sa majesté s'est-elle assise sur ce trône de pierre ? En profitait-elle pour bouquiner ou se dépêchait-elle de régler l'affaire ? S'amusait-elle à gratter le mur en attendant d'avoir fini ?

Château de Vincennes (25)Château de Vincennes (26)

 

Mais plutôt que de déconner, je continue dans la petite pièce ouverte à côté. Charles V s'était fait aménager cette pièce très éclairée pour sa collection personnelle de livres et de documents importants. Il s'agit de sa salle d'étude. A droite, une petite ouverture rappelle ce qui devait être une cheminée, tandis qu'à gauche une niche servait apparemment pour un meuble où le roi rangeait ses documents les plus précieux. Les murs sont ici aussi couvert d'inscriptions, officiels ou officieux. Et ce "chevallier", nettement gravé dans la pierre avec ses deux "L", est-ce le nom d'un visiteur ou est-ce l'orthographe d'origine? C'est impressionnant le nombre d'inscriptions en ces lieux, inscriptions datées, aussi bien du XXe que du XVIIe siècle.

Château de Vincennes (27)

 

Je retourne dans la chambre royale pour visiter la dernière pièce de cet étage, celle de la garde-robe. Rien de bien exceptionnel, si ce n'est les lambris, qui sont des lames de bois qui recouvrent le plafond. Ceux-ci sont en effet remarquablement conservés. Et une fois de plus, mon odorat me joue des tours. Je sais bien que le savon n'avait pas encore l'utilisation que l'on en fait aujourd'hui quotidiennement, et que la lessive n'existait pas, mais il se dégage de cette pièce une odeur douce, l'odeur du propre en quelque sorte. Et peut-être une sensation très fine d'humidité fraîche, comme si les murs avaient conservées la trace des vêtements du roi.

Château de Vincennes (28)

Les étages supérieurs sont encore condamnés, c'est donc le moment de redescendre au rez-de-chaussée. A vrai dire, j'emprunte le seul moyen d'y accéder à l'origine : l'escalier. Car la passerelle par laquelle je suis rentré au début était le seul moyen d'entrer dans le donjon. L'ouverture que l'on peut voir au rez-de-chaussée a été faîte bien plus tard et il a fallut percer les murs. Mais que pouvait-il y avoir en bas alors ? Arrivé au bas des marches, un long couloir sombre m'emmène dans une pièce encore plus sombre, froide et sale : la cellule du Marquis de Sade.Tout en faisant le tour, je me dis que le pauvre homme a du en passer des heures à tourner en rond, à laisser glisser ses doigts sur les murs, de même que tout ceux qui y sont passés. Les murs semblent épais, aucun bruit ne vient troubler le silence, un enfer pour un prisonnier. Mais ce bougre n'a pas du avoir tant de peine que je le décris, car ce n'est apparemment pas ce qui l'a empêché d'écrire des lettres à sa femme (dont une est exposée sous vitrine dans la cellule).

Château de Vincennes (29)

La pièce d'à côté rappelle également d'autres grandes figures prisonnières de ces murs : Diderot, Henri de Navarre (qui deviendra prochainement le roi Henri IV), le cardinal de Retz, etc. De l'autre côté de la salle, un puits profond est fermée d'une grille. On spécule toujours sur la fonction d'origine de ces pièces qui n'en faisaient qu'une autrefois, à l'identique de celles des étages supérieures. Elles sont devenues par la suite des prisons.

Château de Vincennes (30)

Un dernier coup d'oeil sur la maquette du château ainsi que les latrines au parquet de bois, toujours aussi sombres que les précédentes. Et je m'en retour dans la cour. Il est 14h. Le temps de me balader dans la cour des pavillons classiques et je serais à l'ouverture de la Sainte Chapelle.

Château de Vincennes (33)

 

Article suivant : La Sainte Chapelle du Château de Vincennes

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Jérémy Zucchi 20/11/2010 11:44


Je dois le visiter ! Tes photos et ton compte-rendu donnent vraiment envie de voir ça de mes propres yeux. Et puis c'est si rare un donjon complet, et si bien restauré (trop clean, peut-être?).
La cellules avec des peintures représentant une croix, des draperies etc. n'a sans doute pas été peinte par des prisonniers, vu la rareté des pigments nécessaires et le côté très ordonné,
visiblement, de l'ensemble. A mon avis, ce sont des peintures exécutées à l'intention d'un hôte de marque, prisonnier certes, mais qui n'en restait pas moins un très haut représentant de la
noblesse ou de l'Eglise.
Ou alors ils filaient organisaient des ateliers de peinture pour les prisonniers !... lool


Eska 20/11/2010 18:21



Il me semble que c'est ce qu'affirmait le panneau à côté...


Alors oui c'est sûr, ça restait la maison du Roi, donc les prisonniers n'étaient pas de petits voleurs à cette époque mais bien des invités de marque, qui parfois venaient avec leurs serviteurs
et tout...


En fait, les prisons d'époque étaient déjà luxueuses, comme ajourd'hui...



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