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Titanic / Titanic 3D : la poésie d'une tragédie...

Publié par Eska sur 15 Avril 2012, 20:19pm

Catégories : #Cinéma

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Titanic - Titanic 3D


James Cameron


(1998 / 2012)


Alors qu'il fait des recherches pour retrouver un bijou d'une grande valeur dans l'épave du Titanic, Brock Lovett et son équipe ne découvrent qu'un coffre-fort rempli de paperasses. Pourtant, un détail attire leur attention, celui d'un dessin conservé d'une femme qui porte ce bijou : le Coeur de l'Océan. Cette femme, Rose Dewitt Butaker, approchant la centaine, revient alors sur l'histoire qu'elle a vécu à bord du paquebot insubmersible.


Je me rappelle encore de la déferlante que fut le film lors de sa sortie, et pas seulement en France, où il trône premier du classement avec ses plus de 20 millions d'entrées, mais partout dans le monde, certain(e)s fans aidant (de DiCaprio surtout) en se vantant d'être aller le voir un nombre incalculable de fois. Moi même j'y suis allé 2 fois et je n'ai pas résisté à y aller une 3e fois dans sa version 3D.

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Lorsque James Cameron décide de faire revivre le Titanic, il n'y va pas pas quatre chemins. Il prétend même que faire un film pareil était simplement une bonne excuse pour aller voir l'épave du paquebot au fond de l'océan. Pourtant ce n'est pas le premier film qui raconte ce naufrage, un téléfilm bien connu est diffusé assez régulièrement sur nos écrans, mais c'est certainement le plus émouvant et le plus réaliste.
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Si l'on devait définir un élément pour James Cameron, ce serait l'eau, le liquide mais comme destructeur. Son premier film, Piranhas 2 (1981) en est un premier exemple, suivront ensuite Abyss (1989) et ses profondeurs féériques mais dangereuses, Terminator 2 : le jugement dernier (1991), où le liquide n'est plus celui de l'eau mais du métal en fusion qui viendront à bout du T-1000 et du T-101, Trues Lies (1994), qui propose une scène explosive dans les toilettes d'un centre commercial qui seront réduites à néant avant de faire s'envoler un motard du toit d'un immeuble à l'autre pour attérir dans une piscine, autant de films et séquences fortes qui annoncent sans le vouloir la réalisation d'un des naufrages les plus célèbres du XXe siècle. Suivront d'autres films sur les fonds marins dont Les Fantômes du Titanic (Ghosts of the Abyss, 2003) où il explore l'épave du paquebot ou encore Sanctum (Alister Grierson, 2011) drame d'épouvante qu'il a produit où des scientifiques se retrouvent prisonniers de grottes inondées. On se souvient de son interview médiatique live pour ce film, réalisé au fond d'un bassin om il répondait aux questions en scaphandre. Récemment il vient également de descendre au plus profond de la fosse des Mariannes. Tout ça pour dire que Cameron et l'eau, c'est une grande histoire d'amour.

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Quand à l'histoire du film, elle est bien menée. Des chercheurs fouillent l'épave pour trouver un objet mais ne découvrent qu'un dessin qui montre le portrait d'une des rescapées encore vivante à ce jour. Cette dernière revient évoquer ce voyage terrible à travers 3 flashbacks. Et oui, c'est là l'une des forces de ce récit, ne le raconter qu'en 3 flashbacks très longs, entrecoupés de pauses très courtes. Ainsi on ne se perd pas entre le présent et le passé, l'histoire racontée devient l'histoire principal au point qu'on en oublierait presque qu'il s'agit d'une histoire. Cameron choisit en quelque sorte la formule du conte pour nous raconter ce naufrage, si bien que le spectateur vient voir une histoire qui le plonge rapidement dans une autre histoire et se retrouve donc davantage happé par le récit.
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L'histoire de Jack et Rose est certainement l'une des plus grandes histoires d'amour au cinéma, à ranger aux côtés d'Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, Victor Flemming, 1950) et bien d'autres. Romance que l'on pourrait qualifier "à l'eau de rose" bien qu'ici ce soit plutôt de l'eau de mer salée, d'autant que Cameron n'y va pas avec le dos de la cuillère, abusant des effets romantiques (ralentis, musiques poignantes, couchés de soleil, mouvement dansant de la caméra, feu d'artifice sur deux personnages se disant adieu du regard pour finalement se retrouver quelques minutes plus tard avec cette simple vérité qui les unie : tu sautes, je saute. Deux destins liés à jamais comme nous aimons en voir, et dans une situation qui font qu'à aucun moment nous n'avons l'impression que leurs sentiments sont gratuits et abusifs.
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En effet, Cameron veut aussi montrer la fierté et la prétention des hautes classes de la bourgeoisie, qui se prétendent maîtres du monde. Le paquebot, maints fois surnommé "l'insubmersible" était selon cette même classe le plus grand, le plus beau, le plus luxueux, bref tout ce que l'on peut faire de mieux sur terre, rivalisant par là-même avec ce que Dieu avait pu faire. Aussi, avec le croisement de ces deux personnages que tout opposent : Rose issue de la bourgeoisie et Jack des classes sociales plus pauvres, Cameron parvient à montrer, comme c'est le cas déjà dans de nombreux films, qu'il ne sert à rien d'être riche, et encore moins si c'est une question de survie "votre argent ne vous sauvera pas plus qu'il me sauvera", mais aussi que ces gens, qui prétendent être les plus forts, sont en fait enchaînés à leurs désirs et ne vivent pas la vie comme il se doit "Pour que ce jour compte !" proclame Jack haut et fort face à une tablée qui préférerait le voir se ridiculiser.
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C'est cette philosphie de la vie pour les choses les plus naturelles qui font que Rose va tomber amoureuse de lui. La jeune fille ne supporte plus son entourage et encore moins le destin tracé par une mère acâriatre et un futur époux égoiste, chacun d'eux traumatisés par l'image honteuse qu'ils peuvent donner d'eux. Cameron voulait réaliser un film d'amour, c'est réussi, avec un amour véritable que rien ne semble pouvoir séparer.... Et pourtant, ce n'est pas ça qui empêchera Jack de mourir et Rose de faire sa vie sans lui. Il fallait s'y attendre, sans quoi le film n'aurait pas autant d'ampleur, la mort de l'un des deux fait que cette aventure qui amène ses personnages au plus fort de leurs sentiments, n'est pas fait pour la durée, et le spectateur ne peut alors que subir la double tragédie : celle du naufrage et celle de la séparation des êtres qui ont risqué leur vie l'un pour l'autre.
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Mais au-delà de cette histoire d'amour, Cameron ne voulait pas que l'on rie de son film et c'est pour cela qu'il l'a minutieusement préparé pour en faire l'une des plus réalistes des représentations sans toutefois en faire un documentaire. En effet, dès le départ, il nous plonge dans l'ambiance avec des images d'archives prises lors du départ en 1912, puis il enchaîne avec des images réelles du paquebot au fond de l'océan. Ce début, qui passe d'une époque à l'autre, semble déjà nous donner le ton : Que s'est-il passé pour arriver des premières images à celles d'aujourd'hui ? Un vide qu'il va falloir combler à travers ce film. La documentation amassée au cours de la préparation permet aussi de crédibiliser le récit de nos personnages et de l'ancrer dans le réel, avec des faits divers : un enfant jouant à la toupie avec son père, une voiture de luxe voyageant dans la soute, des chiens qui viennent faire leur besoin sur le pont des classes pauvres, l'orchestre qui joue jusqu'à la fin, ces personnages qui décident de mourir avec honneur à l'intérieur du paquebot, jusqu'au décor flambant neuf à partir des images d'archives et des restes du paquebot, car si le Titanic est aujourd'hui un bout de ferraille verdâtre rongé par la rouille et les algues, il n'en a pas moins été qu'un paquebot entièrement neuf qui ne connut pas de dégradation de son vivant.
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C'est ainsi plus qu'une simple romance que nous offre le réalisateur, il nous propose bien une véritable reconstitution de ce bâteau et des événements qui ont lieu. La caméra se balade dans les couloirs des différents ponts pour nous montrer comment avait pu être la vie à bord, pour quelle classe de population et comment les événements ont pu se dérouler. On pourrait presque dire que si le naufrage est un prétexte à l'histoire d'amour, il serait de bon ton de dire que c'est l'histoire d'amour qui est prétexte à nous faire visiter ce paquebot, de la cabine du commandant à la salle des machines.
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Enfin, je voudrais parler des effets visuels qui sont purement et simplement magnifiques. Cameron joue avec des tons opposés : l'air suffocante et rougeoyante de la salle des machines face à une eau bleue glaciale. Le summum semble être donné à la fin du premier flashback, lorsque Jack embrasse Rose pour la première fois sur la proue du Titanic, sur une mer calme et un ciel mêlant des tons dorés de rouge, d'orange et de rose, pareille à une photo de carte postale : les héros réunis face au coucher de soleil paradisiaque, puis d'un long fondu enchaîné, la beauté de ce moment devient la réalité, le ciel s'épaissit pour devenir obscure et froid, et le bâteau s'abîme pour devenir l'épave qu'il est aujourd'hui alors que les protagonistes restent quelques instants de plus à s'embrasser, image d'un instant merveilleux et éphémère que seul l'éternité des eaux profondes gardera en mémoire. Cameron n'abuse pas de ces effets, et chaque fois qu'il en joue, il nous en met plein la vue. Jouant sur un rythme soutenu, il ne cherche pas à perdre nos sens au montage, et c'est tant mieux, car la beauté de ses images mérite qu'on s'y attarde.

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Concernant sa version 3D, elle est somptueuse ! James Cameron n'a pas commis les mêmes erreurs que Georges Lucas pour son premier épisode de Star Wars - La Menace Fantôme (2011). Ce dernier semblait avoir renforcé certaines profondeurs de champs par des effets numériques donnant une impression de "pâté visuel" ce que Cameron, décidément maître de la 3D, n'a pas fait. Au contraire, il en joue, renforce la netteté de sa focale principale, si bien que l'on a à faire à un vrai beau film en 3D qui ne tire pas l'oeil. On note quand même quelques défauts, parfois à des moments clés du film. Il m'a semblé que le baiser sur la proue était légèrement flou. Autre détails affiché par la 3D, les séquences tournées en images de synthèse (lorsque la caméra survole l'intégralité du paquebot) renforcent le "défaut" visuel du rendu global, mais il y en a assez peu fort heureusement. D'autres séquences en revanche méritent de s'incliner bien bas tant elles sont splendides, je pense notamment à la fête irlandaise de la 3e classe, lorsque Jack et Rose tournent en rond, l'effet 3D, malgré la vitesse du mouvement, est tout simplement magnifique !

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Au final, Titanic est un grand film d'amour comme on en voit peu, et Cameron confirme une fois de plus qu'il est un véritable auteur bien plus qu'un simple réalisateur, qui parvient à nous enchanter de son coup d'oeil à émouvoir nos sens de son style. Vous aimez le cinéma ? Vous aimez la 3D ? Alors n'hésitez pas à revoir ce chef d'oeuvre tant qu'il est encore en salle !

 

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