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Le Parrain 3, la chute de l'Empereur...

Publié par Eska sur 23 Janvier 2012, 13:14pm

Catégories : #Cinéma

parrain3.jpg

 

Le Parrain 3

(The Godfather, part III)


Francis Ford Coppola


1991

 


Alors qu'il s'emploie à revenir à des affaires plus légitimes, notamment auprès de l'Eglise, Michael Corleone est un homme usé par sa vie. Ses souvenirs refaisant surface, il doit combattre ses démons intérieurs tout en affrontant ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. Son neveu, le fils de Sonny, désire quand à lui reprendre le nom Corleone afin de diriger l'organisation et lui faire retrouver sa gloire du temps de Vito. Michael accepte alors qu'il s'emploie à se rapprocher au maximum de son ex-femme et de ses enfants.

Comme son prédécesseur, ce troisième volet s'applique davantage à évoquer les problèmes intérieurs de Michael. D'ailleurs, il n'est plus tellement question de mafia dans cette histoire, les dirigeants sont tous vieux et usés de se battre, alors que les plus jeunes ont les dents longues et cherchent par tous les moyens à imposer leur pouvoir. D'ailleurs Michael avoue lui-même tout faire pour se retirer des affaires, vendant ses casinos afin de se tourner vers l'immobilier. Bien sûr, il est toujours question du pouvoir de cette organisation qui cherche à traiter avec le Vatican. Mais les affaires de l'Eglise n'ont rien de religieuses, et l'on peut noter l'orchestration qu'elle mène. Coppola ne se gêne pas pour la traiter comme une organisation mafieuse elle aussi.
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Mais l'accent porte sur Michael et les sentiments qu'il éprouve sur sa vie passée. Au-delà des affaires qu'il lui reste à traiter, il cherche par tous les moyens à se racheter des actes qu'il a commis, notamment l'exécution de son propre frère qui continue de le hanter. Ne pouvant avouer cela à sa soeur ou aux membres de sa famille, il n'a trouvé recours que dans la religion, et s'opère à une véritable confession de tous ses actes. Un moyen de symboliser son désir de rédemption alors qu'il ne souhaite plus faire le mal. Mais sa force de vivre n'étant plus la même qu'autrefois, il décide de retourner auprès de ceux qu'il aime et qu'il a trop longtemps délaissé, tout en léguant le pouvoir à son neveu qui devient alors le nouveau Don Corleone.

La construction du film n'a plus rien à voir avec le précédent et sa double histoire. Pourtant on retrouve presque toujours le même schéma dans les trois films et celui-ci s'applique à reprendre presque exactement le début du premier, Michael recevant des gens dans son bureau alors que la fête bat son plein. Fêtes que l'on retrouve tout au long de la trilogie qui est l'occasion d'affirmer l'attachement familliale au sein de cette communauté. Mais par la suite, on s'épuise à comprendre ce que veut chacun tandis que le suspens n'est pas le même que dans les précédents. Une preuve que tout a bien changé une fois de plus.
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Ce qui ne colle pas non plus, c'est le jeu de certains acteurs. Sofia Coppola n'est pas crédible dans son rôle du fait qu'elle ne s'y applique pas à fond, et j'ai plus l'impression de la voir sourire parce que papa lui fait tenir un grand rôle que parce qu'elle est vraiment amoureuse. Aussi dès que le film se concentre sur elle, je me suis senti décrocher et perdre mon intérêt pour une histoire qui avait si bien commencé. D'autant que Michael aime sa fille plus que tout au monde, mais que malgré tout ses efforts afin qu'elle ne participe pas à ces affaires, elle sera la dernière victime de la Famille, alors qu'Anthony, le fils de Michael, ne cherche pas à s'engager dans une voie politique mais artistique, Mary était tout ce qui restait à Michael pour faire sa fierté. Blessé au plus profond de son âme, sa mort devient l'ultime punition de cet homme qui semblait être arrivé à se pardonner ses crimes. Mais son prix à payer est plus fort et on peut songer au désespoir que ce dernier coup fatal lui porte, d'autant qu'il peut se sentir responsable, les balles n'ayant fait que le traverser.

Une fois de plus, Coppola place son film au milieu des grands moments de l'Histoire, se servant ici du Vatican dans un de ses plus sombres moments. Marqué par une crise économique, la mort du Pape Jean-Paul Ier permet à Coppola de nous offrir une reconstitution de ces évenements, pourtant marqué sur des journaux datant de 1980. Ces différents événements retracés, que l'on a pu retrouver tout au long de la trilogie, sont un moyen d'authenticité pour cette histoire familliale. Sans prétendre l'existence de la Famille Corleone, on ne peut que croire qu'elle fait partie de la réalité, ce qui nous invite à être davantage bouleversé de ses problèmes.
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Au final, cette histoire de rédemption d'un parrain cloture la trilogie. Non pas celle d'une organisation criminelle, mais celle d'une Famille, et plus particulièrement d'un homme qui désirait vivre en dehors de toutes ces affaires de magouilles pour apparaître comme un vrai américain. Cherchant alors à devenir aussi juste et respecté que son père, il découvrira qu'il y a des sacrifices à faire, sacrifices dont il n'était pas capable d'assumer jusqu'au bout. La vie de ces parrains nous offre une image une fois plus basée sur les sentiments, les liens familiaux et le désir de pouvoir. Le temps des monarques, sans être révolu, a pris fin dans l'organisation Corleone, même si l'on se doute que Vincent, le fils de Sonny, reprendra l'affaire d'une main de fer, récupérant ainsi à juste titre l'héritage que son père aurait du lui confier s'il n'avait pas été tué plus jeune.

Ainsi s'achève cette histoire, cloturant ainsi admirablement et si dramatiquement cette trilogie humaniste. Malgré tout, les défauts de cette oeuvre, tant par le jeu des acteurs que par la construction et le sujet du récit, ne m'ont pas fait passer un aussi bon moment que les deux premiers.

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