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Le parrain, une offre qu'on ne peut pas refuser...

Publié par Eska sur 23 Janvier 2012, 12:37pm

Catégories : #Cinéma

parrain.jpg

 

Le Parrain

(The Godfather)

 

Francis Ford Coppola

 

1972

 

Suite à la diffusion de la trilogie, je ressors ces quelques articles sur 3 magnifiques films de Coppola. La première fois que j'ai vu Le Parrain, je n'ai pas accroché, c'est vraiment un film devant lequel il faut se poser et qu'on ne peut pas regarder que d'un seul oeil, sans quoi, on s'ennuie. Alors qu'en réalité, ce premier opus est certainement l'un des plus beaux !

Don Vito Corleone est un parrain respecté dans les années 50. Après le mariage de sa fille, il refuse une association avec la Famille Tattaglia sur un trafic de drogue, ce qui aura de nombreuses conséquences pour les Corleone. Vito se fait tirer dessus en pleine rue mais s'en sort miraculeusement. Le but de cet assassinat était de pouvoir traiter avec Sonny, le fils aîné de la famille, favorable à ce trafic de drogue. Michael, le fils cadet de Vito, décide de venger son père en tuant ceux qui sont responsables de cet acte. Parti pour la Sicile afin de se cacher, il reviendra après la mort de Sonny, tué dans un guet-apens. Michael décide alors de reprendre les affaires de la Famille Corleone en commançant par régler leur compte aux ennemis de la Famille.
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Ce film est véritablement génial. A vrai dire, si l'on s'intéresse à l'histoire, on ne s'ennuit pas une minute. Tout est coordonné, ficelé et bien huilé dans ce scénario. Chaque personnage, aussi nombreux soient-ils, a un rôle à jouer. Et même si parfois les ellipses sont longues, on ne ressent pas véritablement le temps qui passe. Evidemment, je crains énormément ce genre de film qui contient justement de nombreux personnages, car ils imposent une concentration maximale du spectateur afin qu'il ne dévie pas au risque de ne plus rien comprendre. Et pourtant à chaque fois, c'est encore ce qui m'arrive.

La réalisation de Coppola s'applique parfaitement à son sujet. Ne cherchant pas à faire un film d'action au suspens insoutenable, il pose son sujet dès le départ, avec des plans longs et lents. Des plans resserrés la plupart du temps afin d'augmenter cette sensation d'intimité au sein de cette famille, le film commençant dans le bureau du Don Vito, très sombre, avec une lumière tamisée afin que l'on se sente pris tout de suite dans le vif du sujet. Car le film commence sans présentation aucune. Le choix des scénaristes, lié à l'oeuvre de Mario Puzzo, a été de créer un début "in media res" dans lequel nous sommes invités à assister, contrairement à certaines productions qui au contraire jouent pour le spectateur. Ici c'est au spectateur de subir le film. Et la lenteur de sa réalisation permet de s'intégrer parfaitement à l'histoire. Et cette intimité sera d'autant plus amplifiée lors de la mort de Vito, le dirigeant de cette Famille qui succombe tout naturellement d'une crise cardiaque en jouant avec son petit-fils, une scène véritablement touchante qui nous montre l'humanité la plus sincère que peut être un Parrain contre les actes qu'il commet.
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Cette histoire qui rappelle aussi l'Histoire des Etats-Unis concernant les immigrés italiens et leur rejet par une Amérique puritaine qui refuse d'être les otages de leur chantage, mais qui est malgré tout obligée de s'y plier, car leurs actes face à un refus sont sans rappels. Pourtant on ne peut pas parler de cruauté au sein de cette famille. Les liens que les membres ont entre eux sont d'une force incroyable et nous permet de prendre parti pour eux quelques soient leurs agissements. Au sein de cette communauté, le film nous montre les pratiques et les coutumes ainsi que les relations sociales, religieuses et culturelles. Mais ces italiens sont avant tout des gens qui ne désirent que s'intégrer, en témoigne la fierté qu'ils ont de savoir que Michael est un héros de guerre. Et, bien que cela ne soit pas explicite dans ce premier film, on peut penser que ces organisations sont nées d'une volonté de se défendre face à un pays conservateur.

Les personnages sont très caractéristiques eux aussi. Vito Corleone, divinement interprété par Marlon Brando, est un personnage usé mais franc, passionné et calme. Son seul intérêt est de vouloir protéger sa famille tout en lui inculquant une éducation irréprochable. Parmi ses trois fils on retrouve l'aîné, emporté par la colère et la violence, et qui ne désire que le pouvoir et la richesse, croyant fermement lui aussi que cela peut apporter beaucoup de choses à la Famille. Fredo, le second fils, un peu simplet et n'ayant pas les épaules pour diriger des affaires si importantes, il n'en voue pas moins un profond respect à la Famille. Et enfin Michael, le plus jeune, calme et posé, qui voulait rester en dehors de tout cela mais qui découvrira que sa destiné est auprès de son père et de la Famille. Autour d'eux gravitent toute une horde d'hommes de main, ayant chacun leur spécialité, que ce soit la négociation ou le meurtre.
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Ainsi Coppola nous offre dans ce premier volet une place au sein de cette Famille Corleone qu'on ne saurait rejeter. Ce film de gangster, qui ne désigne jamais le mot "Mafia" se met dans leur camp afin de leur donner un visage humain. Et c'est par une image très forte qu'il se termine, Michael se faisant sacrer Parrain sous les yeux de sa femme qui sent bien que les ennuis ne font que commencer.

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