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Le Requiem des Abysses, quand le temps suit son cours...

Publié par Eska sur 25 Mai 2011, 19:58pm

Catégories : #Littérature

requiem-des-abysses.jpg

 

Le Requiem des Abysses

 

Maxime Chattam

 

2011

 

Alors qu'ils se sont éloignés de Paris après l'affaire du Léviatemps, Guy de Timée et la belle Faustine essaient d'oublier les terribles événements chez le grand chasseur Maximilien Hencks dans sa maison du Vexin. Pourtant, ici aussi ils croisent le chemin d'un terrible assassin que Guy ne peut s'empêcher de poursuivre au péril de sa vie et de celle de Faustine. Mais l'auteur est loin d'imaginer que derrière ces meurtres se cachent les actes du terrible Hubris qu'il croyait alors vaincu.

 

Après la vie parisienne, c'est à la campagne que Maxime Chattam situe cette suite qui se déroule peu de temps après la fin de son précédent roman, Léviatemps. Dans cette situation, il peut ainsi mettre en avant les croyances populaires des villageois qui contrastent avec les croyances ésotériques de Paris. L'ambiance est plutôt bien rendue, même si l'on en attend davantage dans la description du paysage environnant, ce qui était également l'un des défauts pour moi dans son précédent roman et le manque d'informations liées à Paris.

 

A vrai dire, je trouve que les qualités et les défauts de cette suite sont les mêmes que pour Leviatemps. Le personnage Guy de Timée n'a pas changé, il croit toujours détenir LA solution et nous empêche de penser autrement que comme lui, ne se remettant jamais vraiment en question et ayant réponse à tout, jusqu'au final grossier qui va de retournement en retournement, un peu à la manière du Sang du Temps (2005), qui  si bien que l'on en vient à ne pas être attristé de ce qu'il lui arrive. Du coup, les autres personnages sont un peu en retrait : Faustine ne nous apprend que son véritable prénom, clin d'oeil aux lecteurs de Maxime Chattam qui comprendront dès lors sa destinée, est bien absente de cette histoire au point d'en devenir totalement secondaire, alors qu'elle était beaucoup plus présente dans le précédent. Il en va de même pour Hencks et Perotti et les autres. Le boudoir de soi est quasi-inexistant également, si ce n'est pas la présence du sumo Gikaido, figurant du premier opus mais qui nous révèle ici quelques éléments de sa vie personnelle.

 

Je me souviens de la dédicace de Leviatemps où Maxime Chattam nous avait dit qu'à la base, son roman contenait beaucoup plus d'informations et de détails. Mais pour garder le rythme et ne pas perdre le lecteur dans un fil de pensée qui n'a pas d'intérêt pour l'histoire, ces nombreux passages étaient coupés au fil des relectures. Je trouve cela bien dommage, surtout pour une histoire à cette époque. L'auteur avait justement fait évoluer son écriture pour mieux correspondre aux romans basés sur cette époque, la rendant plus riche et plus complexe, mais il s'acharne tant à cracher les réflexions de son personnage qu'il en efface une bonne partie de l'univers environnant. Il est loin le temps de la Trilogie du Mal où les personnages pouvaient parfois nous apprendre des choses citées à titre d'exemple...

 

Côté morbide, puisque c'est aussi une de ses spécialités au fil de ses oeuvres, il y a de quoi satisfaire les plus avides de scènes sanglantes. Mais rassurez-vous, on est loin de son exercice brillant du Fracas de la viande chaude pour le recueil L'empreinte Sanglante. Les meurtres sont atroces mais lorsque l'on en apprend les véritables finalités, je me suis demandé s'il n'avait pas cherché à nous détourner du sujet en suscitant notre besoin d'hémoglobine.

 

Le détournement, c'est un autre point fort de Maxime Chattam. Si les auteurs de bon nombre de thrillers s'acharnent à nous poser des événements différents dans des lieux différents sans que l'on comprenne pourquoi avant la réunion finale, Maxime Chattam semble s'amuser à essayer de rassembler les événements les plus impossibles, ici des évasions de momies parisiennes face à un tueur sanguinaire au fin fond de la campagne. Et tout au long de la lecture, on se demande bien comment tout cela va se réunir.

 

Si je n'ai pas plus aimé Le Requiem des Abysses que Leviatemps (je rappelle qu'il faut impérativement lire le premier pour comprendre le second), je ne peux m'empêcher d'être pris par le style de Maxime Chattam. Toute la lecture est fluide, efficace et rythmée. Les fins de chapitres se terminent la plupart du temps par des climax imposant la lecture du chapitre suivant qui se terminera également en climax, autant vous dire que l'on lutte pour se sortir du livre afin d'aller se coucher. C'est même souvent pour cette raison que bon nombre de lecteurs sont impatients de lire le prochain Chattam, c'est parce qu'il sait nous entraîner au fil des mots comme personne pour nous plonger dans une ambiance parfois glauque et frissonnante et il sait jouer avec notre besoin de sensations fortes. Lire un Chattam, et force est de constater que Le Requiem des Abysses ne déroge pas à la règle, c'est comme cette sensation de peur et d'excitation que l'on avait, étant enfant, lorsque nous enfreignions une règle, c'est une petite montée d'adrénaline contrôlée, et c'est ça qui est bon !

 

Au final, Le Requiem des Abysses se lit bien mais ne se laisse pas toujours convaincre. Il remet en question les événements de Leviatemps et nous entraîne une fois encore dans une époque lointaine qui manque un peu de description. Mais le plaisir est là, c'est l'essentiel.

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Harvey-Report 30/05/2011 23:15


Oulah j'ai du retard ! Je me suis arrêté à une centaine de pages du Léviatemps, livre auquel je n'ai absolument pas accroché. Peut-être parce qu'on m'a bassiné avec du Zola et Balzac durant ces
trois dernières années, le "style" de MC ne prend pas. Je me rappelle d'une phrase dans Léviatemps où il parle d'une rivière (je crois). La phrase est belle, poétique, dans l'esprit d'un
naturaliste comme Zola, jusqu'au moment où il utilise le verbe "Flirter". Ou comment tout casser. Mais ce n'est qu'une anecdote.

Sinon, bravo pour les autres articles, notamment celui sur "The Tree of Life". Je te laisse découvrir dès lors mon blog qui se veut journalistique (à vrai dire, pas plus que le tien ^^) et qui
traite de tous les sujets qui me passionnent, mais de manière un peu fouillée, du moins j'essaie. D'ailleurs je viens de publier une critique de Pirates des Caraïbes 4.

Harvey


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