Tucker et Dale sont deux amis un peu péquenauds sur les bords. Ils ont décidé de s'offrir une petite maison perdue au fin fond des bois pour la retaper, mais en chemin, ils tombent sur une bande
de lycéens pleins d'à prioris et venus faire du camping à proximité. Tout dérape lorsque les 2 amis récupère Allison après une chute. D'un côté, les étudiants malchanceux croient que Tucker et
Dale sont 2 assassins, alors qu'eux pensent qu'il s'agit d'étudiants venus faire un suicide collectif, ces derniers mourrant dans divers accidents.
Ce film joue parfaitement bien sur le style du slasher movie en forêt : une bande d'étudiant, des bouseux, une maison perdue au fond des bois et de mystérieuses histoires de tueurs. Mais très
vite, le film se pose en contrepoint de tout ce que l'on connaît. Les étudiants ne sont pas les victimes mais les assassins tandis que les 2 paysans sont 2 potes simplets qui ne veulent pas
d'histoires.
La véritable force de ce film est donc de mettre en scène toutes les situations connues pour les inverser en réalité. L'exemple flagrant de Dale courant dans les bois, tronçonneuse en marche,
pour fuir une attaque de frelons, et qui sera considéré comme une tentative de meurtre par l'un des étudiants, lequel finira empalé malgré lui sur une branche. Les morts s'enchaînent donc les uns
après les autres sans aucun meurtre si ce n'est par pur accident, et parfois dans des situations totalement loufoques et rocambolesques.
Au-delà de ces situations, le film parvient tout de même à garder une image de slasher movie avec son tueur sanguinaire lié à un passé trouble. Et si l'on voit venir les ficelles, on ne peut
s'empêcher d'apprécier ce nouveau retournement des clichés habituels du genre ! Le film garde d'ailleurs un constant décalage avec tous ces éléments pour mieux en jouer.
Au final, Tucker & Dale fightent le Mal est un film à la fois fun et intelligent et qui ne manquera pas de plaire non seulement aux amateurs du genre mais également à ceux qui
veulent se payer une grosse barre de rire. L'un des meilleurs selon moi !
Il y a 65 millions d'années, la terre a subi un grave cataclysme conduisant à l'extinction des dinosaures mais également à la création de nouvelles espèces. C'est au sein d'un clan de chiroptères
que Dusk, une créature pas comme les autres, va venir au monde. Le jeune garçon sait voler et utiliser l'écholocation, ce qui met le doute aux membres de la colonie, surtout lorsque l'un d'entre
eux est attaqué par les oiseaux. Peu de temps après, ce sont les félidés qui s'en prennent à la colonie, les obligeant à quitter leur île où ils vivaient reclus depuis des années. Mais le chemin
jusqu'à un nouveau paradis est long et semé d'embuches tandis que leur passé leur joue des tours et que des conflits s'organisent entre les anciens.
Une fois de plus, Kenneth Oppel a choisi de revenir sur ses créatures de prédilection que sont les chauves-souris. Mais plutôt que de poursuivre les aventures du jeune Ombre, héros des romans
Silverwing, Sunwing et Firewing, il préfère revenir bien en arrière, là où tout a commencé pour cette espèce hors du
commun. On se retrouve donc à suivre un groupe de chiroptères, des créatures qui ne savent pas voler mais qui possèdent des voiles pour planer. Oppel indique clairement à la fin de son livre que
cet espèce a été inventée pour les besoins de l'histoire et qu'elle permet d'introduire une certaine image de l'évolution au moment de la disparition des dinosaures.
C'est ainsi que l'on suit Dusk. Ce jeune chiroptère n'est pas comme les autres, ses voiles sont plus larges et lui servent à voler au même titre que les oiseaux. De même que ses capacités
d'écolocation qu'il a hérité de sa mère lui permette de voir dans l'obscurité bien mieux que le jour, alors que les autres n'émettent que des clics pour chasser. De ce fait, Dusk a peur d'être
rejeté, et à juste titre puisque la majorité des membres de la colonie le considère comme une créature néfaste, en proie à une maladie et qui aurait certainement été éradiqué s'il n'était pas le
fils du chef de la colonie. Le livre aborde de manière assez simple ces prémices du racisme, de rejet de l'autre par sa différence.
Tout le reste du livre traitre en grande partie de l'exode de la colonie et des difficultés à trouver une nouvelle terre promise. La colonie peut rapidement s'établir auprès d'un nouveau clan
mais la condition est de renier leur système de pensée, leur religion en quelque sorte, celle qui consistait à ne plus détruire les oeufs de sauriens. Cette pratique avait été établi entre les
créatures du monde pour survivre face aux dinosaures prédateurs. Un acte rejeté par la colonie mais qui est très mal vu du reste du monde. On pourrait rapprocher ce thème d'un autre bien connu de
notre monde actuel, même si le raccourci paraît facile, mais il n'en est pas moins que dans notre monde très morcelé, il est difficile, voire maintenant impossible, de s'établir dans un lieu sans
devoir subir la haine ou la direction d'un autre.
Une fois de plus donc, Kenneth Oppel réussit à nous plonger au coeur du monde animal. L'histoire évolue rapidement avec un bon rythme, pareil à un film de Spielberg au dénouement quasi "jurassic
parksien" avec les attaques répétées de ces pauvres créatures. Le livre pose également cette question essentielle : est-il nécessaire de tuer pour survivre ? Est-que la mort d'un individu encore
non venu au monde est juste pour la survie d'un groupe ? Autant de questions philosophiques qu'il serait intéressant d'aborder avec de jeunes lecteurs.
Au final, Darkwing mériterait d'avoir une suite, et si tel est le cas, je suis impatient de la lire.
En bonus pour clôturer cette grande saga sur les chauve-souris, une vidéo récente de la découverte d'une colonie dans un toit... Âmes sensibles...
La vie a recommencé comme avant. Alors que les femelles élèvent les nouveaux-nés à la pouponnière, les mâles mènent leur petit bout de vie à l'écart. Ombre et Marina ont eu un enfant, Griffon,
lequel n'est pas des plus téméraires.Pour impressionner son père qu'il ne connaît que par ses aventures, Griffon décide de voler le feu aux humains. Mais la bêtise tourne au drame lorsqu'il brule
son amie Luna par accident. Honteux, Griffon part se cacher. Un tremblement de terre l'entraîne alors dans les profondeurs de la terre où règne en maître le puissant Cama Zotz. Ombre se lance à
sa recherche sans hésiter. Les 2 chauve-souris auront fort à faire aux enfers et devront garder leur aura vivante pour retourner à la surface.
Il y a à mon sens 2 type de 3e épisode dans une trilogie.
Il y a l'épisode qui vient clore toutes les péripéties entamées dans les 2 précédents opus et il y a l'épisode qui s'ajoute à une quête déjà achevée.
Si Sunwing était une suite parfaite de
Silverwing en confrontant nos principaux héros
à de nouvelles péripéties, ce n'est pas le cas avec Firewing. Bien sûr, on retrouve notre cher Ombre, courageux par nature et qui se lance dans une quête désespérée, mais on se retrouve
surtout avec de nouveaux personnages et de nouvelles façons de penser. Alors qu'Ombre est toujours poussé par une pulsion de vie, son jeune fils cherche surtout à éviter tout ce qui pourrait
nuire à sa santé. Aussi, il devient très vite lassant et on regrette que le livre ne donne pas une part plus grande à son père.
Vous l'avez compris, je me suis ennuyé dans ce tome, mais vraiment ennuyé. Il n'a pas du tout la saveur des précédents opus. Beaucoup plus orienté sur le religieux, beaucoup trop même, au point
d'en devenir difficile à appréhender. Nos héros se retrouvent en enfers, là où errent les chauves-souris mortes avant de rejoindre leur Eden promis, mais nos héros y arrivent simplement en
tombant dans un trou. Il y a comme une sorte de rapport entre réalité et croyance qui me dépasse totalement, ou alors je suis passé à côté. Bien entendu, on note la principale référence : la
mythologie grecque.
Dans ces abysses terrestres où vivent les non-vivants se tient Cama Zotz, entité non vivante qui cherche à revenir à la surface de la Terre. Il chargera Goth, l'ennemi juré d'Ombre, de se
débarrasser de son fils pour lui voler son aura, seul pouvoir capable de lui permettre de revenir à la vie. De son côté, Griffon tente de rejoindre l'arbe sacré, seul chemin capable de retourner
sur terre pour les vivants et d'accéder au paradis pour les morts. Il est accompagné de son ami Luna, laquelle a perdu la mémoire au moment de sa résurrection dans le royaume des morts.
Bref, si le parcours est jalonné de références qu'il faut connaître pour en apprécier tout le sens, pour les non-initiés, il est parfois bien difficile de s'y retrouver, et c'est sans doute ce
qui provoque l'ennui, ça et le fait que Griffon a autant de charisme qu'un moucheron, et cela, même Ombre ne parvient pas à nous en donner soif. Ce personnage que j'ai suivi avec beaucoup de
plaisir pendant quelques semaines tire bien mal sa révérence.
Au final, ce troisième tome des aventures d'Ombre restera un mauvais moment de lecture pour moi que je regretterais presque d'avoir lu. Une déception aussi grande que mon plaisir à lire ses
prédécesseurs. Dommage.
Alors qu'il fait des recherches pour retrouver un bijou d'une grande valeur dans l'épave du Titanic, Brock Lovett et son équipe ne découvrent qu'un coffre-fort rempli de paperasses. Pourtant, un
détail attire leur attention, celui d'un dessin conservé d'une femme qui porte ce bijou : le Coeur de l'Océan. Cette femme, Rose Dewitt Butaker, approchant la centaine, revient alors sur
l'histoire qu'elle a vécu à bord du paquebot insubmersible.
Je me rappelle encore de la déferlante que fut le film lors de sa sortie, et pas seulement en France, où il trône premier du classement avec ses plus de 20 millions d'entrées, mais partout dans
le monde, certain(e)s fans aidant (de DiCaprio surtout) en se vantant d'être aller le voir un nombre incalculable de fois. Moi même j'y suis allé 2 fois et je n'ai pas résisté à y aller une 3e
fois dans sa version 3D.
Lorsque James Cameron décide de faire revivre le Titanic, il n'y va pas pas quatre chemins. Il prétend même que faire un film pareil était simplement une bonne excuse pour aller voir l'épave du
paquebot au fond de l'océan. Pourtant ce n'est pas le premier film qui raconte ce naufrage, un téléfilm bien connu est diffusé assez régulièrement sur nos écrans, mais c'est certainement le plus
émouvant et le plus réaliste.
Si l'on devait définir un élément pour James Cameron, ce serait l'eau, le liquide mais comme destructeur. Son premier film, Piranhas 2 (1981) en est un premier exemple, suivront ensuite
Abyss (1989) et ses profondeurs féériques mais dangereuses, Terminator 2 : le
jugement dernier (1991), où le liquide n'est plus celui de l'eau mais du métal en fusion qui viendront à bout du T-1000 et du T-101, Trues Lies (1994), qui propose une scène
explosive dans les toilettes d'un centre commercial qui seront réduites à néant avant de faire s'envoler un motard du toit d'un immeuble à l'autre pour attérir dans une piscine, autant de films
et séquences fortes qui annoncent sans le vouloir la réalisation d'un des naufrages les plus célèbres du XXe siècle. Suivront d'autres films sur les fonds marins dont Les Fantômes du
Titanic (Ghosts of the Abyss, 2003) où il explore l'épave du paquebot ou encore Sanctum (Alister Grierson, 2011) drame d'épouvante qu'il a produit où des scientifiques se
retrouvent prisonniers de grottes inondées. On se souvient de son interview médiatique live pour ce film, réalisé au fond d'un bassin om il répondait aux questions en scaphandre. Récemment il
vient également de descendre au plus profond de la fosse des Mariannes. Tout ça pour dire que Cameron et l'eau, c'est une grande histoire d'amour.
Quand à l'histoire du film, elle est bien menée. Des chercheurs fouillent l'épave pour trouver un objet mais ne découvrent qu'un dessin qui montre le portrait d'une des rescapées encore vivante à
ce jour. Cette dernière revient évoquer ce voyage terrible à travers 3 flashbacks. Et oui, c'est là l'une des forces de ce récit, ne le raconter qu'en 3 flashbacks très longs, entrecoupés de
pauses très courtes. Ainsi on ne se perd pas entre le présent et le passé, l'histoire racontée devient l'histoire principal au point qu'on en oublierait presque qu'il s'agit d'une histoire.
Cameron choisit en quelque sorte la formule du conte pour nous raconter ce naufrage, si bien que le spectateur vient voir une histoire qui le plonge rapidement dans une autre histoire et se
retrouve donc davantage happé par le récit.
L'histoire de Jack et Rose est certainement l'une des plus grandes histoires d'amour au cinéma, à ranger aux côtés d'Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, Victor
Flemming, 1950) et bien d'autres. Romance que l'on pourrait qualifier "à l'eau de rose" bien qu'ici ce soit plutôt de l'eau de mer salée, d'autant que Cameron n'y va pas avec le dos de la
cuillère, abusant des effets romantiques (ralentis, musiques poignantes, couchés de soleil, mouvement dansant de la caméra, feu d'artifice sur deux personnages se disant adieu du regard pour
finalement se retrouver quelques minutes plus tard avec cette simple vérité qui les unie : tu sautes, je saute. Deux destins liés à jamais comme nous aimons en voir, et dans une situation qui
font qu'à aucun moment nous n'avons l'impression que leurs sentiments sont gratuits et abusifs.
En effet, Cameron veut aussi montrer la fierté et la prétention des hautes classes de la bourgeoisie, qui se prétendent maîtres du monde. Le paquebot, maints fois surnommé "l'insubmersible" était
selon cette même classe le plus grand, le plus beau, le plus luxueux, bref tout ce que l'on peut faire de mieux sur terre, rivalisant par là-même avec ce que Dieu avait pu faire. Aussi, avec le
croisement de ces deux personnages que tout opposent : Rose issue de la bourgeoisie et Jack des classes sociales plus pauvres, Cameron parvient à montrer, comme c'est le cas déjà dans de nombreux
films, qu'il ne sert à rien d'être riche, et encore moins si c'est une question de survie "votre argent ne vous sauvera pas plus qu'il me sauvera", mais aussi que ces gens, qui prétendent être
les plus forts, sont en fait enchaînés à leurs désirs et ne vivent pas la vie comme il se doit "Pour que ce jour compte !" proclame Jack haut et fort face à une tablée qui préférerait le voir se
ridiculiser.
C'est cette philosphie de la vie pour les choses les plus naturelles qui font que Rose va tomber amoureuse de lui. La jeune fille ne supporte plus son entourage et encore moins le destin tracé
par une mère acâriatre et un futur époux égoiste, chacun d'eux traumatisés par l'image honteuse qu'ils peuvent donner d'eux. Cameron voulait réaliser un film d'amour, c'est réussi, avec un amour
véritable que rien ne semble pouvoir séparer.... Et pourtant, ce n'est pas ça qui empêchera Jack de mourir et Rose de faire sa vie sans lui. Il fallait s'y attendre, sans quoi le film n'aurait
pas autant d'ampleur, la mort de l'un des deux fait que cette aventure qui amène ses personnages au plus fort de leurs sentiments, n'est pas fait pour la durée, et le spectateur ne peut alors que
subir la double tragédie : celle du naufrage et celle de la séparation des êtres qui ont risqué leur vie l'un pour l'autre.
Mais au-delà de cette histoire d'amour, Cameron ne voulait pas que l'on rie de son film et c'est pour cela qu'il l'a minutieusement préparé pour en faire l'une des plus réalistes des
représentations sans toutefois en faire un documentaire. En effet, dès le départ, il nous plonge dans l'ambiance avec des images d'archives prises lors du départ en 1912, puis il enchaîne avec
des images réelles du paquebot au fond de l'océan. Ce début, qui passe d'une époque à l'autre, semble déjà nous donner le ton : Que s'est-il passé pour arriver des premières images à celles
d'aujourd'hui ? Un vide qu'il va falloir combler à travers ce film. La documentation amassée au cours de la préparation permet aussi de crédibiliser le récit de nos personnages et de l'ancrer
dans le réel, avec des faits divers : un enfant jouant à la toupie avec son père, une voiture de luxe voyageant dans la soute, des chiens qui viennent faire leur besoin sur le pont des classes
pauvres, l'orchestre qui joue jusqu'à la fin, ces personnages qui décident de mourir avec honneur à l'intérieur du paquebot, jusqu'au décor flambant neuf à partir des images d'archives et des
restes du paquebot, car si le Titanic est aujourd'hui un bout de ferraille verdâtre rongé par la rouille et les algues, il n'en a pas moins été qu'un paquebot entièrement neuf qui ne connut pas
de dégradation de son vivant.
C'est ainsi plus qu'une simple romance que nous offre le réalisateur, il nous propose bien une véritable reconstitution de ce bâteau et des événements qui ont lieu. La caméra se balade dans les
couloirs des différents ponts pour nous montrer comment avait pu être la vie à bord, pour quelle classe de population et comment les événements ont pu se dérouler. On pourrait presque dire que si
le naufrage est un prétexte à l'histoire d'amour, il serait de bon ton de dire que c'est l'histoire d'amour qui est prétexte à nous faire visiter ce paquebot, de la cabine du commandant à la
salle des machines.
Enfin, je voudrais parler des effets visuels qui sont purement et simplement magnifiques. Cameron joue avec des tons opposés : l'air suffocante et rougeoyante de la salle des machines face à une
eau bleue glaciale. Le summum semble être donné à la fin du premier flashback, lorsque Jack embrasse Rose pour la première fois sur la proue du Titanic, sur une mer calme et un ciel mêlant des
tons dorés de rouge, d'orange et de rose, pareille à une photo de carte postale : les héros réunis face au coucher de soleil paradisiaque, puis d'un long fondu enchaîné, la beauté de ce moment
devient la réalité, le ciel s'épaissit pour devenir obscure et froid, et le bâteau s'abîme pour devenir l'épave qu'il est aujourd'hui alors que les protagonistes restent quelques instants de plus
à s'embrasser, image d'un instant merveilleux et éphémère que seul l'éternité des eaux profondes gardera en mémoire. Cameron n'abuse pas de ces effets, et chaque fois qu'il en joue, il nous en
met plein la vue. Jouant sur un rythme soutenu, il ne cherche pas à perdre nos sens au montage, et c'est tant mieux, car la beauté de ses images mérite qu'on s'y attarde.
Concernant sa version 3D, elle est somptueuse ! James Cameron n'a pas commis les mêmes erreurs que Georges Lucas pour son premier épisode de Star Wars - La Menace Fantôme (2011). Ce
dernier semblait avoir renforcé certaines profondeurs de champs par des effets numériques donnant une impression de "pâté visuel" ce que Cameron, décidément maître de la 3D, n'a pas fait. Au
contraire, il en joue, renforce la netteté de sa focale principale, si bien que l'on a à faire à un vrai beau film en 3D qui ne tire pas l'oeil. On note quand même quelques défauts, parfois à des
moments clés du film. Il m'a semblé que le baiser sur la proue était légèrement flou. Autre détails affiché par la 3D, les séquences tournées en images de synthèse (lorsque la caméra survole
l'intégralité du paquebot) renforcent le "défaut" visuel du rendu global, mais il y en a assez peu fort heureusement. D'autres séquences en revanche méritent de s'incliner bien bas tant elles
sont splendides, je pense notamment à la fête irlandaise de la 3e classe, lorsque Jack et Rose tournent en rond, l'effet 3D, malgré la vitesse du mouvement, est tout simplement magnifique !
Au final, Titanic est un grand film d'amour comme on en voit peu, et Cameron confirme une fois de plus qu'il est un véritable auteur bien plus qu'un simple réalisateur, qui parvient à
nous enchanter de son coup d'oeil à émouvoir nos sens de son style. Vous aimez le cinéma ? Vous aimez la 3D ? Alors n'hésitez pas à revoir ce chef d'oeuvre tant qu'il est encore en salle !
Charlie Kenton, ancien boxeur, tente de régler ses dettes grâce à des combats de robots. Mais ses récentes défaites le mettent une fois de plus sur la touche, même avec des robots champions de
leur catégorie. La mort de son ex-femme l'oblige alors à rencontrer son fils Max, lequel est également un passionné de ce genre de combat. Alors qu'ils cherchent des pièces dans une décharge, Max
découvre un vieux robot d'entrainement qu'il décide de ramener avec lui. Devant les capacités de ce prototype, Max demande à Charlie de l'entraîner pour en faire un vrai robot de combat. Les
victoires se succèdent alors...
Des bastons de robots ? Rien de bien nouveau. Dessins animés ou séries lives japonaises, on en a vu passer des machines anthropomorphes sur nos écrans : Transformers, X-Or et autres
Bioman, Terminator ou A.I. Intelligence Artificielle (A.I. Artificial Intelligence, Steven Spielberg, 2001), on se rappelle dans ce dernier la destruction des
cyborgs dans l'arène lors des combats programmés comme c'est aussi le cas ici. Visuellement cela marche d'ailleurs mieux que Transformers (Michael Bay, 2007). La mécanique ne cherche pas
le tape-à-l'oeil mais bien à être ancrée dans la réalité de nos personnages. Un mélange de robotique live et de motion capture permet d'y croire facilement et les combats donne alors vraiment
l'impression que l'on est face à de véritables matchs de boxe.
D'ailleurs Real Steel s'inspire également des meilleurs films de boxe. Bien entendu, on se souviendra davantage de Rocky (John G. Avildsen, 1976), opposant là aussi un challenger parti
de rien et avec une rage de vaincre et un mental d'acier, mais surtout dôté d'une incroyable résistance. Cela lui sera bien utile au moment d'affronter le champion du monde, enchaînant les round
à la manière d'un Rocky Balboa jusqu'au dernier où le champion est mis à mal.
Derrière ces beaux combats, on assiste aux retrouvailles difficiles entre Charlie et son fils Max. Une situation qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler un autre film mettant en scène Sylvester
Stallone : Over the top (Menahem Golan, 1987) qui implique toujours de mettre en avant des combattants surpuissants pour arriver au titre. Si Hugh Jackman tient son rôle avec une
certaine légèreté, son compagnon Dakota Goyo tente clairement de percer à l'écran. Dommage que son physique soit proche de celui de Jake Lloyd, le jeune Anakin de Star Wars - Episode I - La
Menace Fantôme (The Phantom Menace, George Lucas, 1999). On regrette également que la participation d'Evangeline Lily ne soit pas plus conséquente, le réalisateur la reléguant
presque au rôle de figurante parfois, une manière d'assurer une présence féminine dans ce monde de brute.
Au final, Real Steel est un film bien rythmé et qui m'a fait m'accrocher à mon siège jusqu'à la dernière minute ! Rien qu'à écrire cet article j'ai déjà envie de le revoir.
Carl est un vieil homme grincheux qui vit seul dans sa petite maison après la mort de sa femme. Mais pour éviter que celle-ci ne soit rasée, Carl décide de partir avec elle et tous ses souvenirs,
parmi lesquels son voeu le plus cher, une promesse faîte à sa femme lorsqu'ils étaient enfants : rejoindre l'Amérique du Sud. Cet ancien vendeur de ballons à l'hélium va devoir ressortir tout son
stock pour permettre à sa maison de s'envoler dans les airs pour un voyage qui lui réservera bien des surprises.
Emouvant, touchant et drôle, voilà les 3 mots qui pourraient résumer ce Pixar. Carl, c'est un peu nous-même, c'est un personnage esseulé après une vie qui n'a pas toujours été rose, et qui a
préféré se contenter de ses souvenirs plutôt que de les oublier. Mais derrière ce bonhomme grincheux aux traits durs se cache un simple petit garçon, celui que l'on a tous enfoui au fond de nous
même pour devenir des adultes matures. Aussi c'est avec beaucoup d'émotion que nous voyons ce vieillard réaliser son plus grand rêve d'enfant, rêve qu'il avait promis à sa femme par un signe de
croix, comme on a pu le faire si souvent étant jeune en se disant plus tard que finalement, ce n'était pas si grave que ça si ça ne fonctionnait pas... Mais Carl quand à lui décide de réaliser
coûte que coûte ce rêve et d'aller là où nous-mêmes ne sommes jamais allés.
Tout commence par un rêve d'enfant justement, celui d'un spectateur, un jeune garçon passionné d'aventures et qui va se projeter dans la peau de son héros, le célèbre Charles Muntz, pilote et
inventeur de génie, rejeté de ses pairs élitistes et renfermés sur les nouvelles découvertes du passé. Mais pour Carl, seul compte la soif d'aventure et de voler haut dans le ciel jusqu'au Chutes
du Paradis, là où Charles Muntz est reparti à la conquête d'une créature d'une nouvelle espèce.
Puis très vite, ce jeune garçon devient grand, devient homme. Et le quart d'heure suivant nous invite à voir sa belle vie aux côtés de sa femme, une amie d'enfance avec laquelle il a partagé la
même passion. Mari tendre et dévoué, nous découvrons ce couple évoluer comme nul autre. Des joies des premières heures de mariage, de la construction de leur maison, jusqu'à leur envie de bébé,
pareil à un rêve paradisiaque que seul le ciel peut exaucer. Mais les événements ne tournent pas comme ils le souhaitent. Ce simple fait, aussi "immoral" soit-il pour une comédie d'animation, est
un gage de réalisme et surtout de maturité envers ce genre de film. Finies les histoires sans accrocs, ici place à la réalité des choses (ou presque). Mais comme tout ne doit pas être noir, Carl,
super mari aimant, parvient à rendre le sourire à sa femme et en lui rappelant sa promesse de voyage. S'accrocher à ses rêves, voilà le message du film.
Carl, ce vieux bonhomme est fascinant. Lui qui apparaît comme un enfant silencieux, cache en fait un énorme coeur. Malgré son côté anti-héros, nous sommes prêts à le soutenir du début à la fin,
que ce soit dans les coups durs que pour les meilleurs moments. Son histoire est fascinante également, lui qui semblait avoir perdu l'illusion, la pousse à l'extrême. Le voir tirer sa maison dans
la jungle rappelle que chaque promesse peut être un fardeau, mais cette maison étant l'accumulation de ses souvenirs, d'une vie entière et d'un être cher, alors elle prend un sens tout autre,
elle est la matérialisation de cette vie. Carl tire son passé, un passé qu'il ne peut oublier, un passé avec lequel il refuse de faire la paix pour vivre dans le présent, et lorsque Carl
découvrira le dernier message de sa femme, alors cette maison, ce passé, ne sera plus pour lui une priorité. Séquence émouvante qui nous transmet un message bien plus important que le premier :
ce qui compte, c'est le présent.
Pixar, en plus de nous offrir une comédie d'animation, nous offre également un véritable film d'aventure dépaysant. De même que Wall-E s'inspirait des
plus grands films de science-fiction, Là-Haut nous rappellera ces films des années 30 à nos jours, de King Kong
au Monde Perdu, avec des références plus ou moins directes. Il nous replonge dans cette époque où les récits considéraient les scientifiques et les
aventuriers, souvent imbus d'eux-mêmes, comme des êtres maléfiques. Charles Muntz, c'est un peu le Comte Zaroff et le Docteur Moreau réunis, héros diégétiques craints et admirés, Muntz utilisant
des chiens, qu'il est parvenu à faire parler, pour effectuer toutes les tâches du quotidien. Son dirigeable rappellera aussi le sous-marin du Capitaine Némo avec ses couloirs étroits dénué de
décoration et son musée de la faune des mondes inconnus qu'il a exploré.
L'affrontement entre Carl et Muntz est intéressant à analyser : à travers ses gags hilarants, notre héros se voit affronter son propre héros. Un héros qu'il n'a plus besoin de devenir, lui-même
ayant trouvé sa place dans le monde. Il cherche aussi à sauver un oiseau et ses petits. Ce faisant Carl offre la possibilité qu'il n'a jamais eu, comme s'il prenait sa revanche sur son malheur
passé. Mais son affrontement avec Muntz pourrait aussi révéler un aspect fort de la prise de pouvoir des vieilles générations prêtes à tout pour leur popularité. Carl étant hors jeu puisqu'il
s'exprime avec son coeur d'enfant, Muntz devient une figure populaire qui cherche à s'imposer par la force plutôt que par le charisme. Bon, c'est pousser l'analyse un peu loin, mais cet
affrontement entre un homme et son héros n'est pas anodin, le héros étant celui que l'on doit admirer et non pas combattre...
L'histoire de base entre le petit garçon et le vieux Carl me paraît subitement plus légère. Bien que cela soit aussi l'essentiel du film, je me rends subitement compte qu'en fait, ce n'est pas ce
que j'en retiens le plus. Il s'agit d'une balade entre un personnage renfermé et un jeune ouvert, là aussi belle critique des vieilles générations sur les jeunes. Ce duo marque aussi le double
sens du récit : les enfants s'identifieront plus facilement à Russell tandis que les adultes se verront plus en Carl. L'aventure est ainsi donnée à chacun, et libre à chacun de choisir à quel
personnage s'identifier. Pour Carl, Russell n'est autre que le fils qu'il n'a jamais eu et qui lui permet de revivre ses aventures de jeunesse. Il n'est pas l'élément déclencheur, mais simplement
celui qui va compléter les désirs de Carl, telle son ombre, car c'est bien là ce qu'il est, l'ombre de Carl, sa représentation enfantine. D'ailleurs Russel et Carl ne seraient-ils pas une seule
et même personne, résurgence de la jeunesse de Carl alors que son rêve devient réalité ?
Mais il ne faut pas oublier que Là-Haut est aussi une véritable comédie. Et alors là c'est du pur bonheur : une heure et demi de gags visuels et auditif,
des chutes au combat épique entre 2 vieillards qui se retrouvent bloqués au moment de porter un coup décisif, ou à des voix de personnages auquel on se s'attend absolument pas sur le moment.
Là-Haut se rapprocherait même plus du film burlesque façon Chaplin ou Keaton avec ses comiques de situation et cette ingéniosité magnifique, à la fois
étrange et amusante, de faire s'envoler cette maison survolant les toits, avec un grand lâcher de ballons par la cheminée, le tout sur une musique d'accompagnement de Michael Giacchino qui
rappelle justement ces airs des années 20 accompagnant les films muets.
Au final, Là-Haut nous transporte vraiment loin dans le bonheur et nous laisse sur un petit nuage. Drôle, émouvant et d'une grande qualité, c'est une
véritable leçon de cinéma qui nous est parfois donné. L'un des seuls films à nous faire passer des rires aux larmes aux rires aussi rapidement !
Et un petit cadeau bonus : Là-Haut en vrai ! National Geographic et une poignée de scientifiques ont réussi à donner vie au rêve de Carl (et de Pixar) en recréant un modèle réduit de la
maison de Carl soulevé dans les airs grâce à quelques centaines de ballons. L'effet est saisissant ! Plus d'infos sur la conception : Maison de Là-Haut en vrai !
D'autres pilotes inspirés tentent quand à eux de tricher un peu, mais avouez que c'est la classe quand même !
Si vous suivi ce blog depuis longtemps, ou si vous l'avez parcouru, vous n'êtes pas sans savoir que je me suis lancé dans une sacré expédition il y a quelques années : celui de parcourir Paris au
rythme du métronome.
Ecrit par Lorànt Deutsch, le guide historique invitait à suivre les traces de son auteur tout en remontant l'Histoire de Paris au fil des siècles. D'abord publié en grand format avant de se voir
accompagné d'un complément illustré pour permettre à tous les non-parisiens de découvrir les ruines évoquées, ce documentaire sera désormais adapté pour la télévision à travers une série de 4
épisodes de 52 minutes. Le tout sortira bien évidemment dans un DVD qu'il me tarde de posséder !
Pour plus d'infos sur le projet, je vous renvoie vers la page officielle de France 5, chaîne sur laquelle sera diffusé le documentaire.
Alors qu'il vient tout juste de retrouver sa colonie, Ombre décide de partir à la recherche de son père dans le bâtiment des humains. Mais ce qu'ils découvrent sur place n'est pas ce qu'ils
attendaient. Sous ses luxurieuses allures de paradis, le bâtiment renferme le secret de la terrible manipulation des humains. Séparé une nouvelle fois de la colonie avec Chinook, ils vont se
retrouver en pleine jungle hostile où règne les terribles Vampyrum Spectrum, ces chauves-souris géantes et cannibales dirigées par le cruel Goth remis de ses blessures. Ce dernier doit sacrifier
une centaine d'animaux lors de l'éclipse solaire pour libérer Cama Zotz, le dieu des enfers qui prendra possession de Nocturna et du monde. Ombre a peut-être encore une chance de retrouver son
père parmi les prisonniers mais il doit agir vite, d'autant que la guerre contre les chouettes se prépare.
J'avais adoré le premier tome des aventures d'Ombre, aussi je n'ai pas hésité à me jeter sur ce 2e tome qui a réussit à tenir ses promesses d'aventure et de fantasy ! Il s'agit d'ailleurs de la
suite directe, après le retour du jeune chauve-souriceau à Hybernaculum, il est déjà pris d'une soif d'aventure incontrollable pour retrouver son père disparu. Une fois de plus, il s'agit de la
quête centrale de l'histoire !
Mais avant de parvenir à son père, Ombre doit passer par les différentes étapes qu'il a suivi. A commencer par la manipulation des humains. Ces derniers n'hésitent pas à découper et rafistoler
les chauve-souris pour leur poser des anneaux auxquels sont attachées des bombes. Les volatiles sont ensuite largués en plein ciel afin de rejoindre les habitations, faisant alors exploser leur
bagage piégé. Aussi insensé que cela puisse paraître, Kenneth Oppel s'est inspiré de la réalité pour décrire cette séquence noire. Durant la seconde guerre mondiale, les américains avaient
procéder à des expériences afin d'utiliser les chauves-souris comme porteuses de bombes pour détruire les habitations japonaises. Un essai fut fait dans l'Utah et sa réussite dépassa les
espérances attendues. Mais heureusement, le projet ne fut pas poursuivi ! Si vous n'y croyez toujours pas, je vous invite à regarder ce document de la chaîne Histoire.
Mais revenons-en au roman. Il possède un rythme aussi prenant et efficace. On ne parvient pas à décrocher tant il n'y a guère de pauses pour les chauves-souris. On retrouve les personnages du
premier tome, ce qui permet de développer les relations, notamment entre Ombre et son rival Chinook qui se révèle être un compagnon formidable, ou encore entre Marina, Frieda et Ariel. C'est
également l'occasion de rencontrer de nouveaux personnages : Caliban, une sorte de vieux mercenaire, le Général Cortez ou encore le prêtre Voxzaco.
Ce sont d'ailleurs autant de références qui arrivent avec leur nom : Le Général Cortez, du célèbre conquistador espagnol et tacticien de guerre qui conquis les peuples Aztèques comme ce rat qui
va organiser l'attaque de la pyramide Maya. Ulysse, un rat capitaine de navire, du capitaine héros de la mythologie grecque. Zéphyr, que l'on avait déjà rencontré dans le tome 1, et qui assure sa
réputation référente à un dieu du vent en communiquant via celui-ci. Le roi Romulus, après le départ de son frère Rémus, qui rappelle les fondateurs de Rome. Bref, chaque personnage possède une
aura qui lui colle à la peau simplement par son nom.
Et puis toujours ces mêmes expressions propres au vocabulaire des chauves-souris si elle pouvaient parler. Aujourd'hui devient "cesoird'hui", un coup de main devient "un coup de griffe", etc. De
quoi se plonger dans la tête d'une chauve-souris et donner un peu d'originalité.
Au final, ce tome 2 est aussi bon que le premier ! On frissonne de retrouver nos héros dans l'enfer du repaire des chauves-souris géantes, alors que la guerre se prépare face aux chouettes. Mais
le caractère héroïque d'Ombre va une fois de plus faire des miracles.
FDR et Tuck sont les 2 meilleurs amis et agents secrets lorsqu'ils ne font pas tous sauter autour d'eux. Mais Tuck, déjà divorcé, s'ennuie de sa condition de célibataire. Sur un site de
rencontre, il croise Lauren, une jeune testeuse de produits. Mais après leur premier rendez-vous, Lauren tombe sur FDR qui tente de la séduire sans savoir de qui il s'agit. Lorsque les 2 amis
découvrent qu'ils sortent avec la même femme, ils décident d'aller chacun jusqu'au bout de leur relation et que le meilleur gagne ! De son côté, Lauren décide de les tester comme ses produits
ménagers.
On pouvait s'attendre à passer un bon moment avec cette comédie d'action joué par 2 acteurs assez doués de leur génération : Chris Pine et Tom Hardy. Une duo comique, une situation embarrassante,
des ennemis sans pitié, bref tout était là pour plaire. Mais très vite on se rend compte que le scénario manque cruellement de contenu. Les personnages se regardent longuement, comme si le
réalisateur voulait bien nous faire comprendre la situation avant de passer à la suite. Du coup, on s'ennuie un peu par moment.
A l'inverse, les scènes d'action sont rythmées à un tel point qu'il est parfois difficile de suivre les fusillades et autres courses-poursuites. D'autant qu'il n'y a en réalité que 3 scènes
d'action au début et à la fin. Le fameux ennemi sans pitié qui aurait mérité un développement plus poussé afin de combler les vides est absent de la quasi totalité du film pour réapparaître et
mourir simplement à la fin. Bref, autant dire qu'on est loin d'un buddy movie classique comme L'Arme Fatale (Lethal Weapon, Richard Donner, 1987) ou encore d'un Bad
Boys (Michael Bay, 1995).
Le plus agaçant peut-être, c'est de voir la sophistication des personnages, entre les "gueules de beaux gosses" aux yeux bleus (car ils ont tous les yeux bleus; c'est impressionnant !!!) et les
costumes et environnements très (trop) classes. Tout cela donne l'impression d'être dans une de ces séries télé qui mettent en avant le caractère prestigieux d'une ville ou d'un quartier.
Finalement, ce que j'ai préféré hormis les coups vaseux des 2 amis, c'est sans doute la relation entre Tuck, son fils et son ex-femme, même si cela ne déroge pas à la règle en étant bien peu
développé.
Au final, Target n'est pas aussi amusant que l'on aurait pu espérer. De la pause de neurone trop rapide et sans volonté faire vivre un moment d'exception au spectateur. Bref, du rire en conserve,
rien de plus.
Grosse séquence nostalgie l'autre jour à la bibliothèque. Je m'apprêtais à remettre à sa place un livre dans la catégorie "Premières lectures" lorsqu'une petite étincelle s'est produite dans ma
mémoire à la vue de la couverture et de son titre. Mais je suis un ours ! est un des trop rares livres que j'ai pu lire alors que j'étais encore en primaire. Il me semble même que
j'avais fait une fiche de lecture sur lui car l'histoire m'avait marqué tellement je la trouve effrayante, et même encore aujourd'hui.
C'est l'histoire d'un ours qui, voyant les signes de l'automne arriver, sait qu'il est temps d'hiberner. Mais durant l'hiver, une énorme usine se construit rapidement autour de sa caverne. A son
réveil, l'ours est tout étonné de ce qui l'entoure. Il est alors repéré par le contremaître qui lui ordonne de retourner travailler.
"Mais je ne travaille pas ici, je suis un ours"
"Vous n'êtes pas un ours. Vous êtes un imbécile qui a besoin de se raser et qui porte un manteau de fourrure." lui répond le contrmaître.
Conduit dans les différents bureaux de la hiérarchie, au zoo et au cirque près des autres animaux, l'ours a beau insister, personne ne croit à son histoire.
70 ans après sa parution initiale (1946 et 1975 pour l'édition française), cette petite histoire est toujours d'actualité ! Elle confronte un être libre à une société hiérarchisée et montre qu'il
n'y a pas de place pour lui. Il doit rentrer dans la catégorie que l'on lui indique. Ce malheureux ours est véritablement kidnappé pour servir des années durant à l'usine. On peut y voir
l'évolution humaine dans la société : le jeune ours qui paresse, puis qui est appelé à s'investir en travaillant avant de finir à la retraite, de s'interroger sur sa véritable existence, ce qui
est peut-être le pire, et de revenir à ses occupations d'origine.
Mais ce qui m'effraie dans cette oeuvre, c'est que personne ne le croit. C'est pourtant évident que c'est un ours, mais la société est tellement aveugle qu'elle ne veut pas reconnaître ses
erreurs. Lorsque l'ours est rejetté par les membres de sa propre espèce, eux-même soumis à des conditions, il n'a plus aucun moyen de prouver sa véritable identité. Et le plus triste, c'est de le
voir accepter cette fatalité sans chercher à se battre davantage. Et à l'heure actuelle, on sait à quelle point la question de l'identité est encore houleuse.
Graphiquement, j'aime beaucoup le style. Il est épuré pour donner une bonne aération à l'ensemble, tout en jouant avec les pages sur la question de la grandeur. J'adore voir les bureaux des
directeurs s'élargir sur la double page jusqu'à occuper l'intégralité des deux. Ou encore les tailles des directeurs : plus leur grade est élevé, plus ils sont petits, larges et chauves. Ce
symbolisme de la hiérarchie passe également par la taille du bureau, les décors vides ou chargés, le nombre de téléphones, de secrétaires et même de corbeilles à papier !!! Et je vous laisse
découvrir les gags des plans larges dans la forêt, au zoo et au cirque avec de nombreux farceurs.
Une histoire qui amuse, effraie et interroge sur ce que l'on représente dans la société. Aborder le sujet avec tant de simplicité, que demander de plus à un livre pour enfant ?
Alors que la police a condamné un immeuble et ses occupants ravagés par une épidémie mystérieuse, un commando spécial est envoyé au secours des survivants. La petite troupe est dirigée par le
Docteur Owen, envoyé par le Ministère de la Santé pour récupérer des échantillons. Une fois à l'intérieur, le commando est confronté au même problème que les protagonistes précédents : la
survenue de zombies affamés. De leur côté, un groupe d'ados n'hésite pas à braver l'interdit pour pénétrer dans l'immeuble et s'y retrouver condamné. Seul Owen peut autoriser la sortie, mais ce
mystérieux docteur cherche à tout prix la vérité...
Cette suite s'enchaîne directement avec le précédent opus. Cette fois-ci, on emploie les grands moyens
: un commando des forces spéciales ! La petite équipe, qui ressemble à s'y méprendre à un commando des S.T.A.R.S. façon Resident Evil 2 (Hideki Kamiya, 1998), donne à penser que les
conflits seront vite réglés mais ils ne font guère mieux que les locataires précédents, lesquels sont désormais à leurs trousses.
L'action de [Rec] se terminait dans l'appartement du dernier étage avec sa créature mort-vivante, c'est donc par-là qu'il faut commencer les recherches, mais à notre grand désespoir (en
même temps, on s'y attendait) l'appartement est vide. Ce qui laisse le temps aux policiers de chercher des indices et ainsi nous permettre d'en savoir un peu plus sur le mal qui rôde en ces lieux
et qui serait lié de près ou de loin au Vatican.
Et puis tout s'enchaîne : l'un des agents est mordu mais se retrouve
facilement maîtrisé par des prières latines. Il y aurait donc un moyen de combattre ce qui semble être un virus de la possession. L'intrigue prend alors une autre tournure, on sait désormais
quelle est la cause de cette apparition de démons. Le mythe du zombie affamé est alors associé à celui de l'innocent possédé, et bien vite, ces démons se mettent à parler à travers la bouche de
leur victime.
On pourrait véritablement parler de renversement de l'intrigue générale, mais sans être inintéressante, je trouve qu'elle ne sert pas le film. [Rec] avait justement ça de bon qu'il
laissait des blancs précis que l'on se devait de combler par notre propre imagination, jouant ainsi avec notre frayeur. Donner des réponses n'est pas forcément une bonne solution, surtout lorsque
ce ne sont pas celles auxquelles on pourrait se laisser s'attendre.
Tout comme pour le premier, les réalisateurs ont choisi de poursuivre la mise
en scène dans l'utilisation de la caméra à la première personne. Mais avec cette fois-ci une originalité : le multi-caméra ! Dès le départ, on nous montre comment le cadreur peut utiliser les
images des mini-caméras rattachées au casque des policiers. Un moyen de suivre l'action à distance avec des images de qualité moyenne, ce qui n'est pas sans rappeler le commando de Aliens le
Retour (Aliens, James Cameron, 1986). Mais ce système est totalement sous-exploité ! On aurait pu pousser le vice de l'humour noire en collant un casque sur la tête d'un des
possédés et de voir où cela nous mène par exemple.
L'autre point fort est l'intrusion d'un second groupe possédant lui aussi un petit camescope, lequel permettra aux réalisateurs de tricher en faisant un flashback jusqu'au moment présent de la
rencontre entre les 2 groupes. Mais cela est de courte durée à cause de la batterie. Le film aurait pu s'arrêter là, ce qui aurait été encore plus cruel pour le spectateur, de manquer la fin des
événements à cause d'un problème de batterie, mais qui aurait été fort d'un point de vue scénaristique.
Mais c'était sans compter sur le retour de la belle Angela armée de la caméra de son cadreur et qui, pour le coup, a gagné en résolution et en qualité d'image (tout en ayant retrouvé une torche
toute neuve !).
Mais de qui se moque-t-on à travers ce film ?
Si ces éléments sont intéressants d'un point de vue de mise en scène, ils perdent toute crédibilité de la part de leur utilisateur, rendant le film totalement incohérent et idiot ! La force de
[Rec] résidait dans la curiosité malsaine voulue par les journalistes, ce qui passe d'ailleurs pour une critique acerbe de leur manière de travailler. Mais qui tient la caméra dans ce
second volet ? Un membre des forces spéciales qui ne songe même pas à s'en débarrasser pour aider ses compagnons ou même sauver sa peau lorsqu'il est attaqué lui-même ! Quand aux ados, c'est
l'erreur qui a fait de Cloverfield (Matt Reeves, 2008) un film sans intérêt en nous mettant dans la peau de personnages qui n'ont aucun charisme pour que l'on souhaite s'identifier à
eux, et qui préfèrent, de la même façon, filmer plutôt que de jeter cette pu*?!# de caméra pour courir se cacher le plus loin possible !
Autrement dit, tout dans ce film est prétexte à faire une suite sans intérêt,
et avec l'équipe classique de personnages de films d'horreur que l'on avait évité jusqu'à maintenant : ados + soldats + jolie blonde (ok, la jolie blonde était déjà présente, mais elle était
peureuse et non prête à sauver le monde, et ses gémissements à la fin du premier n'en faisait pas une si jolie blonde que ça...).
Mais les réalisateurs, qui sont aussi les scénaristes, ont fait fort en rajoutant une nouvelle intrigue. Une fois la caméra infrarouge récupérée, voilà-t'y pas qu'elle sert à voir les démons
cachés dans l'obscurité. Un processus que l'on retrouve une fois de plus dans de nombreux jeux vidéo tels que Silent Hill (Keiichiro Toyama, 1999) ou encore Assassin's Creed
(Patrice Désilets, Jade Raymond, 2007) avec sa vision de l'aigle qui permet de voir des choses cachées. Dès lors, on peut ouvrir de nouvelles portes secrètes, (se jeter tête la première comme un bleu) se faire happer dans de nouveaux pièges et comprendre d'où venait cette créature maléfique qui m'avait terrorisé
dans le précédent film. Le tout se terminant par une chute classique mais que l'on voit pas forcément venir.
Conseiller ou déconseiller [Rec] 2, chacun ses goûts et ses attentes,
mais pour ma part, j'ai failli arrêter le film au bout de 30 minutes tellement j'étais agacé par sa mise en scène dérisoire.
Derniers Commentaires