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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 14:21

Stranger Things

Matt & Ross Duffer

2016

 

Mike, Lucas, Dustin et Will sont une bande de copains qui passent le plus clair de leur temps à s'inventer des aventures par le biais de jeux de rôle au fond de leur sous-sol. Mais un soir en rentrant chez lui, Will disparaît mystérieusement après avoir croisé une silhouette étrange qui le poursuivait. Dès lors, c'est toute une communauté qui se met à sa recherche : sa mère et son frère, le shérif de la ville et surtout ses amis. Tandis que les disparitions continuent, les 3 amis font la rencontre de Eleven, une mystérieuse jeune fille échappée d'un laboratoire et dotée de pouvoir surnaturels. Elle pourrait bien être la clé qui permettrait de retrouver Will.

Stranger Things, c'est la série Netflix à succès de cet été et qui n'a pas arrêté de faire parler d'elle sur les réseaux sociaux. Et pour cause, elle met parfaitement en scène l'ambiance perdue et devenue délicieusement rétro des années 80 enchaînant par là même les clins d'oeil et références au cinéma de cette époque. Pas étonnant dès lors que toute une partie de ses spectateurs s'y soient retrouvés et l'aient propulsé en tête en tête d'affiche.

Il est vrai que tous les ingrédients sont là pour nous assurer un bon moment sur les 8 épisodes que compte la série. On retrouve du Stephen King avec ses petites villes et communautés, ses bandes de copains et son surnaturel inquiétant, du E.T. l'extraterrestre (E.T. The Extraterrestrial, Steven Spielberg, 1982) avec sa bande de gamins en roulant en BMX, sa course poursuite qui nous laisse entrevoir une envolée cycliste avant de nous surprendre littéralement, ou encore des scènes où Mike présente ses jouets à Eleven ou bien le moment où elle découvre la télévision. Des références évidentes à Stand By Me entre les disputes ou une simple séquence de marche le long d'une voie ferrée. Des références aux Goonies (Richard Donner, 1986), à The Thing (John Carpenter, 1982), et tout simplement à X Files avec son ambiance surnaturelle. Bien évidemment cette liste n'est pas exhaustive.

Mais ce qui fait le succès de cette série fait aussi à mes yeux sa faiblesse inévitable. En effet, à vouloir enchaîner les références, le spectateur averti se retrouve dans une étrange sensation de déjà-vu permanente, se demandant sans cesse où il aurait déjà vu cette séquence ou à quelle film lui fait penser ce personnage avec sa casquette qui correspond à plusieurs films. Aussi, cette gymnastique pas toujours évidente nous fait un peu passer à côté du reste je trouve. Mais elle confirme également une autre faiblesse dans la série : son scénario.

 

En effet, 8 épisodes peuvent paraître courts, pourtant, je les ai trouvé assez longs dans l'ensemble. En effet, le récit se déroule sur quelques jours seulement, aussi les allers-retours et répétitions sont nombreux et, bien que cela marque le degré d'investissement de chacun des personnages, on attend surtout la confrontation finale qui tarde à venir. Cela se traduit également par quelques éléments de scénario un peu long comme les travers complotistes qui nous sont servis pour cacher la vérité aux personnages. Et puis, les possibilités de l'autre monde sont à peine exploitées mais s'agissant d'une première saison "test", il était judicieux de se concentrer sur une petite partie pour ne pas tomber dans des suggestions rocambolesques et ratées.

Pourtant j'ai bien aimé cette série. J'ai passé un très bon moment à la regarder et je suis resté fasciné par le personnage d'Eleven, interprété par Millie Brown. Entre son crâne rasé, son regard noir et son air à la fois fragile et déterminé, autant vous dire que j'espère qu'elle saura concrétiser son talent dans les années à venir. Mais surtout son personnage met en scène une jeune fille forte, à la fois attendrissante mais aussi guerrière. Le genre de personnage féminin que l'on souhaiterait voir plus souvent à l'écran et qui découle, là encore, de toute une série de références aux femmes fortes (et au crâne rasé qui découle là aussi de nombreuses références : Alien 3, A Armes Egales, V for Vendetta, Mad Max : Fury Road, Beyond : Two Souls, etc.).

Il serait également intéressant de faire un parallèle entre Stranger Things et le jeu vidéo Beyond : Two Souls (Quantic Dreams, 2013) qui aborde aussi un inframonde où règnent des entités maléfiques ou amicales avec qui Jodie peut communiquer. Si le traitement des deux mondes est totalement différent, on retrouve de nombreuses similitudes dans la construction du récit, les personnages et la crainte de cet univers incompris.

Enfin, il serait vain de parler de Stranger Things sans aborder sa bande originale. En effet, les musiques rock et électros choisies pour accompagner la série lui permettent de s'intégrer parfaitement dans cette époques 80's. Entre succès commerciaux et morceaux moins connus, une chose est sûr, la compilation s'écoute en boucle sans jamais se fatiguer.

 

La saison se termine par une fin ouverte sur une possible suite. J'espère qu'elle verra le jour, ne sera que pour enrichir le monde des ténèbres et nous rappeler une fois de plus à la nostalgie des années 80. Mais d'ici là, le casting aura certainement grandi. Espérons là aussi, qu'il garde son charme.

Published by Eska - dans Cinéma
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 20:37

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Tucker & Dale fightent le Mal

 

(Tucker & Dale VS Evil)

 

Eli Craig

 

2010

 

Tucker et Dale sont deux amis un peu péquenauds sur les bords. Ils ont décidé de s'offrir une petite maison perdue au fin fond des bois pour la retaper, mais en chemin, ils tombent sur une bande de lycéens pleins d'à prioris et venus faire du camping à proximité. Tout dérape lorsque les 2 amis récupère Allison après une chute. D'un côté, les étudiants malchanceux croient que Tucker et Dale sont 2 assassins, alors qu'eux pensent qu'il s'agit d'étudiants venus faire un suicide collectif, ces derniers mourrant dans divers accidents.

 

Ce film joue parfaitement bien sur le style du slasher movie en forêt : une bande d'étudiant, des bouseux, une maison perdue au fond des bois et de mystérieuses histoires de tueurs. Mais très vite, le film se pose en contrepoint de tout ce que l'on connaît. Les étudiants ne sont pas les victimes mais les assassins tandis que les 2 paysans sont 2 potes simplets qui ne veulent pas d'histoires.

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La véritable force de ce film est donc de mettre en scène toutes les situations connues pour les inverser en réalité. L'exemple flagrant de Dale courant dans les bois, tronçonneuse en marche, pour fuir une attaque de frelons, et qui sera considéré comme une tentative de meurtre par l'un des étudiants, lequel finira empalé malgré lui sur une branche. Les morts s'enchaînent donc les uns après les autres sans aucun meurtre si ce n'est par pur accident, et parfois dans des situations totalement loufoques et rocambolesques.

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Au-delà de ces situations, le film parvient tout de même à garder une image de slasher movie avec son tueur sanguinaire lié à un passé trouble. Et si l'on voit venir les ficelles, on ne peut s'empêcher d'apprécier ce nouveau retournement des clichés habituels du genre ! Le film garde d'ailleurs un constant décalage avec tous ces éléments pour mieux en jouer.

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Au final, Tucker & Dale fightent le Mal est un film à la fois fun et intelligent et qui ne manquera pas de plaire non seulement aux amateurs du genre mais également à ceux qui veulent se payer une grosse barre de rire. L'un des meilleurs selon moi !

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 22:58

darkwing

 

Darkwing

 

Kenneth Oppel

 

2007

 

Il y a 65 millions d'années, la terre a subi un grave cataclysme conduisant à l'extinction des dinosaures mais également à la création de nouvelles espèces. C'est au sein d'un clan de chiroptères que Dusk, une créature pas comme les autres, va venir au monde. Le jeune garçon sait voler et utiliser l'écholocation, ce qui met le doute aux membres de la colonie, surtout lorsque l'un d'entre eux est attaqué par les oiseaux. Peu de temps après, ce sont les félidés qui s'en prennent à la colonie, les obligeant à quitter leur île où ils vivaient reclus depuis des années. Mais le chemin jusqu'à un nouveau paradis est long et semé d'embuches tandis que leur passé leur joue des tours et que des conflits s'organisent entre les anciens.

http://xxi.ac-reims.fr/gr-sc-mourmelon/photo/oreillard.jpg

Une fois de plus, Kenneth Oppel a choisi de revenir sur ses créatures de prédilection que sont les chauves-souris. Mais plutôt que de poursuivre les aventures du jeune Ombre, héros des romans  Silverwing,  Sunwing et Firewing, il préfère revenir bien en arrière, là où tout a commencé pour cette espèce hors du commun. On se retrouve donc à suivre un groupe de chiroptères, des créatures qui ne savent pas voler mais qui possèdent des voiles pour planer. Oppel indique clairement à la fin de son livre que cet espèce a été inventée pour les besoins de l'histoire et qu'elle permet d'introduire une certaine image de l'évolution au moment de la disparition des dinosaures.

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C'est ainsi que l'on suit Dusk. Ce jeune chiroptère n'est pas comme les autres, ses voiles sont plus larges et lui servent à voler au même titre que les oiseaux. De même que ses capacités d'écolocation qu'il a hérité de sa mère lui permette de voir dans l'obscurité bien mieux que le jour, alors que les autres n'émettent que des clics pour chasser. De ce fait, Dusk a peur d'être rejeté, et à juste titre puisque la majorité des membres de la colonie le considère comme une créature néfaste, en proie à une maladie et qui aurait certainement été éradiqué s'il n'était pas le fils du chef de la colonie. Le livre aborde de manière assez simple ces prémices du racisme, de rejet de l'autre par sa différence.

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Tout le reste du livre traitre en grande partie de l'exode de la colonie et des difficultés à trouver une nouvelle terre promise. La colonie peut rapidement s'établir auprès d'un nouveau clan mais la condition est de renier leur système de pensée, leur religion en quelque sorte, celle qui consistait à ne plus détruire les oeufs de sauriens. Cette pratique avait été établi entre les créatures du monde pour survivre face aux dinosaures prédateurs. Un acte rejeté par la colonie mais qui est très mal vu du reste du monde. On pourrait rapprocher ce thème d'un autre bien connu de notre monde actuel, même si le raccourci paraît facile, mais il n'en est pas moins que dans notre monde très morcelé, il est difficile, voire maintenant impossible, de s'établir dans un lieu sans devoir subir la haine ou la direction d'un autre.

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Une fois de plus donc, Kenneth Oppel réussit à nous plonger au coeur du monde animal. L'histoire évolue rapidement avec un bon rythme, pareil à un film de Spielberg au dénouement quasi "jurassic parksien" avec les attaques répétées de ces pauvres créatures. Le livre pose également cette question essentielle : est-il nécessaire de tuer pour survivre ? Est-que la mort d'un individu encore non venu au monde est juste pour la survie d'un groupe ? Autant de questions philosophiques qu'il serait intéressant d'aborder avec de jeunes lecteurs.

 

Au final, Darkwing mériterait d'avoir une suite, et si tel est le cas, je suis impatient de la lire.

 

En bonus pour clôturer cette grande saga sur les chauve-souris, une vidéo récente de la découverte d'une colonie dans un toit... Âmes sensibles...

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 23:12

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Firewing

 

Kenneth Oppel

 

2002

 

La vie a recommencé comme avant. Alors que les femelles élèvent les nouveaux-nés à la pouponnière, les mâles mènent leur petit bout de vie à l'écart. Ombre et Marina ont eu un enfant, Griffon, lequel n'est pas des plus téméraires.Pour impressionner son père qu'il ne connaît que par ses aventures, Griffon décide de voler le feu aux humains. Mais la bêtise tourne au drame lorsqu'il brule son amie Luna par accident. Honteux, Griffon part se cacher. Un tremblement de terre l'entraîne alors dans les profondeurs de la terre où règne en maître le puissant Cama Zotz. Ombre se lance à sa recherche sans hésiter. Les 2 chauve-souris auront fort à faire aux enfers et devront garder leur aura vivante pour retourner à la surface.

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Il y a à mon sens 2 type de 3e épisode dans une trilogie.
Il y a l'épisode qui vient clore toutes les péripéties entamées dans les 2 précédents opus et il y a l'épisode qui s'ajoute à une quête déjà achevée.
Si Sunwing était une suite parfaite de  Silverwing en confrontant nos principaux héros à de nouvelles péripéties, ce n'est pas le cas avec Firewing. Bien sûr, on retrouve notre cher Ombre, courageux par nature et qui se lance dans une quête désespérée, mais on se retrouve surtout avec de nouveaux personnages et de nouvelles façons de penser. Alors qu'Ombre est toujours poussé par une pulsion de vie, son jeune fils cherche surtout à éviter tout ce qui pourrait nuire à sa santé. Aussi, il devient très vite lassant et on regrette que le livre ne donne pas une part plus grande à son père.

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Vous l'avez compris, je me suis ennuyé dans ce tome, mais vraiment ennuyé. Il n'a pas du tout la saveur des précédents opus. Beaucoup plus orienté sur le religieux, beaucoup trop même, au point d'en devenir difficile à appréhender. Nos héros se retrouvent en enfers, là où errent les chauves-souris mortes avant de rejoindre leur Eden promis, mais nos héros y arrivent simplement en tombant dans un trou. Il y a comme une sorte de rapport entre réalité et croyance qui me dépasse totalement, ou alors je suis passé à côté. Bien entendu, on note la principale référence : la mythologie grecque.

http://www.linternaute.com/science/biologie/grandes-migrations/image/chauve-souris-697350.jpg

Dans ces abysses terrestres où vivent les non-vivants se tient Cama Zotz, entité non vivante qui cherche à revenir à la surface de la Terre. Il chargera Goth, l'ennemi juré d'Ombre, de se débarrasser de son fils pour lui voler son aura, seul pouvoir capable de lui permettre de revenir à la vie. De son côté, Griffon tente de rejoindre l'arbe sacré, seul chemin capable de retourner sur terre pour les vivants et d'accéder au paradis pour les morts. Il est accompagné de son ami Luna, laquelle a perdu la mémoire au moment de sa résurrection dans le royaume des morts.

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Bref, si le parcours est jalonné de références qu'il faut connaître pour en apprécier tout le sens, pour les non-initiés, il est parfois bien difficile de s'y retrouver, et c'est sans doute ce qui provoque l'ennui, ça et le fait que Griffon a autant de charisme qu'un moucheron, et cela, même Ombre ne parvient pas à nous en donner soif. Ce personnage que j'ai suivi avec beaucoup de plaisir pendant quelques semaines tire bien mal sa révérence.

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Au final, ce troisième tome des aventures d'Ombre restera un mauvais moment de lecture pour moi que je regretterais presque d'avoir lu. Une déception aussi grande que mon plaisir à lire ses prédécesseurs. Dommage.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:19

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Titanic - Titanic 3D


James Cameron


(1998 / 2012)


Alors qu'il fait des recherches pour retrouver un bijou d'une grande valeur dans l'épave du Titanic, Brock Lovett et son équipe ne découvrent qu'un coffre-fort rempli de paperasses. Pourtant, un détail attire leur attention, celui d'un dessin conservé d'une femme qui porte ce bijou : le Coeur de l'Océan. Cette femme, Rose Dewitt Butaker, approchant la centaine, revient alors sur l'histoire qu'elle a vécu à bord du paquebot insubmersible.


Je me rappelle encore de la déferlante que fut le film lors de sa sortie, et pas seulement en France, où il trône premier du classement avec ses plus de 20 millions d'entrées, mais partout dans le monde, certain(e)s fans aidant (de DiCaprio surtout) en se vantant d'être aller le voir un nombre incalculable de fois. Moi même j'y suis allé 2 fois et je n'ai pas résisté à y aller une 3e fois dans sa version 3D.

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Lorsque James Cameron décide de faire revivre le Titanic, il n'y va pas pas quatre chemins. Il prétend même que faire un film pareil était simplement une bonne excuse pour aller voir l'épave du paquebot au fond de l'océan. Pourtant ce n'est pas le premier film qui raconte ce naufrage, un téléfilm bien connu est diffusé assez régulièrement sur nos écrans, mais c'est certainement le plus émouvant et le plus réaliste.
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Si l'on devait définir un élément pour James Cameron, ce serait l'eau, le liquide mais comme destructeur. Son premier film, Piranhas 2 (1981) en est un premier exemple, suivront ensuite Abyss (1989) et ses profondeurs féériques mais dangereuses, Terminator 2 : le jugement dernier (1991), où le liquide n'est plus celui de l'eau mais du métal en fusion qui viendront à bout du T-1000 et du T-101, Trues Lies (1994), qui propose une scène explosive dans les toilettes d'un centre commercial qui seront réduites à néant avant de faire s'envoler un motard du toit d'un immeuble à l'autre pour attérir dans une piscine, autant de films et séquences fortes qui annoncent sans le vouloir la réalisation d'un des naufrages les plus célèbres du XXe siècle. Suivront d'autres films sur les fonds marins dont Les Fantômes du Titanic (Ghosts of the Abyss, 2003) où il explore l'épave du paquebot ou encore Sanctum (Alister Grierson, 2011) drame d'épouvante qu'il a produit où des scientifiques se retrouvent prisonniers de grottes inondées. On se souvient de son interview médiatique live pour ce film, réalisé au fond d'un bassin om il répondait aux questions en scaphandre. Récemment il vient également de descendre au plus profond de la fosse des Mariannes. Tout ça pour dire que Cameron et l'eau, c'est une grande histoire d'amour.

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Quand à l'histoire du film, elle est bien menée. Des chercheurs fouillent l'épave pour trouver un objet mais ne découvrent qu'un dessin qui montre le portrait d'une des rescapées encore vivante à ce jour. Cette dernière revient évoquer ce voyage terrible à travers 3 flashbacks. Et oui, c'est là l'une des forces de ce récit, ne le raconter qu'en 3 flashbacks très longs, entrecoupés de pauses très courtes. Ainsi on ne se perd pas entre le présent et le passé, l'histoire racontée devient l'histoire principal au point qu'on en oublierait presque qu'il s'agit d'une histoire. Cameron choisit en quelque sorte la formule du conte pour nous raconter ce naufrage, si bien que le spectateur vient voir une histoire qui le plonge rapidement dans une autre histoire et se retrouve donc davantage happé par le récit.
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L'histoire de Jack et Rose est certainement l'une des plus grandes histoires d'amour au cinéma, à ranger aux côtés d'Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, Victor Flemming, 1950) et bien d'autres. Romance que l'on pourrait qualifier "à l'eau de rose" bien qu'ici ce soit plutôt de l'eau de mer salée, d'autant que Cameron n'y va pas avec le dos de la cuillère, abusant des effets romantiques (ralentis, musiques poignantes, couchés de soleil, mouvement dansant de la caméra, feu d'artifice sur deux personnages se disant adieu du regard pour finalement se retrouver quelques minutes plus tard avec cette simple vérité qui les unie : tu sautes, je saute. Deux destins liés à jamais comme nous aimons en voir, et dans une situation qui font qu'à aucun moment nous n'avons l'impression que leurs sentiments sont gratuits et abusifs.
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En effet, Cameron veut aussi montrer la fierté et la prétention des hautes classes de la bourgeoisie, qui se prétendent maîtres du monde. Le paquebot, maints fois surnommé "l'insubmersible" était selon cette même classe le plus grand, le plus beau, le plus luxueux, bref tout ce que l'on peut faire de mieux sur terre, rivalisant par là-même avec ce que Dieu avait pu faire. Aussi, avec le croisement de ces deux personnages que tout opposent : Rose issue de la bourgeoisie et Jack des classes sociales plus pauvres, Cameron parvient à montrer, comme c'est le cas déjà dans de nombreux films, qu'il ne sert à rien d'être riche, et encore moins si c'est une question de survie "votre argent ne vous sauvera pas plus qu'il me sauvera", mais aussi que ces gens, qui prétendent être les plus forts, sont en fait enchaînés à leurs désirs et ne vivent pas la vie comme il se doit "Pour que ce jour compte !" proclame Jack haut et fort face à une tablée qui préférerait le voir se ridiculiser.
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C'est cette philosphie de la vie pour les choses les plus naturelles qui font que Rose va tomber amoureuse de lui. La jeune fille ne supporte plus son entourage et encore moins le destin tracé par une mère acâriatre et un futur époux égoiste, chacun d'eux traumatisés par l'image honteuse qu'ils peuvent donner d'eux. Cameron voulait réaliser un film d'amour, c'est réussi, avec un amour véritable que rien ne semble pouvoir séparer.... Et pourtant, ce n'est pas ça qui empêchera Jack de mourir et Rose de faire sa vie sans lui. Il fallait s'y attendre, sans quoi le film n'aurait pas autant d'ampleur, la mort de l'un des deux fait que cette aventure qui amène ses personnages au plus fort de leurs sentiments, n'est pas fait pour la durée, et le spectateur ne peut alors que subir la double tragédie : celle du naufrage et celle de la séparation des êtres qui ont risqué leur vie l'un pour l'autre.
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Mais au-delà de cette histoire d'amour, Cameron ne voulait pas que l'on rie de son film et c'est pour cela qu'il l'a minutieusement préparé pour en faire l'une des plus réalistes des représentations sans toutefois en faire un documentaire. En effet, dès le départ, il nous plonge dans l'ambiance avec des images d'archives prises lors du départ en 1912, puis il enchaîne avec des images réelles du paquebot au fond de l'océan. Ce début, qui passe d'une époque à l'autre, semble déjà nous donner le ton : Que s'est-il passé pour arriver des premières images à celles d'aujourd'hui ? Un vide qu'il va falloir combler à travers ce film. La documentation amassée au cours de la préparation permet aussi de crédibiliser le récit de nos personnages et de l'ancrer dans le réel, avec des faits divers : un enfant jouant à la toupie avec son père, une voiture de luxe voyageant dans la soute, des chiens qui viennent faire leur besoin sur le pont des classes pauvres, l'orchestre qui joue jusqu'à la fin, ces personnages qui décident de mourir avec honneur à l'intérieur du paquebot, jusqu'au décor flambant neuf à partir des images d'archives et des restes du paquebot, car si le Titanic est aujourd'hui un bout de ferraille verdâtre rongé par la rouille et les algues, il n'en a pas moins été qu'un paquebot entièrement neuf qui ne connut pas de dégradation de son vivant.
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C'est ainsi plus qu'une simple romance que nous offre le réalisateur, il nous propose bien une véritable reconstitution de ce bâteau et des événements qui ont lieu. La caméra se balade dans les couloirs des différents ponts pour nous montrer comment avait pu être la vie à bord, pour quelle classe de population et comment les événements ont pu se dérouler. On pourrait presque dire que si le naufrage est un prétexte à l'histoire d'amour, il serait de bon ton de dire que c'est l'histoire d'amour qui est prétexte à nous faire visiter ce paquebot, de la cabine du commandant à la salle des machines.
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Enfin, je voudrais parler des effets visuels qui sont purement et simplement magnifiques. Cameron joue avec des tons opposés : l'air suffocante et rougeoyante de la salle des machines face à une eau bleue glaciale. Le summum semble être donné à la fin du premier flashback, lorsque Jack embrasse Rose pour la première fois sur la proue du Titanic, sur une mer calme et un ciel mêlant des tons dorés de rouge, d'orange et de rose, pareille à une photo de carte postale : les héros réunis face au coucher de soleil paradisiaque, puis d'un long fondu enchaîné, la beauté de ce moment devient la réalité, le ciel s'épaissit pour devenir obscure et froid, et le bâteau s'abîme pour devenir l'épave qu'il est aujourd'hui alors que les protagonistes restent quelques instants de plus à s'embrasser, image d'un instant merveilleux et éphémère que seul l'éternité des eaux profondes gardera en mémoire. Cameron n'abuse pas de ces effets, et chaque fois qu'il en joue, il nous en met plein la vue. Jouant sur un rythme soutenu, il ne cherche pas à perdre nos sens au montage, et c'est tant mieux, car la beauté de ses images mérite qu'on s'y attarde.

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Concernant sa version 3D, elle est somptueuse ! James Cameron n'a pas commis les mêmes erreurs que Georges Lucas pour son premier épisode de Star Wars - La Menace Fantôme (2011). Ce dernier semblait avoir renforcé certaines profondeurs de champs par des effets numériques donnant une impression de "pâté visuel" ce que Cameron, décidément maître de la 3D, n'a pas fait. Au contraire, il en joue, renforce la netteté de sa focale principale, si bien que l'on a à faire à un vrai beau film en 3D qui ne tire pas l'oeil. On note quand même quelques défauts, parfois à des moments clés du film. Il m'a semblé que le baiser sur la proue était légèrement flou. Autre détails affiché par la 3D, les séquences tournées en images de synthèse (lorsque la caméra survole l'intégralité du paquebot) renforcent le "défaut" visuel du rendu global, mais il y en a assez peu fort heureusement. D'autres séquences en revanche méritent de s'incliner bien bas tant elles sont splendides, je pense notamment à la fête irlandaise de la 3e classe, lorsque Jack et Rose tournent en rond, l'effet 3D, malgré la vitesse du mouvement, est tout simplement magnifique !

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Au final, Titanic est un grand film d'amour comme on en voit peu, et Cameron confirme une fois de plus qu'il est un véritable auteur bien plus qu'un simple réalisateur, qui parvient à nous enchanter de son coup d'oeil à émouvoir nos sens de son style. Vous aimez le cinéma ? Vous aimez la 3D ? Alors n'hésitez pas à revoir ce chef d'oeuvre tant qu'il est encore en salle !

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 07:54

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Real Steel

 

Shawn Levy

 

2011

 

Charlie Kenton, ancien boxeur, tente de régler ses dettes grâce à des combats de robots. Mais ses récentes défaites le mettent une fois de plus sur la touche, même avec des robots champions de leur catégorie. La mort de son ex-femme l'oblige alors à rencontrer son fils Max, lequel est également un passionné de ce genre de combat. Alors qu'ils cherchent des pièces dans une décharge, Max découvre un vieux robot d'entrainement qu'il décide de ramener avec lui. Devant les capacités de ce prototype, Max demande à Charlie de l'entraîner pour en faire un vrai robot de combat. Les victoires se succèdent alors...

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Des bastons de robots ? Rien de bien nouveau. Dessins animés ou séries lives japonaises, on en a vu passer des machines anthropomorphes sur nos écrans : Transformers, X-Or et autres Bioman, Terminator ou A.I. Intelligence Artificielle (A.I. Artificial Intelligence, Steven Spielberg, 2001), on se rappelle dans ce dernier la destruction des cyborgs dans l'arène lors des combats programmés comme c'est aussi le cas ici. Visuellement cela marche d'ailleurs mieux que Transformers (Michael Bay, 2007). La mécanique ne cherche pas le tape-à-l'oeil mais bien à être ancrée dans la réalité de nos personnages. Un mélange de robotique live et de motion capture permet d'y croire facilement et les combats donne alors vraiment l'impression que l'on est face à de véritables matchs de boxe.

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D'ailleurs Real Steel s'inspire également des meilleurs films de boxe. Bien entendu, on se souviendra davantage de Rocky (John G. Avildsen, 1976), opposant là aussi un challenger parti de rien et avec une rage de vaincre et un mental d'acier, mais surtout dôté d'une incroyable résistance. Cela lui sera bien utile au moment d'affronter le champion du monde, enchaînant les round à la manière d'un Rocky Balboa jusqu'au dernier où le champion est mis à mal.

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Derrière ces beaux combats, on assiste aux retrouvailles difficiles entre Charlie et son fils Max. Une situation qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler un autre film mettant en scène Sylvester Stallone : Over the top (Menahem Golan, 1987) qui implique toujours de mettre en avant des combattants surpuissants pour arriver au titre. Si Hugh Jackman tient son rôle avec une certaine légèreté, son compagnon Dakota Goyo tente clairement de percer à l'écran. Dommage que son physique soit proche de celui de Jake Lloyd, le jeune Anakin de Star Wars - Episode I - La Menace Fantôme (The Phantom Menace, George Lucas, 1999). On regrette également que la participation d'Evangeline Lily ne soit pas plus conséquente, le réalisateur la reléguant presque au rôle de figurante parfois, une manière d'assurer une présence féminine dans ce monde de brute.

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Au final, Real Steel est un film bien rythmé et qui m'a fait m'accrocher à mon siège jusqu'à la dernière minute ! Rien qu'à écrire cet article j'ai déjà envie de le revoir.

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:40

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Là-Haut
Pete Docter & Bob Peterson
(2009)

Carl est un vieil homme grincheux qui vit seul dans sa petite maison après la mort de sa femme. Mais pour éviter que celle-ci ne soit rasée, Carl décide de partir avec elle et tous ses souvenirs, parmi lesquels son voeu le plus cher, une promesse faîte à sa femme lorsqu'ils étaient enfants : rejoindre l'Amérique du Sud. Cet ancien vendeur de ballons à l'hélium va devoir ressortir tout son stock pour permettre à sa maison de s'envoler dans les airs pour un voyage qui lui réservera bien des surprises.

Emouvant, touchant et drôle, voilà les 3 mots qui pourraient résumer ce Pixar. Carl, c'est un peu nous-même, c'est un personnage esseulé après une vie qui n'a pas toujours été rose, et qui a préféré se contenter de ses souvenirs plutôt que de les oublier. Mais derrière ce bonhomme grincheux aux traits durs se cache un simple petit garçon, celui que l'on a tous enfoui au fond de nous même pour devenir des adultes matures. Aussi c'est avec beaucoup d'émotion que nous voyons ce vieillard réaliser son plus grand rêve d'enfant, rêve qu'il avait promis à sa femme par un signe de croix, comme on a pu le faire si souvent étant jeune en se disant plus tard que finalement, ce n'était pas si grave que ça si ça ne fonctionnait pas... Mais Carl quand à lui décide de réaliser coûte que coûte ce rêve et d'aller là où nous-mêmes ne sommes jamais allés.
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Tout commence par un rêve d'enfant justement, celui d'un spectateur, un jeune garçon passionné d'aventures et qui va se projeter dans la peau de son héros, le célèbre Charles Muntz, pilote et inventeur de génie, rejeté de ses pairs élitistes et renfermés sur les nouvelles découvertes du passé. Mais pour Carl, seul compte la soif d'aventure et de voler haut dans le ciel jusqu'au Chutes du Paradis, là où Charles Muntz est reparti à la conquête d'une créature d'une nouvelle espèce.

Puis très vite, ce jeune garçon devient grand, devient homme. Et le quart d'heure suivant nous invite à voir sa belle vie aux côtés de sa femme, une amie d'enfance avec laquelle il a partagé la même passion. Mari tendre et dévoué, nous découvrons ce couple évoluer comme nul autre. Des joies des premières heures de mariage, de la construction de leur maison, jusqu'à leur envie de bébé, pareil à un rêve paradisiaque que seul le ciel peut exaucer. Mais les événements ne tournent pas comme ils le souhaitent. Ce simple fait, aussi "immoral" soit-il pour une comédie d'animation, est un gage de réalisme et surtout de maturité envers ce genre de film. Finies les histoires sans accrocs, ici place à la réalité des choses (ou presque). Mais comme tout ne doit pas être noir, Carl, super mari aimant, parvient à rendre le sourire à sa femme et en lui rappelant sa promesse de voyage. S'accrocher à ses rêves, voilà le message du film.
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Carl, ce vieux bonhomme est fascinant. Lui qui apparaît comme un enfant silencieux, cache en fait un énorme coeur. Malgré son côté anti-héros, nous sommes prêts à le soutenir du début à la fin, que ce soit dans les coups durs que pour les meilleurs moments. Son histoire est fascinante également, lui qui semblait avoir perdu l'illusion, la pousse à l'extrême. Le voir tirer sa maison dans la jungle rappelle que chaque promesse peut être un fardeau, mais cette maison étant l'accumulation de ses souvenirs, d'une vie entière et d'un être cher, alors elle prend un sens tout autre, elle est la matérialisation de cette vie. Carl tire son passé, un passé qu'il ne peut oublier, un passé avec lequel il refuse de faire la paix pour vivre dans le présent, et lorsque Carl découvrira le dernier message de sa femme, alors cette maison, ce passé, ne sera plus pour lui une priorité. Séquence émouvante qui nous transmet un message bien plus important que le premier : ce qui compte, c'est le présent.

Pixar, en plus de nous offrir une comédie d'animation, nous offre également un véritable film d'aventure dépaysant. De même que Wall-E s'inspirait des plus grands films de science-fiction, Là-Haut nous rappellera ces films des années 30 à nos jours, de King Kong au Monde Perdu, avec des références plus ou moins directes. Il nous replonge dans cette époque où les récits considéraient les scientifiques et les aventuriers, souvent imbus d'eux-mêmes, comme des êtres maléfiques. Charles Muntz, c'est un peu le Comte Zaroff et le Docteur Moreau réunis, héros diégétiques craints et admirés, Muntz utilisant des chiens, qu'il est parvenu à faire parler, pour effectuer toutes les tâches du quotidien. Son dirigeable rappellera aussi le sous-marin du Capitaine Némo avec ses couloirs étroits dénué de décoration et son musée de la faune des mondes inconnus qu'il a exploré.
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L'affrontement entre Carl et Muntz est intéressant à analyser : à travers ses gags hilarants, notre héros se voit affronter son propre héros. Un héros qu'il n'a plus besoin de devenir, lui-même ayant trouvé sa place dans le monde. Il cherche aussi à sauver un oiseau et ses petits. Ce faisant Carl offre la possibilité qu'il n'a jamais eu, comme s'il prenait sa revanche sur son malheur passé. Mais son affrontement avec Muntz pourrait aussi révéler un aspect fort de la prise de pouvoir des vieilles générations prêtes à tout pour leur popularité. Carl étant hors jeu puisqu'il s'exprime avec son coeur d'enfant, Muntz devient une figure populaire qui cherche à s'imposer par la force plutôt que par le charisme. Bon, c'est pousser l'analyse un peu loin, mais cet affrontement entre un homme et son héros n'est pas anodin, le héros étant celui que l'on doit admirer et non pas combattre...

L'histoire de base entre le petit garçon et le vieux Carl me paraît subitement plus légère. Bien que cela soit aussi l'essentiel du film, je me rends subitement compte qu'en fait, ce n'est pas ce que j'en retiens le plus. Il s'agit d'une balade entre un personnage renfermé et un jeune ouvert, là aussi belle critique des vieilles générations sur les jeunes. Ce duo marque aussi le double sens du récit : les enfants s'identifieront plus facilement à Russell tandis que les adultes se verront plus en Carl. L'aventure est ainsi donnée à chacun, et libre à chacun de choisir à quel personnage s'identifier. Pour Carl, Russell n'est autre que le fils qu'il n'a jamais eu et qui lui permet de revivre ses aventures de jeunesse. Il n'est pas l'élément déclencheur, mais simplement celui qui va compléter les désirs de Carl, telle son ombre, car c'est bien là ce qu'il est, l'ombre de Carl, sa représentation enfantine. D'ailleurs Russel et Carl ne seraient-ils pas une seule et même personne, résurgence de la jeunesse de Carl alors que son rêve devient réalité ?
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Mais il ne faut pas oublier que Là-Haut est aussi une véritable comédie. Et alors là c'est du pur bonheur : une heure et demi de gags visuels et auditif, des chutes au combat épique entre 2 vieillards qui se retrouvent bloqués au moment de porter un coup décisif, ou à des voix de personnages auquel on se s'attend absolument pas sur le moment. Là-Haut se rapprocherait même plus du film burlesque façon Chaplin ou Keaton avec ses comiques de situation et cette ingéniosité magnifique, à la fois étrange et amusante, de faire s'envoler cette maison survolant les toits, avec un grand lâcher de ballons par la cheminée, le tout sur une musique d'accompagnement de Michael Giacchino qui rappelle justement ces airs des années 20 accompagnant les films muets.

Au final, Là-Haut nous transporte vraiment loin dans le bonheur et nous laisse sur un petit nuage. Drôle, émouvant et d'une grande qualité, c'est une véritable leçon de cinéma qui nous est parfois donné. L'un des seuls films à nous faire passer des rires aux larmes aux rires aussi rapidement !

 

 

Et un petit cadeau bonus : Là-Haut en vrai ! National Geographic et une poignée de scientifiques ont réussi à donner vie au rêve de Carl (et de Pixar) en recréant un modèle réduit de la maison de Carl soulevé dans les airs grâce à quelques centaines de ballons. L'effet est saisissant ! Plus d'infos sur la conception : Maison de Là-Haut en vrai !

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D'autres pilotes inspirés tentent quand à eux de tricher un peu, mais avouez que c'est la classe quand même !

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 10:33

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 20:37

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Si vous suivi ce blog depuis longtemps, ou si vous l'avez parcouru, vous n'êtes pas sans savoir que je me suis lancé dans une sacré expédition il y a quelques années : celui de parcourir Paris au rythme du métronome.

Ecrit par Lorànt Deutsch, le guide historique invitait à suivre les traces de son auteur tout en remontant l'Histoire de Paris au fil des siècles. D'abord publié en grand format avant de se voir accompagné d'un complément illustré pour permettre à tous les non-parisiens de découvrir les ruines évoquées, ce documentaire sera désormais adapté pour la télévision à travers une série de 4 épisodes de 52 minutes. Le tout sortira bien évidemment dans un DVD qu'il me tarde de posséder !

Pour plus d'infos sur le projet, je vous renvoie vers la page officielle de France 5, chaîne sur laquelle sera diffusé le documentaire.

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 17:27

sunwing

 

Sunwing

 

Kenneth Oppel

 

1999

 

Alors qu'il vient tout juste de retrouver sa colonie, Ombre décide de partir à la recherche de son père dans le bâtiment des humains. Mais ce qu'ils découvrent sur place n'est pas ce qu'ils attendaient. Sous ses luxurieuses allures de paradis, le bâtiment renferme le secret de la terrible manipulation des humains. Séparé une nouvelle fois de la colonie avec Chinook, ils vont se retrouver en pleine jungle hostile où règne les terribles Vampyrum Spectrum, ces chauves-souris géantes et cannibales dirigées par le cruel Goth remis de ses blessures. Ce dernier doit sacrifier une centaine d'animaux lors de l'éclipse solaire pour libérer Cama Zotz, le dieu des enfers qui prendra possession de Nocturna et du monde. Ombre a peut-être encore une chance de retrouver son père parmi les prisonniers mais il doit agir vite, d'autant que la guerre contre les chouettes se prépare.

 

J'avais adoré le premier tome des aventures d'Ombre, aussi je n'ai pas hésité à me jeter sur ce 2e tome qui a réussit à tenir ses promesses d'aventure et de fantasy ! Il s'agit d'ailleurs de la suite directe, après le retour du jeune chauve-souriceau à Hybernaculum, il est déjà pris d'une soif d'aventure incontrollable pour retrouver son père disparu. Une fois de plus, il s'agit de la quête centrale de l'histoire !

http://www.cpap.embrapa.br/destaques/imagens/morcego.JPG

 

Mais avant de parvenir à son père, Ombre doit passer par les différentes étapes qu'il a suivi. A commencer par la manipulation des humains. Ces derniers n'hésitent pas à découper et rafistoler les chauve-souris pour leur poser des anneaux auxquels sont attachées des bombes. Les volatiles sont ensuite largués en plein ciel afin de rejoindre les habitations, faisant alors exploser leur bagage piégé. Aussi insensé que cela puisse paraître, Kenneth Oppel s'est inspiré de la réalité pour décrire cette séquence noire. Durant la seconde guerre mondiale, les américains avaient procéder à des expériences afin d'utiliser les chauves-souris comme porteuses de bombes pour détruire les habitations japonaises. Un essai fut fait dans l'Utah et sa réussite dépassa les espérances attendues. Mais heureusement, le projet ne fut pas poursuivi ! Si vous n'y croyez toujours pas, je vous invite à regarder ce document de la chaîne Histoire.

 

Mais revenons-en au roman. Il possède un rythme aussi prenant et efficace. On ne parvient pas à décrocher tant il n'y a guère de pauses pour les chauves-souris. On retrouve les personnages du premier tome, ce qui permet de développer les relations, notamment entre Ombre et son rival Chinook qui se révèle être un compagnon formidable, ou encore entre Marina, Frieda et Ariel. C'est également l'occasion de rencontrer de nouveaux personnages : Caliban, une sorte de vieux mercenaire, le Général Cortez ou encore le prêtre Voxzaco.

 

Ce sont d'ailleurs autant de références qui arrivent avec leur nom : Le Général Cortez, du célèbre conquistador espagnol et tacticien de guerre qui conquis les peuples Aztèques comme ce rat qui va organiser l'attaque de la pyramide Maya. Ulysse, un rat capitaine de navire, du capitaine héros de la mythologie grecque. Zéphyr, que l'on avait déjà rencontré dans le tome 1, et qui assure sa réputation référente à un dieu du vent en communiquant via celui-ci. Le roi Romulus, après le départ de son frère Rémus, qui rappelle les fondateurs de Rome. Bref, chaque personnage possède une aura qui lui colle à la peau simplement par son nom.

Et puis toujours ces mêmes expressions propres au vocabulaire des chauves-souris si elle pouvaient parler. Aujourd'hui devient "cesoird'hui", un coup de main devient "un coup de griffe", etc. De quoi se plonger dans la tête d'une chauve-souris et donner un peu d'originalité.

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Au final, ce tome 2 est aussi bon que le premier ! On frissonne de retrouver nos héros dans l'enfer du repaire des chauves-souris géantes, alors que la guerre se prépare face aux chouettes. Mais le caractère héroïque d'Ombre va une fois de plus faire des miracles.

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