Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

EskaWorld

EskaWorld

Culturellement indépendant


Tout est fatal, même le talent de l'écrivain...

Publié par Eska sur 1 Août 2010, 17:24pm

Catégories : #Littérature

tout-est-fatal.jpg

 

Tout est fatal

 

Stephen King

 

2002

 

Je me rends compte que cela fait 5 ans que j'ai dans ma bibliothèque ce que je prenais pour un roman de Stephen King, mais qui est en réalité un recueil de nouvelles. Tant mieux, cela fait plus d'histoires à découvrir, d'autant que la nouvelle est un genre bien précis, comme tient à le rappeler le maître du suspens en introduction de son recueil. Un genre qu'il n'est pas donné à tout le monde de maîtriser tellement cela est difficile de créer un univers si rapidement. Mais passons directement à ces histoires.

 

Sur les 14 nouvelles de ce recueil, seulement 2 ou 3 ont vraiment retenu mon attention. A commencer par la toute première nouvelle : Salle d'autopsie quatre, où Stephen King prend un malin plaisir à décrire très minutieusement les pensées d'un personnage en apparence inconscient mais dont l'esprit est pourtant très alerte alors qu'il voit autour de lui de jeunes médecins qui se préparent à l'autopsier. Une nouvelle qui m'a littéralement glacé le sang à plusieurs reprises. On s'imagine être à la place de ce pauvre type qui essaie de crier sans que personne ne puisse l'entendre, qui fait tous les efforts possibles pour bouger, ne serait-ce que le petit doigt, pour montrer qu'il est bien vivant, alors que sur la table près de lui, les instruments de découpe brillent de mille feux et que les médecins s'amusent à l'idée de procéder à leur travail... Un véritable cauchemar cette première nouvelle, qui rappelle un peu l'épisode de Tarantino pour CSI, un cauchemar que personne ne souhaiterait vivre, que ce soit en tant que patient qu'en temps que médecin.

 

Malheuresement, King n'aurait pas du commencer aussi fort. Car la suite s'essouffle beaucoup. L'homme au costume noir nous ramène dans la peau d'un enfant face à un adulte inconnu et bizarre. Une rencontre qui nous ramène à des peurs enfantines, cette peur qui s'empare de nous, petit être innocent face à un adulte que l'on a déshumanisé. Puis King se met à raconter des histoires prétextes : Tout ce que vous aimez sera emporté et La mort de Jack Hamilton en sont les plus flagrantes. La première est un prétexte pour ressortir toutes les citations que l'auteur aura glané ici et là dans les toilettes des stations autoroutières. Citations amusantes, réflexives, effrayantes parfois, alors que l'histoire elle-même tourne autour d'un pauvre type qui se demande ce qu'il va bien faire avec tout cela. L'autre nous entraîne dans la bande du célèbre hors-la-loi John Dillinger, où comment ce dernier a pu recevoir sa petite cicatrice au visage.

 

stephen-king.jpg

Et puis le recueil fait un détour par l'une des principales sagas d'héroic-fantasy de l'auteur, celle de La Tour Sombre (1982-2004), où l'on retrouve le personnage de Roland, prisonnier de vampires dans un couvent de bonne soeur. Si le début est assez indigeste, il faut attendre la moitié du récit pour commencer à apprécier l'histoire. Mais celle-ci intéressera davantage les fans de la saga que les lecteurs orientés suspens.

 

Tout est fatal, la nouvelle éponyme, est intéressante. Elle raconte comment un jeune homme s'est fait recruté et raconte ses journées passées à ne rien faire, tout en produisant de simples messages codés, envoyés par mails à des inconnus. Il sait que ces messages sont destinés à punir, et lorsqu'il croise les gros titres des journaux, c'est toute sa vie qui se retrouve chamboulé, alors qu'au fond de lui revient une scène de son passé qui le hante profondemment. Du Stephen King classique en somme, ni plus, ni moins.

 

road-virus.jpg

Quand l'autovirus met le cap au Nord m'a beaucoup plus, car elle met l'accent sur une oeuvre créée de toute pièce, ici une peinture, qui s'anime quand on ne la regarde par et qui semble prendre vie dans la réalité. Stephen King s'attache à cette histoire pour deux raisons : tout d'abord il se met en scène, celui d'un auteur de romans à suspens, Richard Kinnel, en proie à trouver une inspiration dans une vieille brocante, et enfin parce que ce tableau, trouvé justement dans l'une de ces brocantes, est celui qu'il dit posséder au-dessus de son bureau de travail. Je serais curieux de voir l'épisode télévisuel qui a été réalisé pour la série Rêves et cauchemars. Quoi qu'il en soit, le personnage du tableau reprend vie à travers celui-ci et semble assassiner ceux qui ont croisé son regard...Est-ce lui que Richard entend monter dans les escaliers alors que le tableau ne montre plus que l'image d'une voiture vide garée devant sa propre maison ? Vous l'aurez compris, simple et efficace, cette nouvelle, quoiqu'un genre habituelle de l'auteur, est à découvrir.

 

J'ai totalement décroché de ce recueil avec Déjeuner au Gotham Café qui n'a ni queue ni tête. Un couple en instance de divorce se rencontre dans un restaurant new-yorkais avec leurs avocats respectifs, afin de régler quelques détails de l'affaire. Quand soudain, le maître d'hôtel se met à péter un cable et à agresser tout le monde. Résultat : une histoire qui m'a semblé interminable et d'un ennui....

 

Du coup, je l'avoue, je n'ai pas été jusqu'au bout du recueil, lire beaucoup de nouvelles, c'est lire beaucoup d'histoire, je l'ai déjà dit, mais c'est également plonger à chaque fois dans des univers proches par le style d'écriture de l'auteur, et de ce côté-là, Stephen King n'évolue pas tellement. Je me suis tout de même forcé à lire Un tour sur le Bolid' qui m'a agréablement surpris, où King évoque ses émotions tout en reprenant une légende urbaine bien connue, celle d'un étudiant qui monte à bord d'une voiture conduite par un mort, par LA mort, qui lui propose un marché : choisir entre lui ou sa mère. Très sympathique dans le genre et je vous la conseille vivement !

un-tour-sur-le-bolid.jpg

Voilà pour ce recueil, je n'aurais pas lu 1408, qui a subi une adaptation cinématographique par Mikaël Hafstrom en 2007, mais qui n'a pas fait grand bruit semble-t-il, et Petite chansseuse, car il fallait vraiment que je passe à autre chose. Aussi je vous conseille la lecture de ces quelques nouvelles, celles que je n'ai pas mentionné ne m'ont pas vraiment intéressée. Mais ce recueil aura au moins eu le mérite de me faire découvrir les faces de l'auteur qu'est Stephen King : celui qui écrit pour vendre des histoires qui n'ont souvent pas d'autres intérêt que de s'adonner à l'exercice de style, et celui qui raconte des faits marquants de sa propre vie. Croyez-moi, on sent vraiment quelles histoires l'ont touché, ce qui confère à celles-ci un univers plus précis, plus personnel et souvent mieux aboutie.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents