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The Tree of Life, une expérience à laquelle il faut se préparer...

Publié par Eska sur 30 Mai 2011, 10:48am

Catégories : #Cinéma

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The Tree of Life

 

Terrence Malick

 

2011

 

La perte d'un frère, d'un fils, une famille rongée par les remords, l'errance des souvenirs du passé, la création du monde, l'éducation, la vie, la mort.

 

Résumé comme ça, on se croirait presque dans une pub pour une compagnie bancaire bien connue. En fait il est difficile de parler de The Tree of Life tellement cette oeuvre est peu singulière. Terrence Malick, qui nous avait pourtant habitué à des films plus linéaires, semble se prêter ici à l'exercice du film d'art, à la limite de l'expérimental, pour nous parler de Dieu et de l'âme humaine. Autant de sujets qu'il évoque simplement par symbolisme, ce qui devrait satisfaire bon nombre d'étudiants de cinéma en quête d'analyse métaphysique. Vous l'avez compris, The Tree of Life est davantage une expérience qu'une histoire.

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Pour vous donner une idée concrète, je ne sais pas si vous vous souvenez du film Les Vacances de Mr Bean où le le pauvre bougre traverse la France accompagné d'un enfant pour se rendre en plein festival de Cannes. Lors de son passage, nous assistons à la projection d'un film pour le moins atypique sur un cinéaste égocentrique interprété par William Defoe. Le film en question est une succession de plans fixes de dos et de face, accompagnés de ralentis et autres effets du genre, faisant ainsi une critique moqueuse des films sélectionnés. Bean viendra également détourner le film en le remplaçant par les images de son propre camescope, mettant en avant des scènes de vie et de voyage en accélérée et vitesse normale, faisant d'ailleurs le succès du film face à un public endormi et lassé. Et bien The Tree of Life est presque la copie formelle de ce type de film que personne ne comprend mais qui reçoit les éloges du festival, au point bien souvent de desservir son image auprès du grand public.

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Le film mêle tous les genres et tous les temps dans un méli-mélo sans doute maîtrisé mais difficile à appréhender. Souvenirs du passé, déambulations présentes, fantasmes philosophique et une visée documentaire que le réalisateur tente de rendre poétique au même titre que le reste, avec une voix off récurrente des pensées du personnage sur un magma d'images brutes. Si présent et passé ont un sens dans l'histoire, on se demande clairement ce que vient faire la création du monde et de la vie au milieu de tout cela.

 

La représentation est surtout symbolique, montrant de nombreuses images de l'univers, planètes, étoiles et galaxies. Mais elle ne nécessitait sans doute pas autant de minutes de développement. L'ensemble nous plonge dans un état contemplatif comme face à des peintures tant les mouvements sont lents, presque imperceptibles. Pourtant ces images sont grandioses à l'écran. Mais pourquoi ? A vrai dire, durant ces moments, je regrettais presque d'être installé dans un fauteuils face à la projection d'un film alors que cette séquence aurait mérité toute mon attention dans un musée ou lors d'une exposition sur la représentation de la création à l'écran (nulle doute qu'elle le deviendra d'ailleurs). Gros regret également, celui de voir peu d'images nouvelles de cette création. En réalité, Terrence Malick n'a fait que reprendre des photos déjà très connues qu'il a simplement adapté en très haute définition pour un rendu bluffant, mais peu original. De même que pour certaines images, le cinéaste s'est servi de celles tournées par Yann Arthus-Bertrand dans Home (la société de production des deux films étant la même : EuropaCorp).

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Beaucoup de gens s'interrogent sur la présence des dinosaures à l'écran. Pourquoi montrer des dinosaures dans un plans où finalement il ne se passe rien ? Je pense que la séquence referme l'une des clés pour comprendre la relation père-fils. Dans la séquence, on voit un dinosaure couché près d'un cours d'eau. Un Velociraptor en chasse arrive à son tour, s'approche du pauvre dinosaure et pose sa patte sur sa tête à deux reprises. A défaut de le dévorer comme on s'y attend, le raptor suit son chemin et s'éloigne comme s'il n'avait rien vu. Pour moi, cette séquence signifie qu'il ne sert à rien d'être le plus fort, qu'il faut parfois "s'écraser" pour garder sa liberté, que combattre l'autorité ne sert à rien et que cela date de la nuit des temps. C'est ce qu'apprend à ses dépends le pauvre Jack avec son père. L'autorité de ce dernier le conduit lui-même à sa perte. Mais cette petite touche d'analyse personnelle ne me permet pas d'expliquer la présence de cette séquence, aussi, si vous avez des idées, n'hésitez pas !

 

Par la suite, le personnage nous livre un grand moment de sa vie passée et de l'éducation stricte et sévère imposée par son père autoritaire. Petit à petit le personnage dévoile son mépris pour l'autorité, devenant lui-même un être sévère avec les autres, à l'image de son père qui finit par reconnaître ses torts. Nous assistons à un nouveau méli-mélo de scènes de vie dans lesquels je ne me suis pas vraiment reconnu pour permettre de m'identifier clairement au personnage. Quelle est la finalité de tout cela ? A nous de la trouver, la réponse n'est pas donnée, et le film se termine sur une sorte de requiem propre au personnage.

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Mais ce film a tout de même de grandes qualités. A commencer par celle des images. Que ce soit les images de contemplation ou les images réelles, elles sont de grande qualité. La photographie est fascinante, l'image est claire, profonde, belle à regarder comme une photograhie brillante. Le jeu des acteurs est presque sans défaut, si Sean Penn et Jessica Chastain transcendent l'écran, Brad Pitt, aussi doué soit-il, semble encore garder quelques réserves. Quand aux enfants, ils apparaissent avec tant de naturel que l'on se demande si le film ne s'est pas tourné dans leur vraie vie. Et le montage, quel montage ! Tout le rythme du film est imposé par un montage rapide, fait de coupes successives si bien qu'aucune image seule de ce film n'aurait de sens à l'écran sans le montage.

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En sortant, j'ai beaucoup entendu dire que le film était trop long, qu'il avait 1h ou 2 de trop. A vrai dire, disons-le clairement, ce film est un court-métrage de 2h20 ! J'avais parfois l'impression d'être face à un film étudiant de grande qualité avec sa voie off et ses cuts sévères, autant d'artifices qu'il est difficile de tenir très longtemps. Et pourtant, Terrence Malick a plutôt bien réussi l'exercice semble-t-il.

 

The Tree of Life méritait-il sa Palme d'Or ? J'ai envie de dire oui car il est un objet audiovisuel merveilleux à regarder même s'il s'adresse à un public très averti, dommage.

 

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Jérémy Zucchi 30/05/2011 14:12


Bon, au moins tu as apprécié certaines qualités du film (et pas des moindres). Pour le reste, je t'invite à en discuter après que tu aies lu ma critique, si tu ne l'as pas déjà fait :
http://www.jeremy-zucchi.com/article-the-tree-of-life-terrence-malick-2011-comment-exister-74442232.html ;-)


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