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EskaWorld

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Culturellement indépendant


Tamara Drewe, à la recherche de l'inspiration

Publié par Eska sur 25 Septembre 2010, 23:15pm

Catégories : #Cinéma

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Tamara Drewe

 

Stephen Frears

 

2010

 

Conseillé par plusieurs personnes, je ne me suis pas laisser prier quand ma collègue m'a proposé d'aller voir ce film. Je n'en avais que très peu entendu parler, je ne connaissais même pas véritablement le fond de l'histoire, mais je ne regrette pas de m'être laissé embarqué, même si au fond, j'hallucine toujours...

 

Dans un petit village perdu d'Angleterre, la famille Hardiment héberge les auteurs en mal d'inspiration. Leur voisine d'antan, la jeune journaliste people Tamara Drewe, revient au pays afin de retaper et vendre la maison familiale. Sa plastique refaite, elle n'a de cesse d'attirer le regard des hommes. De leur côté, deux jeunes adolescentes en mal d'amour sont prêtes à tout pour voir leur idole, membre d'un groupe de rock, qui tombera amoureux de Tamara. Jalouse, Jody n'hésitera pas à pénétrer dans l'intimité du couple en leur absence. S'ensuivront une série de phénomènes en tout genre qui remettront les compteurs à zéro pour chacun des membres concernés.

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Je ne cesserais jamais de le dire, et je ne m'en lasse pas non plus : le cinéma anglais me surprendra toujours ! Tamara Drewe, on ne sait pas vraiment si c'est une comédie, un drame ou une tragédie, peut-être une sorte de tragi-comédie justement sur fond de crise existencielle. L'humour est potache, comme savent le faire les anglais, sans trop insister, la mise en scène est fluide et le scénario affiche une certaine complexité qui n'est pourtant pas difficile à suivre. C'est un de ces films chargé d'anti-héros où chacun des personnages est mis à mal pour son propre bien finalement.

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Couple brisé par l'adultère, crise adolescente de deux jeunes filles, célibataires désespérés, et au milieu, un électron libre fiancé à une rock star au milieu de la campagne. Autant de destins brisés, certains appréciés, d'autres détestés. Aucun des personnages n'apparaît comme un véritable héros, ce serait plutôt des clichés anti-héros dont chacun possède son opposé : La quinquagénaire naturelle et dévouée / la trentenaire naturelle et désintéressée, l'écrivain prolifique de saga policière et coureur de jupons / l'auteur intellectuel de romans singuliers sans succès et prêt à fuir lâchement plutôt que de sauver une vie, le garçon de ferme proche de la nature et présenté comme un prince charmant mais qui ne sait exprimer ses désirs / la rock star superficielle qui pète un plomb sur scène et séduit en jouant de la batterie avec ses pieds. Mais tous les éléments tragiques sont bien vite contre-balancés par les gestes gauches des personnages et l'absurdité qui règne au sein de ce film, désamorçant sans cesse les situations tragiques qui se déroulent sous nos yeux, pour ne nous laisser que le sourire.

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Au fond, c'est un film sur l'inspiration et les choix difficiles sur l'écriture d'une oeuvre, et ce qu'ils impliquent. Le mécanisme de création est-il le même chez tous les auteurs, et ce même mécanisme est-il constant ? La réponse est clairement non. Certains ont besoin de calme et de tranquillité, d'autres préfèrent le bruit, certains ont besoin d'une muse, d'autres préfèret rester seuls. Quand aux ados, ils sont l'image même d'une jeunesse désabusée qui n'a de cesse de vouloir aller au bout de ses rêves sans réfléchir aux conséquences désastreuses pour les personnes impliquées. Et c'est dans sa conviction de suivre son propre chemin que chacun ira retrouver l'un des personnages pour finir avec son opposé. Autrement dit tout est bien qui finit bien, ou presque, dans une tragédie sans pareille cotoyant l'absurde, bref, même les chiens ne sont pas épargnés, ce qui n'est finalement n'est pas pour déplaire à tout le monde.

 

Au final, Stephen Frears me laisse pantois avec cette comédie fraîche, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable personnellement, mais qui m'aura fait passer un bon moment quand même.

 

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