Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

EskaWorld

EskaWorld

Culturellement indépendant


Transformers, une mécanique d'imprécision mal huilée...

Publié par Eska sur 8 Août 2010, 10:57am

Catégories : #Cinéma

transformers.jpg

 

Transformers

 

Michael Bay

 

(2007)



Je n'avais pas été très emballé à la base par ce film, m'attendant à un truc sans saveur bourré d'effets spéciaux. Et puis finalement je me suis laissé tenté après que la folie soit retombé, et venant de l'acquérir en DVD, je me suis laissé prendre au jeu, d'autant que les critiques de mon père et d'un ami étaient favorables....Chacun ses goûts...

Sam Witwicky, lycéen un peu paumé, vient d'acquérir sa première voiture. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il s'agit d'un véhicule capable de se transformer en un robot surpuissant. Alors que l'armée se bat contre ces machines maléfiques, Sam découvre que son grand-père avait fait une découverte capitale dans la guerre opposant les Autobots et les Decepticons. Ces derniers cherchant à réveiller le terrible Megatron et a acquérir le Cube, une arme surpuissante capable de détruire l'univers.

Michael Bay m'avait ému avec ses premiers films : Bad Boys, Rock ou encore Armageddon. Aussi je m'attendais vraiment à quelque chose d'exceptionnelle niveau action. Mais là je dois dire que j'ai été assez déçu, je me suis même demandé à un moment si le réalisateur ne cherchait pas à se parodier lui-même. On retrouve d'ailleurs parfaitement sa touche et ses habitudes : une caméra toujours en mouvement, un montage qui enchaînent des plans de plus en plus courts, si les Frères Lumière ont inventé le "plan-séquence" Michael Bay lui a inventé le "micro-plan".

De même que le scénario que je trouve cette fois-ci extrêment pauvre : des machines en guerre, des destructions massives, des coureses-poursuites à couper le souffle, quelques répliques qui tentent d'être bien placées, des personnages secondaires qui apportent leur contribution mais dont on finit par se moquer royalement au final, et des dialogues complètement inutiles... En fait, on a l'impression que les scénaristes ont eu peur de ne pas être pris au sérieux avec une histoire pareille et ont donc cherché en faire une histoire distrayante à la limite du grotesque.

Il faut croire que Michael Bay était déçu de ne pas avoir donné sa vision des attentats du 11 septembre ou de la guerre en Irak, c'est sans doute pour ça qu'il a voulu se rattraper ici, faisant de son film plus un film de guerre qu'un film fantastique, où l'armée tient une place prépondérante tout en étant mise sur un piedestral. La perte est tragique mais de valeureux soldats sont capables de s'opposer sans peur à des machines venues d'outre espace, comme quoi il n'y a que les Marines qui soient capables de ça. On savait Bay nationaliste, mais à ce point, c'est limite du narcissisme.

Ainsi on ne peut échapper aux traditionnelles caméras embarquées en pleine bataille au milieu des soldats, sur un vélo ou encore au milieu des pirouettes robotiques qui font qu'on ne parvient absolument pas à comprendre ce qui se passe au milieu de cet amas de ferraille lors des combats. On ne peut échapper non plus à l'un de ses plans fétiches de la caméra pivotant de l'ennemi aux alliés durant les séquences d'affrontement, quasiment le même plan que dans Bad Boys 2. Ou encore la perte totale de l'espace.... une autoroute se transforme d'un plan à l'autre en bretelle chevauchant divers axes suspendus, à croire que d'un plan à l'autre, le monde change dans l'univers de Bay.

Mais ce qui m'agace le plus, c'est la prestation des acteurs. Shia LaBeouf m'agaçait déjà lors de la sortie du film alors que je l'avais déjà vu et apprécié pour ses petits rôles dans I, Robot et Constantine. Le fait qu'il soit choisi par Spielberg pour le dernier Indiana Jones m'a fait craindre le pire, tout en me disant que Spielberg avait toujours fait les bons choix, mais dans Transformers, en fait le personnage qu'il interprète est totalement grotesque, tantôt une chiffe molle, tantôt un héros, c'est un personnage qui ne sait pas sur quel pied danser et j'ai l'impression que le pauvre Shia ne le sait pas non plus.... Je suis d'autant plus mauvaise langue que la version française est absolument écoeurante, et ses dialogues sont si inutiles que je me suis vite remis sur la version originale pour arriver jusqu'au bout du film, car ses dialogues sont hésitants, et il parle malheureusement beaucoup trop, si bien qu'on a littéralement envie de crier "Ferme ta gu**** et avance un peu !!!"

Les gags ne sont pas crédibles eux aussi, des robots datant de millions d'années avec une intelligence supérieure ne sont pas capable de rester 5 min tranquille sans exploser le jardin de la maison, et le pauvre Sam qui se débat tant bien que mal à expliquer à ses parents qu'il ne se masturbe pas dans sa chambre, l'ensemble de la scène de recherche des lunettes est beaucoup trop longue et doté de gags complètement loufoques et inutiles selon moi. Mais à d'autres moments cela a lieu, en fait, je trouve qu'il y en a parfois trop là où il devrait moins y en avoir et pas assez là où il devrait y en avoir plus...

Malgré tous ces points qui m'ont un peu destabilisé dans ce film, je ne peux que saluer l'admirable travail d'effets spéciaux qui est véritablement époustouflant. Les machines se transforment encore et encore, courent, volent, évoluent dans un univers, notre monde, comme s'ils avaient leur place. Là où je suis impressionné, c'est que je n'ai pas ressenti à un seul moment l'impression d'être devant un amas de pixels grossiers. Les robots sont là, ils sont vivants, ils sont comme si on les avait directement filmé à l'écran et ça dans tous les plans possibles et imaginés. La qualité des graphismes confère vraiment au film sa réussite.

Au final, on a affaire à un énorme film d'effets spéciaux réussis dans une histoire trop ciblée vers le teen-movie. C'est fort dommage car ce film mériterait vraiment d'être approfondi.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents