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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Lost in la Mancha, quand l'impossible trouve son chemin...

Publié par Eska sur 25 Octobre 2010, 09:02am

Catégories : #Cinéma

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Lost in la Mancha

 

Keith Fulton & Luis Pepe

 

2001

 

Voilà un film culte de l'histoire du cinéma dont j'avais déjà entendu parler par les plus mordus, aussi bien cinéphiles que techniciens. Un documentaire incroyable sur les coulisses du cinéma et de la création d'un film. Moi-même ayant été confronté à des pépins de tournage, il fallait absolument que je découvre enfin ce qu'il est possible d'arriver dans l'une des plus pires situations de ces dernières années.

L'action se déroule en Espagne, au sein de l'équipe de production du film L'homme qui tua Don Quichotte, réalisé par le réalisateur visionnaire Terry Gilliam. Et nous pouvons découvrir les difficultés de cette production confrontés à une série de problèmes rocambolesques, tel la perte de soutiens financiers, les retards de préparation, l'absence et les problèmes de santé d'acteurs essentiels au film, les intempéries, les catastrophes naturelles, etc etc etc...Tout s'enchaîne pour donner à ce film l'esprit d'une malédiction.

Ce film traite de la malchance, celle d'un projet mais aussi celle d'un réalisateur, Terry Gilliam, rattaché à une image difficile, celle d'un réalisateur extravagant, dépassant les budgets rapidement comme l'un de ses précédents films hors budget au bout de 6 semaines et qui ne rapporta même pas le quart des dépenses. Mais peut-on reprocher à Terry Gilliam d'être un mauvais réalisateur? Non au contraire, il est un réalisateur dont la vision se développe sans cesse au fil du temps et de la préparation, il veut dans ses films ce qui n'a jamais été vu, mais pour le marché hollywoodien, un bon réalisateur doit avant tout savoir controler son budget, ce qui ne correspond pas à la mise en oeuvre de la folie de Gilliam.
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Pourtant, à travers les nombreuses évocations de son Baron de Münchausen qui reste sa plus mauvaise expérience, Gilliam garde le sourire face aux problèmes qui s'enchaînent lors de la préparation du tournage. Et l'on ne peut pas jeter la pierre sur l'absence de contrat de Vanessa Paradis ou encore les problèmes de santé de Jean Rochefort, qui sera certainement l'acteur qui se sera le plus investi dans ce projet avant de devoir quitter le tournage précipitamment sans pouvoir revenir avant un délai d'un mois. Gilliam quand à lui nous montre comment le dépassement de budget peut se faire rapidement, notamment lorsqu'il demande à ce que l'on puit coincer son bras dans la marionnette, ce qui oblige à concevoir un nouveau moule, et demande plus de temps, et donc plus d'argent.

Le tournage commence donc sous de mauvais hospices et rien ne s'arrange alors que la première journée affiche un soleil radieux, l'équipe découvre qu'elle a choisi son tournage à proximité d'une base d'entrainement militaire pour F16. Par la suite, le soleil et les nuages donnant des changements de lumière rageant et une pluie torrentielle s'abat sur le terrain, emportant dans ses vagues le matériel de tournage que l'assurance ne remboursera peut-être pas. La santé de Jean Rochefort lui faisant quitter le projet, engendrera une remise en question de la production du film, tandis que les producteurs s'interrogent sur la conduite à tenir, Gilliam lui tente de garder le morale en tournant d'autres séquences. Mais il devra se confronter à une décision dure à prendre, celle d'accepter que ce tournage doit s'arrêter.
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Ainsi, ce film, qui n'est pas un making of à proprement parler puisque le film n'a jamais eu lieu, nous offre une vision unique de la réalisation d'un film. La question de l'argent, si souvent reprochée dans le milieu du cinéma, montre qu'elle est finalement dans ce domaine l'essentiel de la production cinématographique. Un réalisateur, des techniciens et des acteurs, quels qu'ils soient, travaillent pour gagner leur vie, pour de l'argent, et on ne peut donc pas leur en vouloir si la vision de Gilliam devient trop extravagante et demande des fonds qui ne viendront jamais. Une belle remise en cause de toutes ces critiques économiques donc.

 

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